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page 27 - Numéro 269 du 25 mai 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Buvez du café, mais pas trop, pour vivre vieux
S
elon une étude publiée dans le New England Jour‐
nal of Medecine, boire régulièrement du café ré‐
duit la mortalité, selon le sexe, de 10 à 15 %.
Cela tombe bien car le café est la boisson la plus consom‐
mée dans le monde, après l'eau.
L'étude, dont les résultats viennent d'être publiés, a été
réalisée pour le compte de l'insƟtut américain du cancer
pendant 13 ans, sur un groupe de 400 000 personnes
âgées de 50 à 71 ans, ce qui en assure la fiabilité.
Elle a permis de constater une diminuƟon de la mortalité
de 10 % chez les hommes, à parƟr de 2 tasses de café bu
par jour, et de 15 % chez les femmes.
Cependant, le Professeur Neal Freeman qui a dirigé ceƩe
étude recommande de consulter son médecin sur sa con‐
sommaƟon personnelle, si l'on a des problèmes parƟcu‐
liers de santé qui peuvent en être affiées.
Le résultat de ceƩe étude n'a pas surpris le Professeur
Jean ConstanƟn, membre des académies de médecine et
de pharmacie, car pour lui, qui a dirigé pendant trente ans
une unité de recherche de neuro‐psychopharmalogie.
« Le café est une bonne drogue dans le sens où il y a une
addicƟon, on est plus éveillée, plus dynamique, plus per‐
formant.»
Pour le nutriƟonniste Jean‐Paul Blanc, le café est d'abord
un plaisir et il est sans danger nutriƟonnel du moment
que l'on n'en abuse pas, cependant, il est déconseillé aux
femmes enceintes et en tenant compte de la recomman‐
daƟon du Pr Neal Freeman, selon son niveau de consom‐
maƟon.
Toutefois, l'étude américaine n'a pas montré de réducƟon
de la mortalité due au cancer, alors qu'il y en a pour cer‐
taines autres grandes causes de mortalité comme les ma‐
ladies cardio‐vasculaires et respiratoires, le diabète et les
infecƟons.
Pour ce qui est du cancer, l'étude montre même une ten‐
dance à l'augmentaƟon du risque de mortalité, certes sta‐
ƟsƟquement non significaƟves pour les hommes qui pren‐
nent plus de 5 tasses de café par jour, ce qui serait à la
limite de la surconsommaƟon . . . raisonnablement sans
risques.
Pour être certain des résultats de leur étude, les cher‐
cheurs américains ont pris en compte les principaux fac‐
teurs suscepƟbles d'avoir une influence sur les résultats
de leur étude et en parƟculier celui de la consommaƟon
concomitante de café et de tabac.
Ils ont constaté que la mauvaise réputaƟon du café Ɵent
au fait que les buveurs de café sont aussi des fumeurs,
dont l'augmentaƟon du risque de mortalité qui y est liée,
plutôt qu'a la consommaƟon de café.
Un autre aspect à relaƟviser est celui de l'unité de compte
menƟonné dans l'étude « la tasse ».
Aux Etats‐Unis le café est proposé tout au le long de la
journée dans des carafes et servi dans des grandes tasses,
que l'on et peut comparer, au mieux à celui servis pour
nos peƟts déjeuner, alors qu'en France comme chez nos
voisins du Sud, on désigne par tasse de café un expresso
plus ou moins corsé.
Alors, partant du principe, au risque de nous tromper,
qu'une tasse de café américaine est équivalente, en
terme de consommaƟon de caféine à un expresso type
italien ou français.