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Plateforme d’Elgin: Greenpeace sur place, Total prépare son plan d’action

Article lu 12354 fois, depuis sa publication le 02/04/2012 à 12:57:10 (longueur : 4249 caractères)


Un bateau de Greenpeace a effectué des tests lundi à proximité de la plateforme d’Elgin, théâtre d’une importante fuite de gaz, alors que Total devait rencontrer l’autorité de régulation britannique pour lui soumettre son plan d’action.
Le "Koenigin Juliana" est arrivé vers 06H00 à la limite de la zone d’exclusion de 3,7 km instaurée en raison des risques d’explosion autour de la plateforme du champ d’Elgin, situé à 240 km des côtes écossaises, selon un photographe de l’AFP présent à bord.
Greenpeace a commencé à effectuer des prélèvements pour mesurer l’impact de la fuite sur l’environnement. Son bateau devrait rester sur place jusqu’en fin d’après-midi.
"Nous avons fait des tests de qualité de l’air et nous prélevons maintenant des échantillons d’eau", a indiqué Michael Meyer, chargé de la logistique au sein de l’organisation.
"Il y a du pétrole sur l’eau" mais celui-ci est "fragmenté en raison du vent et des vagues", a-t-il affirmé.
D’après le photographe de l’AFP, une légère odeur de gaz est perceptible dans cette zone et une irisation est visible sur les vagues.
Interrogé à ce sujet, une porte-parole de Total a démenti la présence de
pétrole: "il s’agit de condensat de gaz, un condensat léger qui ne pose pas de risque significatif pour les oiseaux marins ou le reste de la vie sauvage".
Juste après la découverte de la fuite il y a huit jours, Total avait indiqué que lorsque celle-ci s’était produite, du liquide s’était échappé d’abord, entraînant la formation d’une nappe fine d’hydrocarbures d’environ 12 km2. Mais ce condensat est censé, selon lui, s’évaporer.
Même si le site laisse toujours échapper environ 200.000 m3 de gaz par jour, Total a qualifié "l’impact sur l’environnement" de "relativement négligeable".
Après l’extinction d’une torchère qui avait continué à brûler pendant plusieurs jours, rendant la plateforme inaccessible en raison des risques de déflagration, le groupe se concentre maintenant sur l’intervention nécessaire pour tenter de colmater la fuite.
Dans un premier temps, "Total met en place un plan qui permette à une équipe de se rendre en sécurité sur la plateforme" pour faire un état des lieux, a confirmé la porte-parole.
Cette équipe inclura des experts de la société américaine "Wild Well Control", spécialiste des interventions d’urgence sur les puits. Elle a notamment travaillé sur les puits en feu au Koweït pendant la première guerre du Golfe.
Total devait rencontrer dans la journée à Aberdeen des représentants de l’autorité de sûreté britannique, Health and Safety Executive (HSE), à qui elle a soumis son plan d’action et une évaluation des risques.
La HSE n’a fourni aucune précision sur l’heure de la rencontre ou ce qu’il fallait en attendre.
Son avis est purement consultatif, mais Total a déclaré qu’il attendait son approbation avant d’envoyer une équipe.
L’étape suivante sera pour Total le colmatage de la fuite, avec deux scénarios toujours privilégiés: l’injection directe de boues dans le puits concerné, l’option la plus rapide mais qui requiert l’intervention de techniciens sur la plateforme, et le forage de puits de dérivation pour détourner le gaz, une opération très longue (jusqu’à six mois) qui implique de creuser des kilomètres de roches, l’origine de la fuite se trouvant à environ
4.000 m en-dessous du plancher marin.
La fuite d’Elgin, de l’aveu même de Total, est le "plus gros incident en mer du Nord" auquel le groupe ait été confronté "depuis au moins dix ans".
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A BORD DU KOENIGIN JULIANA (Royaume-Uni), 2 avr 2012 (AFP) - Par Jonathan NACKSTRAND
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