page 32 - Numéro 274 du 29 juin 2012
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Reportage
octobre 2011 au CHU de Strasbourg. Très présent sur le ter‐
rain, il suit la mise en œuvre sur le terrain d’acƟons insƟtuƟon‐
nelles, y compris les RMM. Un référent qualité médicale est
nommé dans chaque pôle et avec lui le coordonnateur en‐
cadre les acƟons au niveau des pôles. Des ressources ont été
mises à la disposiƟon des pôles en accompagnement métho‐
dologique et opéraƟonnel.
La dimension formaƟon et culture qualité/sécurité est soute‐
nue par un plan de formaƟon, des communicaƟons régulières
aux instances de contrôle, un journal interne et des cam‐
pagnes d’informaƟon spécifiques. Un ouƟl permeƩant d’éva‐
luer la maturité du déploiement de la gesƟon des risques dans
chaque domaine est déployé ; il permet un pilotage précis et
coordonné de la gesƟon des risques.
Même si l’efficacité de ceƩe nouvelle organisaƟon du CHU de
Strasbourg reste à évaluer, elle a apporté à tout le moins les
condiƟons d’un véritable management de la qualité et des
risques et une vision moins technocraƟque de la qualité en
valorisant le travail quoƟdien des professionnels de santé et
une meilleure lisibilité des démarches entreprises au niveau de
chaque service.
Les défis des soins aux personnes âgées
A ‐ EHPAD(
7)
– Etablissements d’hébergement pour per‐
sonnes âgées dépendantes – :
L’applicaƟon des exigences de
la société en maƟère de sécurité sur l’ensemble des orga‐
nismes et en parƟculier du système de santé se heurte pour
les EHPAD à la nécessité de respecter les droits des usagers
des accueillis en insƟtuƟon ainsi que la liberté d’aller et venir.
La démarche de gesƟon des risques tradiƟonnelle, diagnosƟc,
traitement et audit, doit donc être paramétrée pour répondre
à la spécificité du secteur, en tenant compte de l’acƟvité d’ac‐
compagnement, des soins et de l’hébergement des personnes
âgées dans les structures. Toutefois, il faut aussi intégrer un
projet de vie individualisé pour chaque occupant ainsi que les
soins formalisés. L’une des clés d’entrée dans un projet de
gesƟon des risques est donc la mise en place d’une déclaraƟon
des incidents, mais encore faut‐il meƩre en vigueur une traça‐
bilité exhausƟve, des procédures et des mesures conserva‐
toires.
C’est donc dans cet esprit que le CH de Pont Saint Esprit a dé‐
veloppé sa poliƟque de gesƟon des risques et sa démarche de
qualité au sein des EHPAD, iniƟalement impulsée dans le sec‐
teur sanitaire, comprenant des axes spécifiques liés aux parƟ‐
cularités de l’acƟvité. La poliƟque de gesƟon des risques de
l’établissement repose sur quatre axes :
•
Engagement des collaborateurs
: ImplicaƟon de la direc‐
Ɵon, créaƟon d’un comité de gesƟon des risques, la
CAGRAS, et l’implicaƟon des professionnels ;
•
OrganisaƟon
: Elle repose sur un programme clairement
défini, la désignaƟon d’une responsable de la qualité et de
la gesƟon des risques formée, et un travail en réseau avec
l’ensemble des soignants ;
•
Méthodes et OuƟls adaptés
: fiche de signalement des
événements indésirables, matrice des risques, procédures
formalisées ;
•
InstauraƟon d’une démarche pérenne
: au travers de la
démarche qualité, d’un plan de formaƟon, d’un plan de
communicaƟon, et enfin d’une évaluaƟon de la démarche.
Deux chanƟers spécifiques ont été traités par deux groupes de
travail pluridisciplinaires : les chutes et les contenƟons pour
évaluer les praƟques professionnelles et meƩre en place des
mesures spécifiques pour la prévenƟon de ces risques.
En résumé, la gesƟon des risques implique l’élaboraƟon d’une
poliƟque insƟtuƟonnelle cohérente et clairement communi‐
quée à l’ensemble du personnel créant une dynamique dans
laquelle l’établissement se posiƟonne en acteur responsable
pour assurer une prise en charge de qualité et la sécurité des
soins des résidents.
B ‐ La poly‐médicaƟon chez le sujet âgé
(8)
:
Fondamentale‐
ment la poly‐médicaƟon des personnes âgées est inéluctable
puisque nombre d’entre eux souffrent de pathologies mul‐
Ɵples et l’une des clés de l’approche est de dresser des arbi‐
trages entre elles pour ne traiter que les plus lourdes, au ni‐
veau incapacitant ou douleurs. Le programme PMSA de la HAS
a permis d’élaborer des kits d’évaluaƟon clés en main mis à la
disposiƟon de l’ensemble des praƟciens par le Collège Profes‐
sionnel des Gériatres Français. Ces kits ont été uƟlisés au tra‐
vers d’une réflexion concertée étendue à l’ensemble des ac‐
teurs professionnels du secteur public et du secteur privé à
l’échelon de la région sous l’égide de l’ARH et de l’observatoire
de la qualité.
C’est ainsi qu’une culture commune contre l’iatrogénie est
progressivement instaurée puisque le programme a été uƟlisé
par 60 médecins généralistes, pour 1080 dossiers, et 14 éta‐
blissements de santé pour 500 ordonnances et dossiers.
C ‐ Iatrogénie médicamenteuse chez les paƟents souffrant de
la maladie d’Alzheimer
(9)
:
La populaƟon aƩeinte d’Alzheimer
et autres démences est essenƟellement gériatrique ; la poly‐
pathologie et donc la poly‐médicaƟon sont fréquentes. Le plan
Alzheimer 2008‐2012 prévoit entre autres une étude de
l’iatrogénie mal évaluée. L’Afssaps et le réseau des 31 centres
régionaux de pharmacovigilance ont conduit une étude spéci‐
fique PEIMA(10).
C’est ainsi qu’une étude transversale a été conduite du 15 fé‐
vrier au 15 mai 2010 sur un échanƟllon représentaƟf de pa‐
Ɵents Ɵrés au hasard pour être représentaƟf des déments, des
structures d’accueil. Les pharmaco‐vigilants incluaient les pa‐
Ɵents et recueillaient les données : sociodémographiques,
antécédents, médicaments et événements in désirables pour
une étude par un comité ad‐hoc.
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