page 28 - Numéro 269 du 25 mai 2012
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Point de vue
Risques pour l’euro
de la sortie d’un de ses membres
D
epuis des mois nous entendons parler d’une
possible sorƟe de la Grèce de la zone euro et
du retour de son ancienne devise.
Rappelons que la monnaie unique, l’Euro, a été créé en
1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Es‐
pagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg,
Pays‐Bas, Portugal.
Les pièces et billets que nous uƟlisons au quoƟdien ont
été mis en circulaƟon, le 1er janvier 2002.
La Grèce est entrée dans l’euro, un peu avant la mise en
circulaƟon des billets et pièces, en 2001.
Puis ce fut au tour de la Slovénie en 2007, de Chypre et
Malte en 2008, de la Slovaquie en 2009 et l’Estonie en
2011.
La décision de créer l’euro a été officialisée lors du traité
de Maastricht. CeƩe monnaie est gérée la Banque Cen‐
trale Européenne (BCE) dont le principal objecƟf est de
maintenir la stabilité des prix.
Si tout a été prévu pour l’entrée d’un nouveau pays dans
la zone euro, rien n’a été prévu pour son retrait. Les pays
de la zone euro ne peuvent pas exclure un de leur
membre, ce ne peut être qu’une décision d’un pays.
Depuis quelques jours les médias évoquent, à nouveau,
la possible sorƟe de la Grèce de l’euro.
La Grèce conserverait des deƩes en euros et relancerait
une monnaie locale, probablement non converƟble. Cela
lui poserait d’importants problèmes pour le financement
des importaƟons, mais sur le plan local rien d’insurmon‐
table. Par exemple, cela rendrait la Grèce aƩracƟve pour
les touristes.
Mais que se passerait‐il pour la zone euro ? Est‐ce que
l’euro pourrait conƟnuer son chemin, comme si de rien
n’était, avec un membre de moins ?
Sur le plan macro‐économique la réponse semble être :
NON
La confiance que l’on a dans une monnaie vient de la
confiance globale que l’on aƩribue à la zone où ceƩe
monnaie a cours.
On n’imaginerait pas, un seul instant, pour le Franc
Suisse, qu’un des Cantons sortent de la communauté
HelvéƟque. Pas d’avantage, de l’autre côté de l’Atlan‐
Ɵque, personne n’aurait l’idée de voir sorƟr un Etat des
Etats‐Unis d’Amérique et abandonner le Dollars.
C’est pour cela, que lorsqu’un canton Suisse, un Etats
des USA emprunte, on lui prête. Même la Californie, qui
depuis de longues années a un équilibre financier, dirons
‐nous, délicat, est toujours présente dans le Dollar et
peut toujours emprunter.
Mais si la Grèce sort de l’euro, que deviendront ses
deƩes en . . . euros ? Les créanciers pourront‐ils recou‐
vrer leurs créances sur ce pays ?
Au‐delà, ceƩe situaƟon inquiétera, naturellement, les
préteurs ayant des créances sur les autres pays de la
zone euro.
Simplement, parce que la sorƟe de la zone euro d’un de
ses membres, montrent qu’il n’y a pas une solidarité
sans faille comme avec le Franc Suisse ou le Dollar Amé‐
ricain.
Avec l’euro, cela signifierait : « je prête à un pays de la
zone euro, avec la puissance et la solidité de ceƩe mon‐
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