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page 32 - Numéro 276 du 13 juillet 2012
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- Le Magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
marchés financiers. 
La rigueur est d’autant plus importante quand l’industrie est 
confrontée à une dérive des sinistres, en parƟculier en maƟère 
de catastrophes naturelles, et l’augmentaƟon des coƟsaƟons 
ne peut pas suivre ceƩe évoluƟon. Il est indispensable que 
l’industrie se rassemble pour imposer à ses PDG d’agir avec 
sagesse en prenant en compte la soutenabilité. En quelques 
mots, il s’agit que l’assurance offre une protecƟon contre les 
risques pour rassurer les populaƟons tout en offrant ceƩe pro‐
tecƟon au juste prix. Il reste à savoir si le juste prix des ac‐
tuaires est le juste prix des média sociaux ! 
* Retrouver les fondamentaux
 : 
L’approche tradiƟonnelle est 
de n’évaluer les opéraƟons d’assurance que par le seul résultat 
technique, sans prendre en compte les produits financiers. Le 
poids des produits financiers dans les résultats pendant plu‐
sieurs décennies, praƟquement depuis les années 80, a détour‐
né l’aƩenƟon des dirigeants vers la trésorerie. C’est ainsi que 
certains sociétés d’assurances sont devenues des « cash‐
machines », des machines à générer de la trésorerie sans prise 
en compte de la technique et donc avec des souscripƟons à 
n’importe quel prix, pour disposer de capitaux pour jouer au 
grand casino des marchés financiers. Mais ceƩe route est dan‐
gereuse et pleine d’écueils comme le fait de devoir régler des 
indemnisaƟons importantes avec des cumuls qui peuvent 
meƩre par terre un assureur insuffisamment prudent, à l’acƟf 
comme au passif.
* Relever le défi du changement
Le climat des marchés finan‐
ciers devraient à lui seul ramener les PDG à la raison et re‐
meƩre la technique au cœur du modèle d’entreprise en bénéfi‐
ciant des avancées des techniques d’informaƟon et de la mo‐
délisaƟon qui permet de développer des grilles de tarificaƟon 
rigoureuse à l’aide de systèmes expert. Toutefois, le défi de 
chaque PDG est de faire comprendre à son équipe l’importance 
de ceƩe nouvelle approche technique et les bénéfices que cha‐
cun peut en aƩendre. Ils doivent être convaincus que c’est la 
voie pour chacun de faire un parcours professionnel soute‐
nable en acquérant  et confortant une clientèle fidèle qui ne se 
laissera pas séduire par des sirènes frivoles des gains à court 
terme illusoires.
* Impliquer les gendarmes dans le processus
Les organismes 
de contrôle des assurances dans tous les états sont sur le pied 
de guerre et réfléchissent individuellement ou au sein de leur 
associaƟon internaƟonale aux moyens de consolider l’industrie 
avec toujours au cœur de leurs préoccupaƟons la protecƟon 
des assurés. On pense aux régimes RBC et à Solvency 2. Toutes 
ces évoluƟons tendent à rendre beaucoup plus transparentes 
le coût du risque et de veiller à ce que les assureurs qui se‐
raient tentés d’offrir des couvertures gratuites soient automaƟ‐
quement mis à l’amende. Il est essenƟel que les souscripteurs 
fassent leur travail et que les tarificaƟons puissent être jusƟ‐
fiées par les supports techniques. 
* Payer le prix de la tranquillité
:
Mais la parƟe se joue à deux, 
à trois si on compte les intermédiaires, et il faut également que 
les assurés, consommateurs comme entreprises, comprennent 
le véritable coût du risque : ils doivent comprendre la forma‐
Ɵon du prix, l’accepter et être prêts à la payer pour avoir la 
tranquillité d’esprit. Cela pourrait apparaître comme de la 
simple logique mais en maƟère de prix de l’incerƟtude trop 
d’éléments subjecƟfs entrent en jeu. Il faut donc que les esprits 
évoluent dans l’ensemble de l’industrie, plus parƟculièrement 
parmi les intermédiaires et les commerciaux pour comprendre 
que tout risque à un prix. Cela suppose aussi que les assureurs 
et réassureurs meƩent leurs calculs sur la table en toute trans‐
parence. 
Ce que certains commencent à réaliser, mais ce n’est pas en‐
core généralisé, c’est que les assureurs ne sont pas tous égaux, 
les assureurs financièrement plus solides peuvent légiƟment 
proposer des tarificaƟons plus élevées. Mais là encore la réfé‐
rence est la notaƟon à un moment où certains remeƩent en 
cause le système par lequel le noté paie pour sa propre nota‐
Ɵon (un peu comme si l’élève rémunérait lui‐même le profes‐
seur). 
Serait‐ce seulement un rêve alors que les services achat sans 
formaƟon à l’assurance sont de plus en plus souvent impliqués 
dans les processus d’achat d’assurance ? D’un autre côté, à 
ceux qui prétendent que tout est objet de négociaƟon, on 
pourrait répondre que si les risques n’ont pas de prix discer‐
nable, alors l’assurance a‐t‐elle une raison d’être ? On rappelle 
que son essence est de transformé un événement individuel 
insupportable en coût raisonnable partagé par une communau‐
té d’assurés. Le principe même de mutualité suppose une de‐
mande solvable assez vaste pour permeƩre à l’assureur de 
calculer une charge de sinistres suffisamment stable, au moins 
à moyen terme.     
2 ‐ Est‐on en route cers la fin de la globalisaƟon ?
Poursuivant la réflexion qu’il avait déjà développé dans un édi‐
torial récent(1) de la presse économique, Denis Kessler, le PDG 
de la SCOR a tout d’abord fait observer que par‐delà la conver‐
gence des marchés et des standards, chaque marché a sa spéci‐
ficité. Ce serait une grave erreur de les approcher avec un mo‐
dèle unique, clone des marchés mûrs, alors même que chaque 
marché demande un « costume taillé sur mesure ». Au con‐
traire, il convient de s’appuyer au maximum sur des équipes 
locales, et de s’adapter aux demandes des clients, ce qui peut 
passer par exemple par la mise en place de réseaux de distribu‐
Ɵon spécifiques. D’ailleurs, l’examen des exposiƟons des 4 pays 
regroupés sous le sigle de BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) 
aux catastrophes naturelles montre la diversité des risques 
auxquels ces pays sont confrontés.  
Denis Kessler a également rappelé les bénéfices que les pays 
émergents peuvent reƟrer de l’ouverture de leurs marchés aux 
réassureurs globaux, notamment pour accélérer le redresse‐
ment de leurs économies suite à des catastrophes naturelles de 
grande ampleur. Le recours aux réassureurs mondiaux permet 
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