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page 29 - Numéro 273 du 22 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Les économies modernes ne pourront pas
se passer du nucléaire avant longtemps
N
'en déplaise aux écologistes, sauf à couvrir le pays
d'éoliennes et de panneaux solaires, les énergies
renouvelables, indépendamment de leur coût, ne
peuvent que servir d'appoint à la producƟon d'électricité,
en aƩendant le développement d'autres soluƟons.
En aƩendant, Il faut faire appel aux centrales thermiques,
pour répondre à la demande d'électricité en progression
constate, pour l'industrie, le transport, le chauffage, la cli‐
maƟsaƟon et demain pour les véhicules à tracƟon élec‐
trique.
L'Allemagne, qui a une longueur d'avance en Europe dans
le domaine des énergies renouvelables, a décidé, suite à la
catastrophe de Fukushima au Japon, de sorƟr totalement,
dans une dizaine d'années du nucléaire et d'arrêter dans
l'immédiat une première série de réacteurs.
La producƟon d'électricité y repose en grande parƟe sur
des centrales thermiques alimentées en charbon brun,
dont le pays dispose en grande quanƟté, dans des mines
exploitées à ciel ouvert, dont l'exploitaƟon, est aujourd'hui
relancée.
La combusƟon du charbon brun, ultra polluante, le lignite,
qui se situe du point de vue qualitaƟf entre l'anthracite et
la tourbe, fournit d’ors et déjà 25% de la producƟon d'élec‐
tricité en Allemagne et l'ouverture de nouvelles exploita‐
Ɵons minières et de centrales thermiques sont en cours de
réalisaƟon pour combler le vide laissé par l'arrête des cen‐
trales nucléaires.
L'Allemagne pourra ainsi conserver sa place d'exportateur
d'électricité en Europe et assurer à la France les fourni‐
tures dont elle peut avoir besoin à certaines époques de
l'année.
Il n'y a pas que l'Allemagne qui a décidé de sorƟt précipi‐
tamment du nucléaires, il y a aussi le Japon qui a mis à l'ar‐
rêt la totalité de son parc nucléaire, comprenant 58 réac‐
teurs, autant que la France, après l'émoƟon provoquée
dans le pays par la catastrophe de Fukushima du 11 mars
2011.
L'arrêt des réacteurs avait officiellement pour objet de pro‐
céder à une inspecƟon sécurité approfondie, sous entendu
avec l'intenƟon de ne plus les remeƩre en acƟvité.
Le nucléaire assurait 30% de la producƟon d'électricité et
les 70% restant étant produit par des centrales thermiques
au fioul, sans possibilité de rechange immédiate.
Face à la pénurie d'électricité qui s'est immédiatement
déclarée et faute de disposer, avant longtemps d'autres s
soluƟons, le Premier ministre japonais, Yoshihito Nada a
ordonné le redémarrage de deux réacteurs nucléaires dans
l'ouest du pays et ce contre l'avis de l'opposiƟon qui n'est
pas en mesure de proposer une soluƟon de rechange, qui
n'existe pas actuellement.
Les deux unités, exploitées par une compagnie privée,
comme toutes les centrales électriques au Japon, ont été
jugées sûres par l'Agence de sécurité nucléaire du pays, par
les élus locaux.
Entre temps, une péƟƟon rassemblant quelque 7 millions
de signature, sans portée praƟque appelant à l'abandon du
nucléaire a été remise au gouvernement.
D'autres réacteurs ont passé les examens de sécurité exi‐
gée depuis le drame de Fukusbima et les résultats sont en
cours de validaƟon en vue de leur réacƟvaƟon, pour per‐
meƩre au Japon , faute de mieux, de retrouver dès que
possible la capacité de producƟon d'électricité indispen‐
sable à son acƟvité.