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La compagnie d’électricité japonaise Tokyo Electric Power (Tepco) a reçu lundi pour la deuxième fois des journalistes à la centrale accidentée Fukushima Daiichi, confirmant l’état d’arrêt à froid des réacteurs du site où oeuvrent chaque jour 3.000 personnes.
Revêtus de combinaisons blanches, gants et masques intégraux, les reporters ont été conduits vers le complexe atomique endommagé à partir de J-Village, un ex-site sportif à la frontière de la zone interdite transformé en centre de préparation pour les travailleurs.
Après avoir traversé des villes désertées, le groupe a pénétré dans l’enceinte de la centrale, le niveau de radioactivité s’élevant au fur et à mesure pour atteindre 15 microsieverts par heure à la porte du site, puis 40 microsieverts par heure à l’entrée du centre de gestion de crise, contre 0,05 à 0,15 microsievert par heure en un lieu non contaminé.
Les niveaux peuvent atteindre 1.500 microsieverts par heure à proximité du réacteur 3, le plus endommagé des six que compte la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.
Accueillant les journalistes sur place à trois semaines du premier anniversaire de cette tragédie, le directeur de Fukushima Daiichi, Takeshi Takahashi, visiblement très fatigué, a d’abord présenté ses excuses pour les dommages causés à la population.
Il a en outre confirmé l’état d’arrêt à froid des réacteurs. Ce maintien durable de la température à l’intérieur des cuves sous 100 degrés Celsius est assuré par un refroidissement constant, conformément à l’annonce faite au mois de décembre par le gouvernement, a-t-il souligné.
Les problèmes de remontée apparente de température au réacteur 2 constatés au début du mois n’étaient pas dus à un réchauffement mais à une panne d’un thermomètre, a-t-il insisté.
"La centrale est désormais en état d’arrêt à froid et nous allons à présent faire tous les efforts pour permettre à des habitants évacués de revenir chez eux le plus vite possible", a-t-il déclaré.
"Notre principal défi désormais est d’extraire le combustible des réacteurs. C’est techniquement un problème extrêmement complexe, mais nous voulons le prendre en charge étape par étape", a-t-il expliqué.
Le combustible nucléaire, non refroidi dans les heures suivant le tsunami, a fondu dans trois des quatre réacteurs accidentés. Il faudra au moins dix ans avant de commencer à pouvoir l’en retirer, en inventant des techniques nouvelles.
Le combustible usé situé dans la piscine de désactivation du quatrième réacteur devrait pour sa part pouvoir commencer d’être récupéré dans deux ans.
En attendant, quelque 3.000 salariés de diverses entreprises et de Tepco s’activent dans le complexe, en permanence habillés de tenues dignes de celles de cosmonautes.
Les conditions se sont améliorées, mais le temps de travail est encore limité à deux ou trois heures par jour, a témoigné un chef d’équipe de l’entreprise de construction Kajima Kensetsu.
Le démantèlement de cette centrale condamnée exigera un personnel permanent et environ 40 ans de travaux.
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FUKUSHIMA DAIICHI (Japon), 20 fév 2012 (AFP)
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