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page 28 - Numéro 273 du 22 juin 2012
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Point de vue
Rio+20,
la dernière chance de relancer
la lutte contre le réchauffement climatique
L
es grands et les moins grands de ce monde vont ce 
réunir du 20 au 22 juin à Rio au Brésil, sous l'égide 
de l'ONU, pour tenir un sommet des NaƟons‐Unies 
sur le développement durable, vingt ans après le premier 
Sommet de la Terre tenu à Rio, d'où sa désignaƟon par 
Rio+20. 
Rappelons que la Conférence de Rio de 1992 a été le pre‐
mier Sommet de la Terre qui a donné naissance à deux con‐
venƟons internaƟonales importantes, celle sur le change‐
ment climaƟque et celle sur la diversité biologique. 
Dix ans après Rio+10, Rio+20 doit faire le point des avan‐
cées réalisées dans ces deux domaines essenƟelles pour le 
devenir de la vie sur notre planète. 
Le premier Sommet de Rio a été une prise de conscience 
mondiale car, pour la première fois des dizaines de chefs 
d'Etat et de gouvernement se réunissaient pour parler d'en‐
vironnement et donner vie au concept de développement 
durable, apparu quelques années auparavant. 
Les négociaƟons internaƟonales, qui sont poursuivies, ont 
données naissances au sommet de Kyoto de 1997 à la si‐
gnature d'un protocole fixant des objecƟfs de réducƟon des 
émissions de CO2, l'un des de gaz à effet de serre, reconnu 
responsable du réchauffement climaƟque. 
Ce protocole, signé par les principaux pays industriels, n'a 
pu entrer en vigueur qu'en 2005, après les atermoiements 
de nombreux pays, dont ceux du premier pays pollueur 
mondial, les Etats‐Unis, qui ont finalement refusé de le si‐
gner. 
Il a été sauvé in extremis par la raƟficaƟon de la Russie. 
Le protocole de Kyoto a donné naissance aux crédits car‐
bones et a de nombreux mécanismes pour aider les pays en 
développement, à ne pas suivre les errements des pays 
industrialisés, dont la Chine, qui dispute depuis peu aux 
Etats‐Unis la place de premier pays pollueur mondial. 
En 2002, au sommet de Johannesburg, le Rio+10, force était 
de constater que l'état de la planète allait en se dégradant, 
malgré toutes les déclaraƟons d'intenƟons entendues de‐
puis et non suivies d'effet. 
A ce sommet, Jacques Chirac, qui représentait la France en 
sa qualité de Président de République, a marqué les esprits 
par sa formule : « Notre monde brûle et nous regardons 
ailleurs ». 
Depuis, le monde regarde toujours ailleurs et le sommet de 
Copenhague de 2009 minuƟeusement préparé sous l'égide 
de l'ONU, dont devait sorƟr un traité universel desƟné rem‐
placer le protocole de Kyoto qui arrive à expiraƟon en 2012, 
a été un échec retenƟssant. 
On aƩendait de ce sommet la décision de prendre des me‐
sures contraignantes et ambiƟeuses pour réduire les émis‐
sions de gaz à effet de serre, en entraînant les pays émer‐
geants à un fort taux d'expansion, comme la Chine, l'Inde et 
le Brésil à faire de même. 
Depuis, les sommets qui ont suivi celui de Copenhague 
n'ont pas été marqué par des avancées notables et Rio+20 
pourrait être l'occasion de donner un élan aux poliƟques 
climaƟques afin de remeƩre la protecƟon de l'environne‐
ment parmi les priorités du monde, aujourd'hui en grande 
difficulté. 
La protecƟon de l'environnement bien comprise, pourrait 
devenir une alternaƟve pour sorƟr de la crise mondiale plu‐
tôt que de chercher à préserver la seule croissance écono‐
mique qui a montré ses limites.