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page 27 - Numéro 277 du 20 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Au Japon,
la sortie du nucléaire se fait dans la douleur
A
près l'accident de Fukushima début 2011, les 
autorités de sécurité nucléaire japonaises ont 
ordonné l'arrêt, pour vérificaƟon, de la totalité 
du parc nucléaire du pays. 
Le Japon, grand consommateur d'énergie électrique dis‐
posait à ceƩe époque 55 centrales nucléaires en acƟvité, 
autant que la France, appartenant et gérées par des pro‐
ducteurs d'énergie privés. 
Le nucléaire fournissait au moment de la catastrophe de 
Fukushima 30% de la consommaƟon d'électricité du 
pays, le reste étant produit par des centrales ther‐
miques, foncƟonnant au fuel ou au gaz naturel, que le 
Japon doit importer. 
La catastrophe qui a frappée la centrale de Fukushima 
n'était pas d'origine nucléaire, mais a été provoquée par 
un séisme, suivi d'un raz de marée, d'une intensité et 
d'une force que le Japon n'avait jamais connu, bien que 
ce pays soit exposé conƟnuellement, plus que tout autre, 
à ce type de catastrophe naturelle et protège ses infras‐
tructures et construcƟons en conséquences. 
Cependant, il y avait une faille non prise en compte dans 
ce système, que le Japon n'a pas fini de payer. 
Les 55 centrales nucléaires en acƟvité étaient conçues 
pour résister aux plus forts séismes et, pour celles situes 
en bord de mer, aux plus importants raz de marée prévi‐
sible, jusqu'à la catastrophe de Fukushima, qui a démen‐
Ɵe ces prévisions. 
Les pouvoirs publics en ont Ɵré les conséquences en or‐
donnant l'arrêt immédiat de toutes les installaƟons nu‐
cléaires en acƟvité ou en construcƟon, en aƩendant leur 
inspecƟon desƟnée à examiner, in concreto, leur résis‐
tance à des évènements naturels de la nature et de la 
force à ceux qui viennent de se produire. 
Il est possible, sinon probable, que dans la hâte, ceƩe 
décision ait été mal expliquée, voire mal comprise par 
une populaƟon traumaƟsée et vivant sous la crainte 
d'une explosion nucléaire de type de Tchernobyl et qui 
en aƩendaient la sorƟe définiƟve du nucléaire du pays. 
Entre temps, le pays s'est organisé pour faire face, tant 
bien que mal, à une réducƟon de sa consommaƟon 
d'électricité, en supprimant tout ce qui semble être su‐
perflue, dont notamment la climaƟsaƟon, grande con‐
sommatrice d'électricité. 
Aujourd'hui, ceux qui ont cru à la sorƟe définiƟve du nu‐
cléaire du Japon sont déçus par la décision du gouverne‐
ment d'autoriser la remise en service de deux unités de 
la centrale d'Hoi, jusƟfiée par l'actuelle pénurie d'électri‐
cité, ce qui laisse entrevoir une remise progressive en 
acƟvité d'autres installaƟons, au fur et à mesure du ré‐
sultat posiƟf de leur inspecƟon de sécurité. 
Leur opposiƟon se manifeste par des mouvements de 
masse qui viennent de rassembler à Tokyo, des dizaines 
de milliers de personnes, venues de tout le pays. 
En France, nous dirions que le bras de fer est engagé 
entre les pouvoirs publics responsables de l'approvision‐
nement en électricité dont dépend l'acƟvité du pays, et 
des forces anƟnucléaires bien décidées, à faire valoir leur 
point de vue.