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page 33 - Numéro 274 du 29 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
L’étude PEIMA est la première étude qui décrit la iatrogénie
médicamenteuse, en termes de fréquence et nature des
effets, à un moment donné, dans un échanƟllon représentaƟf
de la populaƟon aƩeinte e démence en France. Il en ressort
que la prescripƟon des médicaments de la démence et les psy‐
chotropes doit être prudente car elle induit près de la moiƟé
des effets indésirables dans ceƩe populaƟon
.
D ‐ Evaluer et maîtriser le risque de chute chez les personnes
âgées en insƟtuƟon
(11)
:
Les hôpitaux du groupement ont
décidé de meƩre en place un programme complet de préven‐
Ɵon des chutes des personnes âgées composé d’acƟons con‐
certées entre les professionnels de santé du territoire. Parmi
les acƟons conduites, on peut citer :
•
Le signalement et l’analyse des causes
– Les renseigne‐
ments sur les condiƟons, causes et conséquences des
chutes sont recueillis de façon cohérentes par les person‐
nels paramédicaux des sept établissements et validés par
les médecins
(plus de 1000 fiches par an)
. Le traitement
staƟsƟques permet de calculer des indicateurs : taux ce
chute par lit et par an, taux de chuteurs, et taux de chutes
graves. La plupart des établissements ont mis en place des
équipes pluridisciplinaires
(Kiné, ergonome, cadre de santé,
qualiƟcien)
qui se réunissent périodiquement pour analyser
les chutes et définir des acƟons de prévenƟon.
•
L’analyse des chutes graves
– Deux des établissements ont
insƟtué une revue de morbi‐mortalité (RMM) trimestrielle,
pluridisciplinaire spécifique pour les chutes graves
(décès,
fracture, plaie nécessitant un parage ou des points de su‐
ture, traumaƟsme crânien avec perte de connaissance,
hospitalisaƟon suite à la chute)
. Chaque fait l’objet d’une
étude des causes profondes à l’aide du dossier médical du
paƟent.
•
La prévenƟon pluri‐professionnelle
– Des équipes pluridis‐
ciplinaires prennent en charge les différents aspects de
soins, de l’aménagement de l’environnement, de l’équipe‐
ment et de la formaƟon es professionnels au contact des
paƟents.
•
L’éducaƟon du paƟent
– Seul l’adhésion du paƟent au pro‐
gramme permeƩra une mise en œuvre pérenne. Pour cela
il faut que les soignants soit formés à l’écoute, à la relaƟon
d’aide pour inciter le soignant à une relaƟon sans jugement
pour redonner confiance à la personne âgée, renforcer son
senƟment de capacité personnelle, l’aider à luƩer contre la
dépression, la perte de l’esƟme de soi et le senƟment de
vulnérabilité.
•
L’expérimentaƟon de la vitamine D
– Une étude sur l’effet
de la vitamine D a été mise en place à parƟr d’octobre
2009. Elle a permis de constater un recul des chutes de 80
en 2009 à 39 en 2010, le nombre de chuteurs est stable 21
contre 22, Le nombre de chuteurs récidivistes a diminué et
les chutes graves ont diminué de 50%.
•
L’évaluaƟon des moyens mis en œuvre par les scores
– Un
référenƟel d’une cinquantaine de critères à été élaboré.
Ces critères déclinent les dimensions stratégique, structu‐
relle, technique et culturelle de l’organisaƟon en place.
C’est ainsi que CHUT’INDIC est un véritable indicateur com‐
posite du niveau de maîtrise aƩeint
Les nombreux bénéfices peuvent être regroupés autour de
trois axes de résultats :
•
QuanƟtaƟf
– On a pu constater une chute baisse des
chutes, notamment du pourcentage de chuteurs parmi la
populaƟon et surtout une diminuƟon des chutes graves.
L’objecƟf de réducƟon a été aƩeint avec des chiffres très
en‐deçà des moyennes naƟonales. Toutefois, l’exercice à
des limites dans la mesure où il faut laisser les personnes
âgées déambuler et leur laisser liberté et autonomie.
•
QualitaƟf
– Le signalement, l’analyse des causes, la re‐
cherche de soluƟons, leur mise en œuvre et leur évaluaƟon
a mobilisé toutes les équipes professionnelles. La mobilisa‐
Ɵon a été maintenue grâce aux résultats obtenus. CeƩe
mobilisaƟon a dépassé le périmètre des établissements
pour engager les professionnels libéraux à l’échelle du ter‐
ritoire.
•
Culturel
– Le projet à démontré que le signalement et la
mesure n’étaient pas une contrainte inuƟle mais qu’ils va‐
lorisent le travail des professionnels. Une culture de la dé‐
claraƟon et des indicateurs s’est ainsi installée découlant
naturellement sur l’évaluaƟon des praƟques et leur amélio‐
raƟon.
InformaƟons et ConsultaƟons sur les risques
A ‐ Démarche de qualité en santé – la langue contrôlée
(12)
:
L’efficacité de la démarche de qualité comme la gesƟon des
risques repose sur une communicaƟon au sein de l’équipe, et
avec les parƟes prenantes, qui peut même se révéler essen‐
Ɵelle pour être opposable en cas d’accident. Dans la gesƟon
documentaire, la qualité des textes eux‐mêmes est trop sou‐
vent laissée à l’appréciaƟon individuelle des professionnels de
santé. Or les langues naturelles foisonnent d’ambiguïtés. Si les
professionnels perçoivent la rédacƟon comme une nécessité,
elle est pour eux également une contrainte et un consensus
sur le contenu est souvent difficile à aƩeindre. Au demeurant il
n’existe pas de normes rédacƟonnelles applicables.
Une Langue Contrôlée (LC) est un sous‐ensemble d’une langue
naturelle dont la grammaire et le lexique ont été restreints
pou éviter l’ambiguïté et assurer la compréhension et/ou faci‐
liter la traducƟon. C’est dans le cadre du programme
« sécurité globale » de l’Agence NaƟonale pour la Recherche,
que les auteurs ont conçu une méthodologie pour développer
des LC sur mesure, adaptées au domaine d’acƟvité, au type de
texte, au public cible, au degré d’urgence, et aux ouƟls de trai‐
tement automaƟque des langues.
L’étude s’est appuyée sur l’analyse d’un corpus de textes et
sur une collaboraƟon entre linguistes, professionnels de santé
et responsables qualité dans les établissements de santé. Un
certain nombre de « mauvaises praƟques » ont été relevées…
(Suite de la page 32)
(Suite page 34)