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L’enquête sur le naufrage du Costa Concordia, près de l’île italienne du Giglio, se rapprochait mercredi de la compagnie propriétaire, Costa Crociere, qui s’est défendue en assurant avoir été mal informée par le commandant de l’ampleur du drame.
Les recherches des 16 personnes portées disparues -- à côté d’un bilan de
16 morts dont 10 ont été identifiés officiellement -- se sont poursuivies dans l’épave.
Toutefois, "il faudrait un miracle pour trouver encore quelqu’un de vivant", a admis le commissaire en charge de la catastrophe Franco Gabrielli, tout en promettant que les recherches "continueront tant que nous n’aurons pas inspecté toutes les parties du navire qui peuvent l’être".
Selon M. Gabrielli, certains corps pourraient être retrouvés seulement lorsque l’embarcation aura été remise à flot ou découpée en morceaux. Les conditions de salubrité avec des problèmes d’oxydation et de putréfaction dans l’eau rendent les recherches très difficiles et lentes.
Par ailleurs, le pompage du carburant qui fait peser le risque d’une marée noire n’était pas prévu avant samedi, mais la compagnie néerlandaise Smit Salvage a déjà positionné ses équipements près du Concordia.
Sur le plan judiciaire, le procureur en chef du parquet de Grosseto, Francesco Verusio a rencontré mercredi son homologue de Florence, Beniamino Deidda, qui avait recommandé via les médias de ne pas se focaliser sur le commandant et d’examiner les responsabilités de Costa.
"L’employeur est responsable. Nous devons nous pencher sur les choix faits par l’opérateur", y compris lors du recrutement du commandant, avait-il déclaré M. Deidda, relevant aussi des lacunes dans le fonctionnement des chaloupes de sauvetage et la préparation du personnel.
Le rôle éventuel de dirigeants de Costa avec lesquels le commandant aurait été en contact juste après l’impact avec un rocher, a aussi été évoqué par l’avocat de Francesco Schettino, Bruno Leporatti.
Devant une commission du Sénat italien, le patron de Costa, Pier Luigi Foschi, a rejeté ces soupçons, en expliquant que M. Schettino avait trompé la compagnie sur la gravité de l’accident. Pour M. Foschi, il n’aurait de toute façon pas dû naviguer "à 16 nœuds (30 km/h) à 300 mètres de la côte".
A l’appui de ses dires, M. Foschi a fourni un compte-rendu, minute par minute, des échanges entre M. Schettino et Roberto Ferrarini, chef de l’unité de crise de Costa Crociere.
Autre front judiciaire possible: une avocate italienne connue, Giulia Bongiorno, a annoncé vouloir porter plainte au nom d’une trentaine de passagers contre la direction de Costa, qui devra "répondre de cette tragédie, pas seulement au civil".
Par ailleurs, deux avocats de rescapés ont lancé leur propre enquête pour vérifier "les éventuelles responsabilités de Costa et des capitaineries de port pour leur tolérance de la pratique insensée de l’+inchino+", le salut à la côte au cours duquel les navires s’approchent très près du rivage.
Une autre plainte en nom collectif regroupant plus de 150 passagers contre la maison-mère de Costa, le groupe américain Carnival, devait aussi être déposée mercredi à Miami (Floride) par l’association italienne de consommateurs Codacons et deux cabinets américains. Ils comptent réclamer au moins 125.000 euros de dédommagement par personne.
M. Schettino et son second, Ciro Ambrosio, sont pour l’instant les deux seules personnes poursuivies pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire. M. Schettino, après avoir été détenu, est assigné à domicile et M. Ambrosio a été laissé en liberté.
Dans un appel téléphonique passé à un ami avant son arrestation et enregistré à son insu, il rejette la faute de l’accident sur d’autres personnes non identifiées dont un "manager", affirmant avoir "suivi son conseil" quand celui-ci lui disait: "passe par là".
"Tous les vendredis nous passions au dîner et là, parce qu’ils nous ont emmerdé pour saluer (la côte…), voilà où nous en sommes, et c’est moi qui paye pour tout", a déclaré Schettino selon les médias.
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ILE DU GIGLIO (Italie), 25 jan 2012 (AFP) - Par Gildas LE ROUX
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