Abonnement gratuit sur
page 27 - Numéro 274 du 29 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Pour mettre fin au trafic du cannabis,
il faudrait en prendre le contrôle
C
'est la conclusion à, laquelle le gouvernement
uruguayen semble être arrivé en annonçant le
dépôt d'un projet de loi qui ferait de l'Etat un
producteur et un vendeur de cannabis.
L'Uruguay, situé au sud du Brésil, compte environ 4 mil‐
lions d'habitants, parlant le portugais et la catalan.
Le projet que nous évoquons s'inscrit dans le cadre d'une
série de mesures visant à combaƩre la consommaƟon de
drogues dures et la criminalité liée aux trafics, impor‐
tants dans ce pays.
Face à ce fléau à caractère universel, la réponse des Etats
oscille entre deux opƟons, la répression ou l'assouplisse‐
ment sur les substances les moins dures comme le can‐
nabis, pour aƩeindre des résultats non concluants.
Cependant, jamais un Etat est allé aussi loin que ce
qu’'envisage l'Uruguay, en proposant de légaliser aussi
bien la producƟon et que la vente de cannabis.
L'argument avancé est, que le contrôle de ce marché
serait moins dangereux pour les consommateurs, que le
développement du trafic clandesƟn tel que constaté ac‐
tuellement.
En effet, le contrôle de la producƟon d'un type de
drogues aussi largement consommée que le cannabis
éviterait la mise sur le marché de produits frelatés,
neƩement plus toxiques et dangereux pour la santé que
les produits dont la producƟon pourrait être autorisée.
Ce raisonnement a contribué, en son temps, à conduire
les autorités américaines à meƩre fin à la prohibiƟon,
tout en meƩant en place un contrôle strict de la vente
d'alcool.
En France, force est de constater que les cigareƩes de
contrebande, sont effecƟvement plus riches en nicoƟne,
goudron et autres ingrédients chimiques, plus dangereux
pour la santé que celles vendues sous le contrôlé de
l'Etat.
On prête au gouvernement uruguayen l'intenƟon, une
fois son projet adopté, de proposer que ceƩe mesure
soit étendue au niveau mondial, pour permeƩre de
luƩer efficacement au niveau internaƟonal contre la con‐
sommaƟon de drogues dures, alors que le pays est con‐
fronté à une vague d'homicides aƩribuée à la consom‐
maƟon d'une pate à base de cocaïne bon marché.
Il faut se demander, si c'est une raison suffisante pour
vouloir banaliser la consommaƟon du cannabis, avec les
risques qu'il présente pour la santé des consommateurs.
En France aussi, il est de plus en plus quesƟon de revenir
sur la législaƟon qui faite de la consommaƟon du canna‐
bis un délit pénal sancƟonne lourdement d'une amende
et d'une peine d'emprisonnement.
Les opƟons avancées sont soit de maintenir l'interdicƟon
de la consommaƟon en transformant le délit en simple
contrevenƟons passible d'une amende de police, soit à la
dépénaliser totalement.
Un pas de plus consisterait à autoriser, en la contrôlant,
la commercialisaƟon du cannabis, démarqué du modèle
des produits du tabac, sans garanƟr la fin de tout trafic.