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page 37 - Numéro 272 du 15 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
au cœur du discours du Président de la société marocaine
RMA Watanya. M. Orlando quant à lui rappela en outre
qu’il revient au Conseil d’AdministraƟon de définir la poli‐
Ɵque de gesƟon des risques et, en parƟculier, de l’appéƟt
de risques de la société. Il s’agit de savoir arbitrer entre
rendement d’une part, réducƟon de la volaƟlité et protec‐
Ɵon contre les risques extrêmes d’autre part. Il souligna
enfin les défis contradictoires que les assureurs doivent
relever entre les exigences des marchés financiers et les
aƩentes de la société, entre règlementaƟon accrue ici et
dérèglementaƟon ailleurs.
De plus, la pénétraƟon de l’assurance dépend de la con‐
fiance des parƟes prenantes locales et de leur adhésion
au projet qui suppose de prendre en compte les spécifici‐
tés sociales et religieuses. L’avènement de régimes plus
ancrés dans l’Islâm aura immanquablement des répercus‐
sions encore difficile à imaginer sur les marchés de l’assu‐
rance dans les pays concernés, et surement au niveau
régional, sans compter les aventures en cours de dévelop‐
pement en ce moment même. Gageons que le développe‐
ment du mouvement Takafuls, voire micro Takaful, à l’ins‐
tar de la Malaisie ou de l’Indonésie devrait conduire la
région à prendre sa place dans le concert des pays à mar‐
ché d’assurance mature, avec des taux de pénétraƟon et
des parts de marché pour l’assurance vie et l’assurance
IARD comparables à ceux des pays Européens, voire Nord
Américains, en foncƟon des soluƟons retenues par les
Etats pour le financement des systèmes de santé et de
pension…
Le marché de Londres toujours prompt à saisir les occa‐
sions, accueillera le 6
ème
sommet des Takafuls mi‐juillet,
presqu’en même temps que les jeux olympiques. Les or‐
ganisateurs soulignent que l’industrie sort à peine de l’en‐
fance et les experts réunis essaieront donc de définir des
stratégies pour surmonter les défis et souffrances de
l’adolescence. Les Master‐classes seront l’occasion pour
les assureurs tradiƟonnels non seulement de mieux com‐
prendre les fondamentaux des Takafuls mais encore de
comprendre comment, par delà les populaƟons isla‐
miques qui demeurent leur première cible, les produits et
services « éthiques » qu’ils offrent pourraient intéresser
les autres segments de la populaƟon.
On s’interroge sur le marché français, et en parƟculier sur
le rôle des mutuelles sans intermédiaires : comprendront‐
elles tout l’intérêt qu’elles pourraient reƟrer en adaptant
leur modèle ? Sous réserve d’inventaire, il leur suffirait
sans doute de veiller à la qualité de leurs placements, et à
meƩre en place un conseil islamique pour valider leurs
opéraƟons, pour respecter les fondamentaux des Taka‐
fuls.
Il ne reste plus qu’à donner rendez‐vous pour la 30
ème
Conférence du GAIF pour un retour aux sources en Egypte
en mai 2014, puisque le premier rendez‐vous avait été
dans ce pays en 1964. Un demi‐siècle de bouleversements
poliƟque, sociaux, économiques, dont les deux dernières
années nous réserveront, qui sait, peut être encore bien
des surprises ! La mise en place effecƟve des fonds pana‐
rabes appelés de leurs vœux par les adhérents du GAIF
dans leurs résoluƟons finales pour la couverture de cer‐
tains risques catastrophiques seraient surement un atout
majeur !
Professeur Jean‐Paul Louisot
Université Paris 1 Panthéon‐Sorbonne
Directeur Pédagogique de CARM_InsƟtute
(Suite de la page 36)
1 - GAIF General Arab Insurance Federation
2 - Musharaka – partenariats entre apporteurs de capitaux et opérateurs. Les bénéfices sont partagés selon des pourcentages préétablis (Joint
stock companies – sociétés par actions à responsabilité limitée)
3 - Wakala – L’entrepreneur perçoit des honoraires fixés pour son expertise et ses efforts. Il n’a pas de parts aux pertes ou aux bénéfices qui re-
viennent en totalité à l’apporteur de capitaux. L’entrepreneur expose ses propres charges.
4 - Mudharaba – partenariat entre apporteur de capitaux et entrepreneur. Le premier apporte les capitaux, le second son expertise et ses efforts.
Les bénéfices sont partagés selon des pourcentages préétablis. Les pertes ne sont imputées qu’à l’apporteur de capitaux tandis que l’entrepre-
neur expose ses propres charges.
5 - Waqf – Un compte « Waqf » (contribution) est établi par l’opérateur au sein du Takaful à l’aide des contributions des adhérents. Ce compte vise
les deux objectifs suivants :
* Porter assistance aux membres en cas de sinistre,
* Accorder à ses membres des avantages strictement en application de la convention de Waqf
6 - Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions (AAOIFI)
7 - Islamic Financial Services Board (IFSB)
8 - AIO est l’African Insurance Organisation