Page 35 - RiskAssur L271 08062012

Version HTML de base

Abonnement gratuit sur
page 35 - Numéro 271 du 8 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
fragilités se feraient jour. Bien sur on pense en priori‐
té à l’accès aux ressources rares ou raréfiées. Les 
espaces où la densité des routes des flux d’échanges 
est parƟculièrement élevée sont des zones de vulné‐
rabilités vitales. On peut même envisager que l’accès 
à certaines maƟères premières indispensables au 
développement des nouvelles technologies, comme 
les terres rares, pourraient même être source de 
conflits et de crises, dans es zones aujourd’hui pré‐
servées comme la Sibérie et l’ArcƟque. On peut 
même en voir les prémices dans le conflit larvé qui 
oppose 
la 
Chine 
et 
l’Indonésie. 
Si le nombre des états fragilisés, voire en faillite, con‐
Ɵnuait d’augmenter, cela ouvrirait de nouvelles 
« zones de non droit » dont les organismes mafieux 
ou terroristes pourraient Ɵrer profit pour étendre 
leurs acƟvités clandesƟnes. Ces menaces pourraient 
devenir déterminantes si elles touchaient en parƟcu‐
lier des chemins de transit des ressources énergé‐
Ɵques.     
La dynamique de conflit en évoluƟon ?
La planète est 
considérée comme relaƟvement calme, en dépit de 
nombreuses crises. CeƩe accalmie historique pour‐
rait ne pas durer alors que le contexte internaƟonal 
devient plus complexe et plus volaƟl. Le recours à la 
violence pourrait devenir moins prévisible en trou‐
vant de nouveau débouché, y compris immatériels 
en foncƟon des innovaƟons technologiques et des 
évoluƟons sociétales. La remise en cause du chef de 
meute pourrait conduire à des luƩes entre les pré‐
tendants au pouvoir, avec son cortège de confronta‐
Ɵons entre états, alliances tant au niveau de la rareté 
des ressources que des revendicaƟons territoriales 
ou extraterritoriales. L’Asie demeure source poten‐
Ɵelle de conflits classiques majeurs ; mais dans le 
reste du monde des formes nouvelles de luƩes ou de 
contestaƟons pourraient voir jour qui, sans répondre 
aux caractérisƟques tradiƟonnelles de conflit ou de 
crise, seraient source de ruptures et de perturba‐
Ɵons majeures. Les imbricaƟons des acteurs éta‐
Ɵques et non‐étaƟques opérant selon des schémas 
différents, voire divergents, ajoutant à la complexité 
du monde. 
La progression des menaces transnaƟonales et asy‐
métriques 
en 
progression 
?
Les 
états 
« perturbateurs » conservent leur capacité de nui‐
sance et de menace  mais celle des acteurs non‐
étaƟques devraient s’intensifier avec la poursuite de 
la globalisaƟon. La proliféraƟon des armes de des‐
trucƟon massive de toute nature et de leurs vecteurs 
est une des sources majeures de danger pour les 
prochaines années. La mulƟplicaƟon des échanges, la 
diffusion des connaissances et des technologies dé‐
bouchant sur une certaine banalisaƟon de l’arme 
nucléaire, voire des armes chimiques et biologiques, 
affaiblissent les défenses contre l’accès à ces armes 
des groupes terroristes. Le renforcement des accords 
de non proliféraƟon ou d’interdicƟon des ADM, et 
des moyens pour en imposer le respect est la pierre 
angulaire 
de 
la 
sécurité 
mondiale. 
Même si l’émergence  d’un monde mulƟpolaire peut 
offrir des soluƟons aux contestaƟons idéologiques, 
les plus faibles et les plus irréducƟbles seront tou‐
jours tentés pas la soluƟon du terrorisme, efficace et 
rentable pour les plus faibles. Le terreau le plus fer‐
Ɵle pour le terrorisme demeure la pauvreté, les iné‐
galités économiques et sociales extrêmes, et la mau‐
vaise gouvernance des Etats. De plus, les groupes 
« mal intenƟonnés » auront de plus en plus accès à 
des technologies disrupƟves, informaƟques en parƟ‐
culier.  
Quant à la mouvance « Al Qaeda » qui n’a jamais été 
un mouvement unifié, la mort de son chef historique 
permet à différents groupuscules de s’emparer du 
manteau, et même à des groupes de types mafieux 
de se couvrir d’un vernis idéologique pour conduire 
leurs 
entreprises 
criminels. 
Le crime organisé a lui aussi ses réseaux globaux de 
trafic d’armes, de drogue, d’être humains,  de blan‐
chiment, de piraterie mariƟme et de piratage de la 
propriété intellectuelle. Il trouvera peut‐être même 
de nouveaux champs d’acƟvité avec la raréfacƟon e 
certaines 
ressources 
naturelles.  
Enfin, on ne peut pas exclure un rapprochement  
beaucoup plus systémique entre ces deux groupes ce 
qui rendrait beaucoup plus difficile la luƩe contre ces 
deux fléaux. 
Faut‐il définir de nouveaux instruments pour mesurer la 
croissance et le bien‐être ? 
Une des clés pour la conduite de toute poliƟque, est de 
disposer d’un thermomètre fiable rendant compte de la 
dimension que l’on veut gérer, l’économie ne fait pas ex‐
cepƟon et longtemps le PIB a été considéré comme une 
mesure d’une certaine forme bien‐être d’une populaƟon. Il 
est vrai qu’en période de pénurie, le plus est toujours 
mieux mais par delà les biens et services produits, d’autres 
aƩentes se sont fait jour.  
(Suite de la page 34)
(Suite page 36)
Reportage