Le rôle du réchauffement climatique
dans les phénomènes extrêmes
P
lusieurs événements climatiques marquants et récents s’inscrivent dans la tendance lourde du réchauffement,
même si aucun, pris isolément ne peut être attribué avec certitude au seul au changement climatique.
Cependant, dans l’hypothèse d’un été plus chaud, les scientifiques prévoient une intensification de certains extrêmes
météorologiques, comme l’aggravation de la sécheresse dans les zones arides, l’intensification des fortes précipita-
tions dans les régions humides ou encore la submersion probable dans les zones côtières.
C’est bien ce qui vient de se produire depuis le début de l’année, notamment, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en
France et nous risquons d’être rapidement fixés, ce qui signifierait que le réchauffement se manifeste progressivement
et plus vite qu’annoncé.
A propos du la sécheresse en Californie, « c’est la sixième année de suite que nous connaissons une telle situation »
explique Madame Lynn Ingram, professeur de géoscience à l’Université de Californie à Berkeley, à propos de la situa-
tion présente en Californie.
Il y a bien sûr des cycles, dit-elle. « Mais, il y en a de plus en plus et la tendance liée au réchauffement est en passe
d’être la plus sévère depuis environ cinq siècles ».
Ce qui se passera au cours des deux prochains mois permettra de dire, si ce record sera battu au cours du cycle actuel.
La situation californienne bien qu’extrême n’est pas isolée sur le continent Nord Américain. Car, environ 40% du terri-
toire américain, surtout dans l’Ouest, était en mi-février, en état de sécheresse.
Dans le même ordre d’idées, selon Robert Vautard, chercheur CNRS au Laboratoire des sciences du climat et de l’envi-
ronnement, nous avons la quasi-certitude que les précipitations augmenteront en Europe du Nord.
Selon un rapport spécial publié le 10 février par le Met Office, l’office britannique météorologique, la probabilité de
précipitations extrêmes sur le Royaume-Uni a notablement augmenté ces dernières décennies.
Un épisode de fortes pluies qui avait une chance sur 125 de se produire entre 1960 et 1970, a désormais une chance
sur 85 d’advenir.
Pour le Met Office, le cumul actuel des précipitations hivernales sur les Iles britanniques est l’une des plus impor-
tantes, sinon la plus importante, depuis au moins 248 ans.
Nous en ressentons les effets de l’autre côté de la Manche.
L’Ouest de la France pâtit du même phénomène pluvieux, cependant, concours de circonstances aggravantes pour ce
concerne la Bretagne. Il a fallu, et est c’est un second phénomène indépendant du premier, la survenance concomi-
tante de très fortes marées, qui ont empêché les fleuves côtiers de s’écouler normalement dans la mer.
A l’avenir, l’élévation des mers, autre conséquence du changement climatique, aggravera progressivement ce phéno-
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page 2 - Numéro 348 du 7 mars 2014
Edito