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page 30 - Numéro 275 du 6 juillet 2012
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Les RiskManagers :
Les éclaireurs de la société
Pr Jean-Paul Louisot
C
’est dans le nouveau Palais des Congrès de Liverpool 
construit au milieu des docks réhabilités en centre 
commercial et musée que l’AIRMIC a invité ses 
membres et ses amis à la rejoindre pour sa conférence an‐
nuelle. Même si les chiffres restent très en deçà des Ren‐
contres, la fréquentaƟon augmente régulièrement d’année en 
année depuis une décennie. CeƩe année elle a dépassé les 800 
alors que le programme, tout en conservant son enracinement 
en assurance, s’ouvre de plus en plus aux problémaƟques de la 
gesƟon globale des risques. C’est d’ailleurs indispensable pour 
l’associaƟon qui proclame son souhait d’être aux avant‐postes 
de la gesƟon des risques. 
La conférence inaugurale de lundi a été confiée ceƩe année 
encore au Professeur Stephan Carver de l’Université de Sou‐
thampton bien connu des congressistes pour son humour et 
qui rend ce premier après midi de mise en bouche vivant et 
intéressant. Le professeur a écrit un ouvrage de référence sous 
le Ɵtre « Route vers la ruine » et AIRMIC a annoncé un accord 
avec l’université de Cranfield pour développé une suite 
« Route vers la résilience » qui analysera les facteurs qui per‐
meƩent aux organismes d’éviter les crises ou de négocier des 
sorƟes avec succès.   
Spécialiste de la gesƟon de projet, le Professeur Carver a natu‐
rellement travaillé sur la gesƟon des risques en mode projet 
en insistant sur le respect des délais et de coût qui sont les 
deux contraintes fortes de tout projet. Bien que de formaƟon 
mathémaƟques avec un passage prolongé dans la société Hali‐
burton, il a choisi de parler d’un projet un peu fou de transfor‐
mer un cargo réformé en quatre mâts pour l’ancrer sur les 
ports des Etats‐Unis, puis du monde enƟer pour faire la pro‐
moƟon des produits et service de Grande Bretagne.  
« Clippers Britannia », ce n’était pas le nom, a toutefois termi‐
né en carrosserie de SEAT après un plongeon du à une aƩen‐
Ɵon insuffisante à la trésorerie d’un projet délirant, et déra‐
pant jusqu’au naufrage final en cale sèche ! De ce tout premier 
projet conduit par le jeune diplômé, le Professeur a retenu 
l’importance de faire appel à des imaginaƟfs dans l’équipe 
qu’un chef de projet trop rigide dans ses méthodes de gesƟon 
pourrait faire fuir. Il a ainsi conçu la matrice de projet qui suit 
et qu’il a commenté… Tout risk manager qui lance, ou accom‐
pagne, un projet d’implantaƟon d’ERM devrait s’en inspirer… 
Voir schéma ci‐dessous 
Alors que les chefs de projets sont formés à l’école des ingé‐
nieurs et ancre leur gesƟon autour du PERT et de son chemin 
criƟque pour respecter les deux contraintes évoquées ci‐
dessus. Le Professeur Carver pense d’expérience que beau‐
coup de projet commence dans le brouillard sue une idée mais 
and mission précise et sans méthode. C’est l’étape de concep‐
Ɵon ou de mise en forme ou les « imaginaƟfs » sont indispen‐
sables et fuiraient si déjà le chef de projet imposait une mé‐
thode rigide. Dans ceƩe opƟque, chaque projet est un voyage 
qui doit se terminer dans le vert, c'est‐à‐dire un projet conduit 
avec rigueur dans le respect d'un calendrier et d'un budget 
chiffrés rendu possible lorsque mission et mé‐
thode ont été définies.  
Le voyage peut se faire indifféremment dans le 
sens des aiguilles d’une montre, en définissant 
la mission en passant par la case bleu pour 
définir la méthode, ou dans le sens inverse en 
trouvant la méthode puis affinant la mission 
en passant par la case jaune. Toutefois, les 
projets pour abouƟr doivent tous se retrouver 
(Suite page 32)
Reportage