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page 33 - Numéro 275 du 6 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
Toutefois, le rôle de l’assurance dans le quoƟdien des risk‐
managers ressort toujours puisque 40% d’entre eux disent que 
le règlement des sinistres leur enlève le sommeil : les sinistres 
importants seront‐ils indemnisés, quels seront les délais de 
paiements ? Pour les acheteurs d’assurance une autre préoc‐
cupaƟon semble le manque d’imaginaƟon des assureurs pour 
innover en proposant les couvertures nécessaires pour suivre 
les organismes dans un environnement volaƟl. 
Enfin, un problème évoqué l’an dernier lors de la conférence 
AIRMIC ainsi qu’à l’AMRAE ceƩe année, demeure dans les es‐
prits c’est la quesƟon de la conformité légale et réglementaire 
des programmes internaƟonaux d’assurance, remis en cause 
même par des grands assureurs qui les proposaient naguère !    
2 ‐ Les pertes de revenus conƟngentes, générées 
par les catastrophes naturelles en 2011  
Les événements naturels en Asie en 2011 ont mis en lumière la 
vulnérabilité des circuits d’approvisionnement et les limites de 
l’approche tradiƟonnelle aux plans de conƟnuité trop focalisé 
sur les événements internes. Parallèlement, pour importante 
qu’elle soit la couverture d’assurances des pertes d’exploita‐
Ɵon si elle reste limitée aux événements internes et aux évé‐
nements tradiƟonnels, laisse de côté un élément essenƟel 
puisque des événements externes, parfois très éloignés des 
sites de producƟon peuvent avoir des conséquences sérieuses, 
voire catastrophiques. 
Toutefois, la priorité essenƟelle des opérateurs économiques 
n’est pas d’obtenir une indemnisaƟon des assureurs, mais de 
meƩre en place des mesures visant à la réducƟon, voire l’éli‐
minaƟon de telles carences de fournisseurs. Or, une étude 
conduite par Allianz conclut que 39% des pertes conƟngentes 
trouvent leur origine chez des fournisseurs de fournisseurs, 
mais seulement 9% au‐delà des « grands parents ».  
La vulnérabilité mise en lumière impose aux donneurs d’ordre 
de conduire une analyse approfondie de leurs dépendances et 
sans doute de revoir la poliƟque du flux tendu pour consenƟr 
des invesƟssements de précauƟons dans des stocks intermé‐
diaires judicieusement choisis et dimensionnés. Pour un 
groupe très largement externalisé, ceƩe réflexion doit accom‐
pagner la mise en place ou la révision de tous les plans de con‐
Ɵnuité d’acƟvité, étendus au moins jusqu’aux fournisseurs des 
fournisseurs.   
En toute hypothèse, pour répondre l’iniƟaƟve des réassureurs, 
les assureurs vont être exigeants pour couvrir les pertes d’ex‐
ploitaƟons conƟngentes et exiger des demandeurs de leur 
démontrer que leurs PCA ont effecƟvement intégré ceƩe di‐
mension des événements extérieurs, de toute nature, sur l’en‐
semble de leur « nuage d’approvisionnement » ce qui suppose 
un travail de concertaƟon avec les risk‐managers des princi‐
paux fournisseurs et sous‐traitants. 
De fait, les processus d’approvisionnement deviennent un 
élément essenƟel de la résilience d’un organisme de plus en 
plus enserré dans un réseau de relaƟons, amont, aval, et laté‐
rales, qui sont autant de sources potenƟelles de menaces, 
voire d’opportunités si judicieusement choisies. En se focali‐
sant plutôt sur les sociétés de service James Purvis, du groupe 
JPIC, insiste sur la nécessité de définir clairement les objecƟfs 
et les points de comparaison entre prestataires de service de 
façon à contenir effecƟvement les coûts à long terme.  
L’orateur esƟme en substance que l’état de l’économie et le 
durcissement du marché rend le travail des risk‐managers plus 
difficiles mais aussi plus important. Pour obtenir le meilleur 
raƟo qualité/prix encore faut‐il judicieusement définir les cri‐
tères de la qualité. En clair, les fortes pressions pour faire des 
économies, ne doivent pas effacer la disƟncƟon entre bon 
marché et bon prix
(value for money)
.       
3 ‐ La montée du mécontentement social 
Depuis les actes d’incivilité et le vandalisme, en passant par les 
émeutes pour déboucher sur le terrorisme, les perturbaƟons 
de l’ordre social se mulƟplient semble‐t‐il. Sans aller jusqu’au 
trouble de printemps arabe, ni même aux protestaƟons anƟ‐
gouvernementales comme en a connu la Thaïlande, les pays 
occidentaux ne sont pas à l’abri comme l’ont montré les pro‐
testaƟons en Grande –Bretagne et plus récemment les ré‐
voltes étudiantes contre l’augmentaƟon des droits universi‐
taires au Québec.  
Ces événements sont en augmentaƟon sur toute l’étendue de 
la planète et deviennent difficiles à prévoir tant ils échappent 
aux modélisaƟons tradiƟonnelles rendues par les cartes des 
risques poliƟques publiées régulièrement. Ceci n’est pas sans 
conséquence sur les couvertures d’assurances et à l’instar des 
liƟges entre assureurs directs et réassureurs lors du printemps 
arabe(1), les événements futurs pourraient apporter leur cor‐
tège de liƟge ou de décepƟon si les termes mêmes des couver‐
tures ne sont pas éclaircis. 
C’est ainsi comment définir un événement donné, émeute, 
trouble civil ou pillage ? Les acteurs en sont‐ils de simples ma‐
nifestants ou des terroristes ? Et dans le diagnosƟc préalable, il 
faut se poser deux quesƟons essenƟelles : 
Quel pourra it‐il être l’impact de tels événements sur 
l’organisme, et son réseau d’approvisionnement ? 
Quels sont les points de contrôle à meƩre en place, 
tant au niveau de la réducƟon des risques que de l’ap‐
plicaƟon des garanƟes à tel ou tel événement entraî‐
nant des pertes, assurables ou non ? 
En maƟère de mouvements sociaux, il apparaît comme 
presque toujours  que l’organisme ne peut pas faire l’écono‐
mie de dresser un diagnosƟc rigoureux et de rechercher de 
soluƟons de réducƟon des risques avant de s’en remeƩre à 
l’éventualité d’une indemnité d’assurance. 
(Suite de la page 32)
(Suite page 34)