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page 33 - Numéro 276 du 13 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
en effet, dans une telle situaƟon, d’alléger significaƟvement la 
part des coûts de reconstrucƟon restant à la charge du pays 
touché. 
Or ceƩe ouverture des marchés n’est pas un acquis définiƟf et 
doit être préservée. 
Dans son éditorial de juin 2012 pour la revue Challenges, Denis 
Kessler s’interrogeait de la même façon en posant que 
« la 
crise remet en quesƟon la tendance à la globalisaƟon régulée, 
si bénéfique en termes d’ouverture, d’échange, et de paix. »
Depuis la chute du mur de Berlin, le monde a été entrainé dans 
un mouvement universel de  défragmentaƟon puisque non 
seulement les pays de l’ancien bloc communiste en Europe 
mais également les acteurs en Asie ont rejoint la communauté 
économique internaƟonale avec des chemins divers, plus ou 
moins douloureux pour les populaƟons impliquées. Depuis 
trente ans, tous s’étaient convaincus que le mouvement allait 
se poursuivre du fait des avancées technologiques liées au ré‐
seau, des intérêts économiques réciproques et de l‘applicaƟon 
du principe de l’allocaƟon opƟmum des ressources, en parƟcu‐
lier financières. Rien ne pouvait arrêter la convergence des 
marchés et à terme l’économie‐monde serait soumise à des 
lois universelles et régulée, ou réglementée ?, par des organes 
supranaƟonaux pour garanƟr la paix et la prospérité de tous. 
Las, la crise ouverte en juillet 2007 avec le crash des 
« subprimes », et qui semble ne pas finir de ressurgir à chaque 
fois qu’on la croit terminée, est en train de provoquer des fis‐
sures dans tout l’édifice de la globalisaƟon encadrée. La crise 
languissant, on voit surgir ça et là des tendances protecƟon‐
nistes, la recherche de soluƟons souverainistes, alors même 
que la sorƟe par le haut demanderait sans doute plus de coo‐
péraƟon internaƟonale, un renforcement des échanges. Mais la 
tentaƟon du bouc émissaire est forte chez des gouvernants sur 
le point de confronter les électeurs avec des bilans médiocres, 
voire catastrophiques ! 
Pour Denis Kessler, ce mélange d’exaspéraƟon, de désespé‐
rance, de révolte et de résignaƟon pourrait se révéler explosif. 
Il redoute que du fait de l’absence de dirigeants avec une vision 
suffisante la refragmentaƟon du monde pourrait se révéler 
inéluctable avec la perte de tous les avantages Ɵrés de l’ouver‐
ture, de l’échange et de la paix. 
Bien entendu, c’est avec en tête ce paysage fragmenté que 
l’adresse de Denis Kessler à Rio doit être entendue. Dès lors 
effecƟvement, il est essenƟel pour les acteurs globaux de 
l’assurance de revêƟr les habits locaux pour être autorisés à 
opérer dans les différents pays. Mais on peut se demander si le 
PDG de la SCOR n’avait pas en outre un message spécifique 
pour ses hôtes brésiliens. En effet une loi de 2011 a rendu 
beaucoup plus difficile le placement de la réassurance au Brésil 
qui doit rester pour l’essenƟel dans le pays même dans le cas 
de filiale locale de groupe internaƟonaux puisque la cession à la 
maison mère est limitée à 20%(2). Peut‐on imaginer qu’il y 
avait là un des indices du protecƟonnisme renaissant évoqué 
par Denis Kessler dans son éditorial!  
Toutefois, si on peut saluer le sens diplomaƟque de M. Kessler 
qui n’a pas citer explicitement le Brésil dans son discours, le 
président de l’associaƟon des assureurs et réassureurs des Ber‐
mudes, Bradley Kading, quant à lui, n’y va pas par quatre che‐
min quand il affirme évoquant la récente évoluƟon brésilienne : 
« C’est une stratégie d’autodestrucƟon, mais elle peut être 
aƫrante dans des temps de naƟonalisme économique alors 
que domine l’esprit de former un cercle pour protéger les cara‐
vanes. »
3 ‐ Comment regagner le terrain perdu ?
En échos aux propos de Denis Kessler, Michael Mc Gavick, PDG 
du groupe XL, invitaient les dirigeants de l’assurance et de la 
réassurance présents à se mobiliser pour relever le défi de 
l’innovaƟon renouvelée et de la relevance pour reconquérir 
intelligemment le terrain perdu sur leurs propres espaces éco‐
nomiques. Le point de départ de la réflexion est un constat 
économique, l’assurance et la réassurance globalement on 
perdu des part du PNB mondial en régressant de plus de un 
point en passant de 3,5% à environ 2,3% au cours de la pre‐
mière décennie du 21
ème
 siècle. Michael martela encore la 
perte de perƟnence quoƟdienne de l’assurance en dépit de ses 
efforts, en parƟculier il souligna la quasi‐absence de soluƟons 
proposées en maƟère de nuage logisƟque et dans les domaines 
de l’énergie et de la technologie, les deux secteurs dont font 
parƟe les cinq entreprises le plus importantes dans le monde 
aujourd’hui. 
Dans un entreƟen avec des journalistes de la profession, Mike 
précisait même :
«  Si je suis venu à Rio c’est pour une raison 
précise, en résumé partager ma convicƟon que nous sommes 
confrontés à un défi difficile à relever : Comment enrayer notre 
déclin quoƟdien de perƟnence ? Pour ma part, je pense que 
cela demande imaginaƟon et innovaƟon pour regagner notre 
place légiƟme au cœur de l’économie. » 
Pour illustrer son propos, Mike rebondit sur le Ɵtre même du 
séminaire en esƟmant que l’uƟlisaƟon du terme « marchés 
émergents » étaient en elle‐même un aveu d’ignorance, ce 
sont en réalité des marchés d’opportunités et de croissance. En 
fait, le modèle tradiƟonnelle de l’assurance, s’appuyant sur des 
séries temporelles longues permeƩant de Ɵrer des lois de pro‐
babilités, ne permet pas d’accompagner le changement comme 
il conviendrait.  
Le manque de relevance de l’assurance peut être mis en lu‐
mière dans trois secteurs en pleine croissance : les nouvelles 
technologies, l’énergie et les réseaux informaƟques : 
Pour les
nouvelles technologies
avec les applicaƟons rem‐
plaçant les acƟfs physiques, nous avons bien quelques produits 
d’assurance dans les tuyaux mais globalement nous sommes 
beaucoup plus à l’aise dans la couverture des acƟfs physiques 
alors qu’ils deviennent des accessoires d’habillage ou des re‐
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