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page 17 - Numéro 267 du 11 mai 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Le Japon,
Etat témoin de la sortie du nucléaire
T
raumaƟsé par la catastrophe de Fukushima, le Japon
se trouve désormais sans énergie nucléaire alors que
celle‐ci couvrait il y a un an, avant ceƩe catastrophe,
près de 30% de sa producƟon d'électricité et prévoyait de
porter progressivement la part du nucléaire à 50%.
Il faut rappeler que, pour ce qui est de la catastrophe de
Fukushima, ce n'est pas la technique du nucléaire qui est en
cause mais la sous‐esƟmaƟon du risque de séisme qui en
était à l'origine or, il faut le reconnaitre, celui‐ci était d'une
ampleur, comme le tsunami qui s'en est suivi, d'une force
inconnue dans le passé.
CeƩe catastrophe a produit le branle bas de combat que
l'on peut imaginer dans tous les pays qui exploitent des cen‐
trales nucléaires et, notamment en France, qui en exploite
54.
Les centrales françaises ont toutes fait l'objet d'un contrôle
de sécurité excepƟonnel qui a porté plus spécialement sur la
résistance des installaƟons à une catastrophe naturelle, en
vue de leur mainƟen en foncƟonnement.
Ainsi, notre plus ancienne centrale, celle de Fessenheim en
Alsace, qui est située sur une faille géologique, a vu son
autorisaƟon de foncƟonnement prolongée de 10 ans.
Elle reste cependant dans le collimateur des écologistes qui
demandent son arrêt immédiat, ce dont il n'est pas ques‐
Ɵon, sauf décision poliƟque.
Un certain nombre de pays, faiblement tributaire de l'éner‐
gie nucléaire, ont annoncé vouloir y meƩre fin rapidement,
alors que l’Allemagne a décidé d'arrêter immédiatement les
8 les plus anciens réacteurs de son parc.
Cependant, il n'est pas certain, nécessité oblige, qu'elle n'en
remeƩra pas en service quelques uns.
Pour le moment, l'Allemagne fait tourner à fond ses cen‐
trales thermiques foncƟonnant au charbon, dont elle est
largement pourvue, bien qu'étant largement en avance sur
nous dans le domaine des énergies renouvelables.
Nos regards doivent se tourner vers le Japon pour voir com‐
ment se pays, grand consommateur d'énergie, va pouvoir se
passer du nucléaire, après avoir arrêté toutes ses centrales,
pour entreƟen dit‐on !
Aujourd'hui, sa producƟon d'électricité dépend à 90% des
importaƟons de pétrole et de gaz, qui font tourner des cen‐
trales thermiques, importantes émeƩrices de gaz à effet de
serre et ce au prix d'énormes sacrifices financiers, tout en
perturbant sérieusement les marchés.
CeƩe quesƟon mise à part, les écologistes, soucieux de la
luƩe contre le réchauffement climaƟque ne peuvent pas se
réjouir de ceƩe situaƟon.
Par ailleurs, en cas de risque de coupures de courant, le Ja‐
pon remeƩra progressivement en service ses centrales.
La situaƟon de la France, si elle voulait sorƟr rapidement
sorƟr du nucléaire est autrement plus difficile, car 75 % de
sa producƟon d'électricité en dépend.
Elle en sorƟra évidemment un jour, mais pas avant long‐
temps, en aƩendant de trouver de nouvelles sources de
producƟon massive d'électricité, ce qui n'est pas le cas, dans
leur état actuel, de l'éolien et du solaire.
Les écologistes recommandent à juste Ɵtre de faire des éco‐
nomies d'énergie, ce qui est déjà, du fait des travaux d'isola‐
Ɵon dans le bâƟment et de l'amélioraƟon des performances
énergéƟques des nouveaux matériels, largement le cas.
Cependant, les économies d'énergie sont compensées par
de nouveaux besoins.