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Un grand débat public entravé : celui de l

Un grand débat public entravé : celui de l’infiniment petit

Article lu 17553 fois, depuis sa publication le 09/04/2010 à 10:00:00 (longueur : 4012 caractères)


Le grand débat autour des nanotechnologies, ouvert le 15 octobre 2009 et clos le 23 février 2010, avait pour objet, en 17 réunions organisées à travers la France, de débattre non seulement des perspectives socio-économiques du développement des nanotechnologies, mais aussi de leurs enjeux sanitaires, environnementaux et éthiques.
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Cependant, ce grand débat s’est trouvé en butte à d’inquiétantes entraves, déplorées par Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat en charge de l’Ecologie.
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Mais avant d’aller plus loin, il convient de rappeler que les nanotechnologies on trait à la fabrication ou l’utilisation de matériaux, de dispositifs ou de systèmes ayant des dimensions comprises entre 1 et 100 nanomètres, en sachant qu’un nanomètre est une unité de mesure équivalent à un milliardième de mètre.
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Il s’agit bien de l’infiniment petit, imperceptible par l’œil humain.
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Le gouvernement a lancé ce débat public sur les options générales en matière de développement et de régulation des nanotechnologies, en application des engagements du Grenelle de l’environnement, voulu par tous les acteurs, associations, syndicats, acteurs économiques et experts.
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Il ne s’agit en aucun cas d’un débat de portée théorique, car certaines des applications font déjà partie de notre quotidien, dans le domaine de l’électronique, des matériaux de construction, des cosmétiques, de l’habillement et des transports, notamment. #
Les entreprises ne se tournent pas sans raison vers les nanotechnologies, mais parce que celle-ci permettent de réduire les coûts de fabrication en les rendant totalement automatiques, tout en en éliminant les défauts.
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Les nanotechnologies ouvrent de nombreuses perspectives, pratiquement dans tous les domaines, mais leur développement n’est pas exempt de risques, d’où l’un des l’intérêt du débat, qui finalement n’a pratiquement pas pu avoir lieu.
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Chantal Jouanno qui avait, en sa qualité de secrétaire d’Etat à l’Ecologie, la charge de conduire ces débats, a vivement critiqué l’entrave mis au déroulement du débat public.
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Pour elle, briser l’élan de la parole, empêcher les débats publics et l’information, sont les voies les plus redoutables de la tyrannie, obscurantiste, qui a bloqué le débat.
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En fin de compte, elle y a vu un déni de la démocratie.
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Cependant, Chantal Jouanno n’a pas renoncé à défendre l’intérêt d’un tel débat, bien qu’avorté, dans la mesure affirme-t-elle, que le développement des sciences et des technologies, dont les nanotechnologies en sont une application, est encouragé par notre société.
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C’est à notre société de refuser que les applications de la science deviennent incontrôlables, alors que le débat est une voie de régulation, en permettant de discuter et de fonder nos choix collectifs.
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C’est pour cette raison que le gouvernement a voulu mettre en place un inventaire obligatoire de toutes les utilisations connues des substances nanoparticulaires dans le projet de loi Grenelle 2, en pensant avoir besoin d’un débat ouvert où chaque citoyen puisse s’exprimer, interroger et mesurer les risques.
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Il faut croire que c’était une fausse bonne idée dans la mesure où le « grand public » n’est pas familiarisé avec les nanotechnologies et ne se sent pas non plus concernés car il n’en sent pas les effets dans sa vie de tous les jours.
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Par contre, ceux qui ont, pour des raisons obscures, voulu empêcher le déroulement des débats, y ont réussi. Mais pour quel résultat ?
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Rien n’empêche aujourd’hui le gouvernement de faire l’inventaire des applications présentes et futures des nanotechnologies et de poursuivre sa politique de soutien dans ce domaine, qui n’a pas fini d’être exploré.
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Nous pensons en particulier aux assureurs, à qui on demandera un jour de couvrir les risques des nanotechnologies, dans les domaines aussi délicats que la responsabilité civile et qui auront besoin d’en savoir nettement plus, que ce qui est connu actuellement des risques qu’ils présentent pour l’environnement et pour la santé.



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