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page 35 - Numéro 272 du 15 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
au contraire elle contribue à rassurer les parƟes pre‐
nantes. Si une autorité de contrôle perçue comme
professionnelle et sérieuse, ceƩe percepƟon se trans‐
pose sur les assureurs qu’elle contrôle. La crédibilité
du secteur tout enƟer repose en fait sur la crédibilité
de la réglementaƟon et de son organe de mise en
vigueur.
Une des quesƟons de fond demeure l’adaptaƟon de la
règlementaƟon à l’assurance islamique.
Et les Takafuls ?
Il est clair que l’assurance islamique, ou est‐ce plus sim‐
plement l’assurance éthique, est largement sorƟe du
stade de la couveuse pour devenir un joueur significaƟf
dans le monde islamique, et même par delà les adhérents
du GAIF. La Malaisie demeure le pionnier de ceƩe acƟvité
et le potenƟel de l’Indonésie, premier pays musulman
pour la populaƟon, est considérable, en parƟculier avec le
développement de micro‐Takafuls. Mais on voit égale‐
ment de plus en plus les grands assureurs directs et les
leaders de la réassurance au niveau mondial créer des
coques spécifiques de Takafuls de réassurance. Des ac‐
teurs du monde arabe bien établi comme Tunis ré ont
sauté le pas, et sa présidente précisait
:
« Nous poursui‐
vons le développement de l’assurance islamique et notre
Re Takaful a aƩeint un bon encaissement pour le premier
trimestre de 2012 avec une croissance de 32% par rapport
à la même période en 2011. »
Dans une perspecƟve plus large, il est certain que la situa‐
Ɵon de l’Economie Mondiale a un impact significaƟf sur
les industries en pleine émergence comme les Takafuls. Le
défi majeur d’une industrie en pleine phase de structura‐
Ɵon et de développement dans un monde en crise larvée
est de se frayer un chemin vers la croissance tout en pré‐
servant des marges de rentabilité.
Toutefois, il ne faudrait pas non plus ignorer le défi de la
règlementaƟon. Les Takafuls devraient‐ils disposer d’une
réglementaƟon adaptée, certes en harmonie avec les
codes d’assurance, mais prenant en compte les spécifici‐
tés sociales et techniques sous jacentes. Si tel est le cas,
alors idéalement les opérateurs transnaƟonaux, et les
réassureurs en parƟculier, appellent de leurs vœux une
règlementaƟon uniforme dans tous les pays. Cet objecƟf
semble encore relever du vœu pieux car il existe diffé‐
rents modèles
(Musharaka(2), Wakala(3), Mudharaba(4),
Waqf(5))
mais seuls certains états ont déjà promulgué des
législaƟons spécifiques (Malaisie, Bahreïn, Emirats Arabes
Unis). Certes des organismes tels le AAOIFI(6) et l’IFSB(7)
visent à harmoniser les règles comptables, les praƟques
et la terminologie, mais leurs travaux en sont encore au
stade du défrichement.
Alors même que se tenait le GAIF, c’est au cours de la
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ème
Assemblée Générale l’AIO(8) au Soudan que le di‐
recteur des assurances du Nigéria a précisé que son pays
préparait une législaƟon spécifique qui serait promulguée
dès cet été permeƩant la délivrance d’agrément dès cet
automne à des opérateurs totalement Takaful et non à
des fenêtre d’opérateurs tradiƟonnels : avis aux amateurs
internaƟonaux tenté par le marché nigérian ! En fait, les
autorités du pays espèrent que ceƩe iniƟaƟve permeƩra
à la pénétraƟon de l’assurance de dépasser le seuil de 6%
auquel il plafonne actuellement.
Bien entendu, la plupart des opérateurs ont conscience
de ceƩe nécessité de standardiser les modèles et les pra‐
Ɵques pour faciliter les acƟvités transfronƟères ainsi que
les fusions acquisiƟons indispensable pour bénéficier des
économies d’échelles et aƩeindre la masse criƟque qui au
bout du compte en fera des acteurs reconnus de la scène
internaƟonale. Et de fait, si le paysage évolue lentement,
on peut tout de même regarder l’avenir avec un certain
opƟmisme l’évoluƟon grâce à la courbe d’apprenƟssage.
Mais alors, si les Takafuls montent en régime, la quesƟon
de la souscripƟon en réassurance dans le cadre d’un Taka‐
ful devient d’actualité pour assurer une conformité de
bout en bout. A Bahreïn, note le PDG de la Takaful Inter‐
naƟonal Company de Bahreïn, la banque centrale, l’auto‐
rité de contrôle et les spécialistes de la Sharia encourage
les Takaful directs à placer leur réassurance auprès de re‐
Takafuls.
Le directeur Général de la société tunisienne Best‐re,
Riadh Karray, fait échos à ces propos et revient sur la
quesƟon centrale pour esƟmer que les bonnes praƟques
de la souscripƟon sont finalement très voisine pour un
réassureur tradiƟonnel et un réassureur islamique. Bien
entendu pour les seconds, il convient de respecter les ex‐
cepƟons liées aux acƟvités/acƟfs éthiquement interdits
ou non conformes à la Sharia. Mais comme pour tout opé‐
rateur de réassurance, le re‐Takaful doit s’efforcer d’offrir
les meilleures couvertures possibles à un tarif acceptable.
Si les souscripteurs de Takaful sont sous pression pour
garanƟr la soutenabilité des provisions des assurés, finale‐
ment ils sont dans la même posiƟon que ceux des mu‐
tuelles sans intermédiaires.
Il est clair que dans un environnement économique mo‐
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Reportage