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page 29 - Numéro 275 du 6 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Marisol Touraine recadre le rôle de l'hôpital
public
L
a nouvelle ministre des Affaires sociales et de la
Santé, Marisol Touraine, a recadré le rôle de l'hô‐
pital public au sein du système de soins, à l'occa‐
sion d'un colloque organisé pas Sciences Po.
Evoquant les deux piliers du système de soins, la méde‐
cine de premier recours qui repose sur les médecines
généralistes et sur le service public de santé, la ministre
a indiqué qu'il faut s'assurer que chaque acteur joue son
rôle pleinement et uniquement le sien.
Elle a ajouté que l'hôpital ne peut pas être le premier
recours systémaƟque pour les paƟents, ni en terme d'or‐
ganisaƟon, ni en terme financier pour l'ensemble de
notre système, en citant notamment l'hébergement des
personnes âgées.
Il faut y ajouter, que ceƩe dernière situaƟon s'impose
chaque fois que les établissements spécialisés pour les
accueillir font défaut.
Ici, on est confronté à l'un des problèmes majeurs de la
dépendance la plus totale, que l'hôpital public ne peut
pas résoudre.
Toujours selon la ministre, l'hôpital public ne peut pas se
subsƟtuer aux insuffisances d'autres disposiƟfs, alors
qu'il apparƟent à ces disposiƟfs et notamment aux cabi‐
nets médicaux libéraux d'assumer leur rôle en maƟère
de permanence des soins, d'accessibilité financière et
territoriale.
Elle vise l'encombrement des services d'urgence vers
lesquels des malades doivent se diriger, faute de mieux.
Par ailleurs, elle revient sur la loi Bachelot « Hôpital, pa‐
Ɵent, santé et territoire », la loi HPST de 2009 en déplo‐
rant qu'elle avait mis les hôpitaux publics et les cliniques
privées au même niveau, en gommant la noƟon de ser‐
vice public hospitalier, en annonçant son intenƟon de la
réintroduire.
A cet effet, ceƩe loi sera profondément remaniée tout
en cherchant à rassurer les cliniques privées qui assurent
40% de l'acƟvité hospitalière en France.
Cependant elle pense que les cliniques privées n'ont pas
les mêmes paƟents que les hôpitaux publics, bien que les
paƟents sont des gens qui sont malades, mais qu'il s'agit
d'une réalité staƟsƟque.
Pour elle « Les plus précaires vont à l'hôpital », tout en
félicitant les cliniques pour la qualité de leur travail et en
reconnaissant que « sur certains territoires le privé est le
seul recours disponible »
En prenant connaissance du contenu de son interven‐
Ɵon, on a le senƟment qu'après la loi Bachelot de 2009,
nous aurons la loi Touraine en 2013 ou en 2014.
Cependant, il y aura toujours des déserts médicaux et
une médecine à deux vitesses, en foncƟon de l'étendue
des assurances santé complémentaire que les Français
peuvent se payer.
Il faut y ajouter une troisième vitesse accessible unique‐
ment à ceux qui peuvent faire face à des dépassements
d'honoraires allant très au‐delà des garanƟes offertes
par les assurances santé complémentaires haut de
gamme.
De tels dépassements se produisent dans le cadre de
consultaƟons privées dans des hôpitaux publics.