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page 24 - Numéro 274 du 29 juin 2012
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Point de vue
N'abandonnez pas vos amis
C
omme chaque année, la FondaƟon 30 millions 
d'amis lance sa campagne d'été contre l'aban‐
don des chiens, chats et autres peƟts animaux 
dits domesƟques. 
On est heureusement loin des 400 000 abandons par an, 
à une époque où les animaux étaient assimilés à des 
biens meubles dont on pouvait se défaire à son gré, à 
condiƟon de ne pas encombrer l'espace public, ce qui 
obligeait les personnes sans scrupules de jeter les chats 
devenus encombrants à la rue et d'aƩacher les chiens 
aux arbres pour qu'ils ne puissent pas les suivrent. 
Aujourd'hui, les animaux ont un statuts légal et sont pro‐
tégés par la loi, leur abandon est théoriquement passible 
de 30 000 euros d'amende et de 2 ans d'emprisonne‐
ment, des peines trop lourdes, comme dans bien 
d'autres domaines, pour être appliquées, tout en produi‐
sant des effets pervers. 
Ainsi, les gens se cachent pour abandonner leurs ani‐
maux dans des endroits déserts en pleine nature où ils 
sont perdus et une oreille coupée pour faire disparaitre 
le numéro de tatouage qui permet de retrouver le pro‐
priétaire. 
Que vont imaginer ceux dont les animaux portent une 
puce d'idenƟficaƟon sous la peau ? 
Aujourd'hui, malgré une plus grande diversité d'animaux 
domesƟques, les abadons annuels sont tombés et res‐
tent stables autour de 60 000 par an, ce qui n'est pas 
plus acceptable que les 400 000 abandons d'antan. 
Soit, on n'achète plus un animal pour servir de jouet à un 
enfant et que l'on jeƩe une fois les servitudes qui en dé‐
coulent apparues. 
Cependant, combien de jeunes adultes s'enƟchent d'un 
chien dont ils confient rapidement la garde à leurs pa‐
rents, qui finissent heureusement d'en prendre le plus 
grand soin ? 
Malheureusement, les moƟfs qui conduisent, dans notre 
temps à l'abandon de son animal sont nombreux comme 
une séparaƟon, des problèmes financiers ou de santé ou 
tout autre accident de la vie mais dans ces cas, faute de 
trouver une soluƟon dans son entourage, il faut de se 
tourner vers un refuge pour qu'il en prenne soin. 
Pour les départs en vacances, une période favorable aux 
abadons, les soluƟons existent et pas seulement des 
pensions pour courts séjours que tout vétérinaire peut 
indiquer à sa clientèle, car un nombre croissant d'hôtels 
les acceptent maintenant. 
Cependant, tout n'est pas facile dans le meilleur des 
mondes pour les possesseurs d'un chat, comme l'ont 
appris à leurs dépends un couple de parisiens, à la re‐
cherche d'une locaƟon meublée temporaire, le temps de 
faire rénover leur appartement. 
Malgré une offre saƟsfaisante à tous égards, toutes ex‐
cluaient systémaƟquement la présence d'un animal do‐
mesƟque et la garanƟe de prendre en charge les dégâts 
ne suffisait pas pour faire revenir les propriétaires, obtus, 
sur leur refus. 
L'employée d'une agence a été jusqu'à suggérer à notre 
couple « d'abandonner » leur chat. 
Ils ont fini par trouver une propriétaire compréhensive 
qui vit, il faut bien le dire hors de nos fronƟères, sans 
doute dans un pays où les propriétaires ne rejeƩent pas 
les locataires propriétaires d’un animal domesƟque.