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page 34 - Numéro 271 du 8 juin 2012
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quanƟtés finies face à des demandes croissantes. 
La sécurisaƟon des lieux de producƟon et des 
routes de transport sont déjà des enjeux straté‐
giques qui ne feront qu’être exacerbés, en parƟ‐
culier pour les pays dépendants. 
La dérive des inégalités dans la réparƟƟon de la 
richesse, entre individus et entre pays, exacerbe‐
ra l’instabilité sociale et poliƟque, même si on 
suppose que la pauvreté globale diminuera. Les 
grands déséquilibres économiques mondiaux, 
aggravés par la fluidité financière, accroissent le 
risque de crises systémiques. 
Les revendicaƟons idenƟtaires et religieuses, 
exacerbées par la mondialisaƟon et la rivalité des 
états en maƟère de « soŌ power »  pourraient 
amplifier les dérives de radicalisaƟon. Ce phéno‐
mène est d’autant plus dangereux sur des ter‐
rains fragilisés par la déstructuraƟon sociale et le 
déficit de senƟment de citoyenneté que connais‐
sent les Etats faibles.   
Les applicaƟons controversées ou dangereuses 
des innovaƟons technologiques non maîtrisées, 
en parƟculier les nano et bio technologies et la 
roboƟque soulèvent des quesƟons éthiques alors 
même qu’elles échappent de plus en plus au con‐
trôle des Etats et représenter des menaces pour 
la sécurité des personnes, et des Etats. Le mail‐
lage de communicaƟon de plus en plus complexe 
pourrait aussi offrir à des esprits mal intenƟon‐
nés des instruments de propagande, de désinfor‐
maƟon, de répression et de surveillance avec son 
cortège de dérives morales, haine raciale et reli‐
gieuse, consƟtuƟon de réseaux criminels. 
L’exigence d’une réglementaƟon globale ?
L’émer‐
gence d’une gouvernance mondiale s’apparente sans 
doute à la quête du Graal et rien ne permet d’imagi‐
ner son instauraƟon à l’horizon 2040. En revanche, 
les interdépendances de plus en plus complexes et 
les défis globaux vont engendrer une demande plus 
pressante de coopéraƟon mulƟlatérale débouchant 
sur des réseaux parfois difficiles à déchiffrer pour 
l’esprit humain. La nécessité de s’aƩaquer aux 
risques systémiques et de contrôler les flux au niveau 
de la planète va s’étendre à un nombre croissant de 
domaines. Les premiers qui viennent à l’esprit sont 
l’économie et la finance, mais principaux acteurs, 
pour certains sauvés de la déroute par les Etats et 
donc les citoyens, sauront‐ils reconnaitre le besoin 
de se soumeƩre à des règlementaƟons plus contrai‐
gnantes. Mais d’autres chanƟers se profilent, migra‐
Ɵons, santé, environnement, nouvelles technologies 
de l’informaƟon et de la communicaƟon. La stabilité 
du monde passe par un renforcement des instru‐
ments internaƟonaux de règlementaƟon pour coor‐
donner les efforts et le développement d’ouƟls de 
coopéraƟon.  
Dans un contexte fluide qui connaitra l’émergence 
d’une oligopolarité ou d’une mulƟpolarité relâchée, 
les organisaƟons régionales et les alliances devront 
revoir leurs agendas, leurs missions et leurs pra‐
Ɵques sous la menace d’un nouveau protecƟonnisme 
des Etats soutenu par une parƟe de la populaƟon 
tentée par un repli sur soi. Les insƟtuƟons de la gou‐
vernance mondiale elles‐mêmes ne sont pas à l’abri 
de conflits, de luƩes d’influence avec des territoires 
mal définis et cela ne facilitera pas l’avènement d’un 
corpus cohérent de principes et d’un corps décision‐
naire 
respecté.   
La stabilité du système internaƟonal dépendra donc 
de la capacité des Etats à renouveler les insƟtuƟons 
existantes ou à créer de nouveaux ouƟls de gouver‐
nance et de sécurité aux niveaux bilatéral, régional et 
global.          
Une instabilité/ volaƟlité de plus en plus marquée
 : En 
l’absence d’un disposiƟf robuste de régulaƟon, les re‐
composiƟons géopoliƟques, dans un univers de plus en 
plus global et interdépendant, pourraient s’accompa‐
gner de la montée progressive de tensions et d’une aug‐
mentaƟon des conflits, tant au travers du risque de con‐
frontaƟons inter‐états qu’en raison de la progression de 
menaces asymétriques.     
Le risque de« vide stratégique » et d’extension des 
zones de fragilité ?
La consƟtuƟon de divers pôles 
autour des puissances émergentes à vocaƟon mon‐
diale (Chine, Inde) ou régionale (Brésil, Turquie) ou 
fondés sur des alliances pragmaƟques ne suffira pas 
en elle‐même à garanƟr un disposiƟf de régulaƟon 
du système internaƟonal. Il est même à craindre que 
la baisse de l’engagement de l’Union Européenne ou 
des Etats‐Unis non compenser par celui de puis‐
sances émergentes responsables laisserait un vide de 
pouvoir laissant le champ libre à des acteurs pertur‐
bateurs, qu’ils soient des états ou des organismes 
privés.     
Le risque d’extension des zones de fragilité ?
Comme 
dans tout système complexe, c’est à l’interface des 
différents sous systèmes ou zones d’influence que les 
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Reportage