page 36 - Numéro 272 du 15 juin 2012
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Reportage
rose où les rendements des placements financiers ne sont
plus ce qu’ils ont été par le passé, la discipline de sous‐
cripƟon doit être la principale préoccupaƟon des souscrip‐
teurs. En clair, les produits financiers ne corrigent plus les
errements tarifaires, et il faut retrouver le chemin rigueur
dans la souscripƟon pour préserver l’équilibre technique
des résultats.
Alors, où vont les Takafuls en terme de marché. En Asie il
semble que la croissance ait ralenƟ en 2010 avec un taux
de 19% qui ferait rêver les assureurs des pays à maturité,
mais en retrait par rapport aux 29% des cinq années pré‐
cédentes. Les pays du Moyen Orient quant à eux ont con‐
nu une croissance plus faible (16%) après deux années
après deux années excepƟonnelles alimentées par l’intro‐
ducƟon d’une obligaƟon de souscrire une assurance santé
en Arabie Saoudite et à Abu Dhabi. En Asie du Sud‐est où
les encaissements des Takafuls ont connu un taux de 32%
en 2010, la croissance excède la moyenne des cinq der‐
nières années (28%). La Malaisie reste en tête mais l’Indo‐
nésie et Brunei ont un avenir radieux. Le total des encais‐
sements pour ces trois pays est de 2 Milliards de Dollars.
La capacité de souscripƟon des re Takafuls a explosé au
cours des cinq dernières années avec l’arrivée déjà souli‐
gnée plus haut des grands opérateurs globaux établissant
des filiales spécifiques ou des « bouƟques spécialisées ».
Mais malgré la mulƟplicaƟon des acteurs régionaux et
globaux, une part importante de la réassurance des Taka‐
fuls revient sur le marché tradiƟonnel. Sans doute peut‐
on chercher la raison dans la fin de la remarque du repré‐
sentant de l’associaƟon des assureurs de Bahreïn :
« Toutefois les re‐Takafuls ne sont pas encore ne mesure
d’accepter des risques à 100%. Les structures sont encore
en phase de consƟtuƟon et elles ont besoin de compé‐
tences et de talents pour apporter un bon service et des
taux aƩracƟfs à leurs cédantes. »
On voit que les re Taka‐
fuls ont encore du pain sur la planche pour répondre aux
aƩentes de leurs marchés directs. Mais les jeunes spécia‐
listes formés à l’assurance et à la réassurance en Europe
devraient peut‐être envisager un avenir professionnel au
service de ces marchés.
Finalement, les Takafuls ne doivent pas oublier le défi
éthique qui se pose à eux, si le mouvement a été au dé‐
part a été ancré dans la Sharia, il est progressivement ga‐
gné par l’esprit d’entreprise, sans doute indispensable à la
croissance, mais où ils risquent de perdre leur « âme ». En
parƟculier, la quesƟon de l’accès des opérateurs aux sur‐
plus de souscripƟon reste ouverte demeure ouverte dans
certains modèles. Mais s’il ne contribue pas aux pertes,
l’opérateur peut‐il légiƟment parƟciper aux bénéfices ; de
plus, ne risque‐t‐on pas de s’éloigner du principe fonda‐
mental de la solidarité inclus dans le Waqf ? Au bout du
compte, il reviendra sans doute aux organes de contrôle
des différents pays d’influencer la route des Takafuls au
travers des règles de solvabilité qui prennent en compte
essenƟellement l’intérêt des assurés/sociétaires. Sauront‐
ils le faire de façon coordonnée avec des règlements en
harmonie avec un standard commun. La quesƟon reste
ouverte mais il y a urgence à définir un modèle de réfé‐
rence et les deux années à venir seront cruciales.
Et pour conclure… rendez‐vous en 2014 !
Déjà lors de la 28
ème
édiƟon de la conférence du GAIF, les
dirigeants présents appelaient tous les acteurs du monde
de l’assurance dans le monde arabe de puiser dans leurs
ressources inhérentes pour aƩeindre l’excellence. C’était
le temps de l’après secousse, pensait‐on alors, tandis que
les répliques de la crise financière, puis économique, se
poursuivaient et que le monde avait les yeux sur la région
pour inciter les assureurs arabes à adopter des standards
plus rigoureux. Dans un marché d’offre excédentaire,
ChrisƟan Kraut, le responsable de la Munich de Ré pour
l’Afrique et le Moyen Orient invitait ses auditeurs à se
posiƟonner dans des marchés de niches pour accroitre
leur compéƟƟvité. Il regreƩait de ne voir dans l’auditoire
que des assureurs généralistes en concurrence pour les
mêmes comptes, avec l’inéluctable guerre des tarifs qui
s’en suivait.
Ce qui ne venait à l’esprit de personne en 2010 c’est que
le printemps arabe viendrait bouleverser tout ce peƟt
monde et que les grands réassureurs internaƟonaux ne
seraient pas « rassurés » devant des mouvements qu’ils
ne comprenaient pas bien et surtout n’avaient pas anƟci‐
pé. Est‐ce à dire que les acteurs régionaux devraient pren‐
dre un virage et révoluƟonner leur aƫtude face à la coo‐
péraƟon régionale comme les y invite le PDG d’Oman ré
M. Taysser Treky ? A n’en pas douter les grands acteurs
internaƟonaux ne se désintéresseront pas de ce marché
porteur, même s’il est encore peƟt, mais ils seront sure‐
ment encouragés dans leur intérêt de voir les acteurs lo‐
caux s’associer pour apporter des soluƟons régionales
crédibles au moins pour les « lignes de travail ».
La gesƟon des risques elle aussi a fait une entrée en force
dans les débats de ceƩe 29
ème
conférence du GAIF. Le re‐
présentant de Partner ré, M. Orlando a invité les parƟci‐
pants à meƩre en place les instruments de gesƟon de
risques appropriés pour leur permeƩre une approche por‐
tefeuille des risques plutôt qu’une évaluaƟon risque par
risque. Transparence et gesƟon des risques étaient aussi
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