Page 32 - RiskAssur L275 06072012

Version HTML de base

page 32 - Numéro 275 du 6 juillet 2012
Abonnement gratuit sur
RiskAssur-hebdo
- Le Magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
dans la case verte, le PERT et son chemin criƟque sont alors la 
voie de la rigueur vers le succès.        
Les organisateurs ont fait appel à Michael PorƟllo, ancien jour‐
naliste, mais aussi ancien ministre de la défense britannique et 
homme poliƟque conservateur proche de Margaret Thatcher 
de John Major pour donner le ton de ces deux jours. Evoquant 
les risques, M. PorƟllo a bien entendu parler essenƟellement 
de la crise de la zone Euro. Il a souligné le montant de la deƩe 
dans un monde où le crédit est devenu à la fois rare et 
cher :
« La deƩe engendrée par la crise des produits dérivés 
est équivalente à 10 ans du PNB global. C’est cela l’éléphant 
dans la pièce que les gouvernements feignent d’ignorer. »  
M. PorƟllo esƟme que le problème systémaƟque de l’Euro 
réside dans l’impossibilité de pays en difficulté comme la 
Grèce et l’Espagne de procéder à des dévaluaƟons pour sƟmu‐
ler leur croissance.
« Les dévaluaƟons ont marché dans le pas‐
sé, comme ce fut le cas en ArgenƟne, en rendant l’économie 
plus aƩracƟve pour l’influx de capitaux d’invesƟsseurs étran‐
gers et la compéƟƟvité des produits et services du pays. C’est 
ce mécanisme qui est bloqué par l’Euro, la Grèce ne peut ni 
imprimer de la monnaie ni dévaluer. Je comprends les popula‐
Ɵons concernées de rejeter les pressions pour un renforce‐
ment des mesures d’austérité : elles sont vouées à l’échec en 
l’absence du corollaire d’une dévaluaƟon. »
Le scénario envisagé par M. PorƟllo pour la Grèce n’est pas 
encourageant avec des coûts des systèmes sociaux hors de 
contrôle, le pays s’enfoncera dans la deƩe avec des plans de 
sauvetages coûteux et inuƟles. Pour l’Espagne, M. PorƟllo note 
que si le pays pouvait dévaluer, la valeur d'une maison de 
290 000 € aujourd’hui, montant qui décourage les invesƟs‐
seurs (britanniques ?) pourrait être ramenée à 150 000 € ou‐
vrant un nouveau marché internaƟonal à l’immobilier espa‐
gnol en difficulté. Toutefois, M. PorƟllo n’envisage pas la vie 
quoƟdienne des espagnols les plus modestes ! 
Bien entendu, en appliquant la même logique, M. PorƟllo es‐
Ɵme que la monnaie allemande est sous‐évaluée permeƩant 
au pays d’envahir la zone Euro, et le monde, avec ses biens 
d’équipements en parƟculiers : l’AUDI produite en Allemagne 
n’est pas assez chère, d’après l’orateur.     
Toutefois, curieusement cet EuroscepƟque de l’Ere Thatcher, 
en vient à espérer une Europe plus fédérale, il y voit peut‐être 
même la seule porte de salut pour l’Euro : Les compensaƟons 
entre état foncƟonnent aux Etats‐Unis car l’état fédéral agit 
comme acteur unique du monde de la monnaie et régulateur 
ulƟme de discipline budgétaire, pendant la grande dépression 
les états riches ont aidé les états pauvres car il ya avait un ca‐
pitaine unique dans le navire. Si la crise de l’Euro, pouvait con‐
duire à une Europe fédérale, alors ce serait un succès. Ce qui 
est moins clair, la quesƟon qui demeure c’est ce que devien‐
drait les pays hors de la zone euro, dont la Grande‐Bretagne, 
et si ce grand projet peut garder les contours actuels de la 
Zone ou être assaini par le départ des membres qui n’étaient 
par du tout prêts à adhérer au club ? 
Par delà les applaudissements, les discussions lors des pauses 
l’ont bien montré, M. PorƟllo a touché une corde sensible. 
L’ensemble des délégués sont bien concernés par le sujet car, 
par delà la quesƟon de la parité, c’est bien la stabilité de la 
planète qui est en jeu. Les incerƟtudes économiques, et les 
injusƟces perçues çà et là, pourraient bien débouché sur des 
mouvements sociaux, voire des émeutes ajoutant à une carte 
des risques poliƟques déjà chargée. En écho à ceƩe préoccu‐
paƟon un des dirigeants de RSA soulignait à un journaliste de 
Strategic Risk
 que la société a connu un surcroit de déclaraƟon 
de sinistres en Grève sur le marché des yacht de luxe pour des 
cas de vandalisme et de vols, avec des propriétaires anxieux de 
renforcer la sécurité, au besoin en trouvant de nouveaux lieux 
d’ancrage.        
Il revint à Sir Richard Lambert, ancien directeur général du CBI 
et chancelier de l’Université de Warwick de conclure la confé‐
rence en offrant une image moins noire du futur. Il s’efforça de 
répondre à la quesƟon de l’intégraƟon renforcée de l’Europe 
et du sort de partenaires les plus faibles avec une vision propo‐
sant des voies de soluƟons plutôt que de jouer les impréca‐
teurs. Les jours qui viennent seront décisifs avec les résultats 
des élecƟons parlementaires en Grèce dont il reste encore à 
voir comment un gouvernement pourra se consƟtuer à parƟr 
de la réparƟƟon des sièges.   
Mais par delà les conférences magistrales à vision planétaire, 
le souci d’AIRMIC est de remplir son cœur de mission vis à vis 
de ses membres en offrant un programme qui les préparent 
effecƟvement à saisir les opportunités et à relever les défis 
générés par un environnement socio‐économique parƟculière‐
ment volaƟl.    
En ce qui concerne l’édiƟon 2012, elle a proposé 25 ateliers 
thémaƟques touchant à tous les domaines sensibles de la ges‐
Ɵon des risques, encore une fois la sélecƟon des thèmes repris 
ici est subjecƟve et ne prétend pas refléter une sélecƟon par la 
seule qualité des contenus ou des intervenants, mais plus sim‐
plement les centres d’intérêt de l’auteur. 
1 ‐ L’enquête annuelle auprès de membres d’Air‐
mic plébiscite les risques à la réputaƟon 
La réputaƟon est de nouveau la première préoccupaƟon des 
risk‐managers britanniques. Alors que la crise avait pris le de‐
vant de la scène, l’enquête réalisée avant la conférence 
montre que la gesƟon des risques à la réputaƟon préoccupe 
praƟquement un risk‐manager sur deux. En posiƟon de dau‐
phins, mais distancés puisque cités par seulement un risk‐
manager sur trois viennent dans l’ordre, les pertes de revenus 
conƟngentes, les risques de la chaine logisƟque et le vol de 
données personnelles. 
(Suite de la page 30)
(Suite page 33)