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Haro sur le gaz, les nergies renouvelables  la recherche de plus de financements

Haro sur le gaz, les énergies renouvelables à la recherche de plus de financements

Article lu 15645 fois, depuis sa publication le 25/11/2022 à 12:09:49 (longueur : 10884 caractères)


La pénurie de gaz nous guette-t-elle ? Cette menace nourrit en tout cas la réflexion autour de notre résilience et du besoin d'investir en conséquence dans les énergies renouvelables.

En mars 2022, l'Institut Rousseau publiait son rapport « 2% pour 2 degrés ». Il évaluait à 182 milliards d'euros annuels les investissements publics et privés nécessaires pour atteindre la neutralité carbone de la France en 2050. Depuis, la guerre en Ukraine a fait naître l'inquiétude sur l'approvisionnement gazier de l'Europe à moyen comme à long terme. Cette situation rend d'autant plus urgent le passage aux énergies renouvelables, que le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres a qualifié de « garantes de la paix au XXIesiècle ». Pour être effectif, cette transition doit mobiliser l'ensemble des acteurs de la société. Au-delà d'institutions publiques comme la Banque européenne d'investissement, plusieurs leviers existent pour répondre, à différentes échelles, aux besoins en financements. Exemples concrets.

Crowdlending, le prêt citoyen


Le prêt aux entreprises, ou crowdlending, est une branche du crowdfunding. Il consiste « à prêter directement aux TPE/PME pour financer leur croissance ». Les investisseurs reçoivent à échéances régulières un rendement qui représente une partie du capital. Lendopolis a été créé en appui aux besoins de fonds pour les projets d'énergies renouvelables afin d'appuyer la transition énergétique. Filiale de La Banque Postale, il se présente comme l'un des principaux acteurs du crowdlending en France. Lendopolis propose de cofinancer des projets d'énergies renouvelables auprès d'acteurs bancaires et de développeurs et de « bénéficie[r] de rendements attractifs » par ce biais. La plateforme propose de financer des centrales solaires, des parcs éoliens ou des unités de stockage à partir de vingt euros. Réservées aux particuliers, les collectes de fonds sont encadrées par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). L'État garantit aux développeurs d'un projet un tarif de rachat de l'énergie sur le long terme en l'échange de l'ouverture d'une partie des financements à des riverains du département du projet ou des départements limitrophes. Ce cofinancement des EnR proposé par Lendopolis repose en outre sur le mécanisme du crowdequity.

Le crowdequity, ou encore financement participatif en actions, permettent d'investir dans les entreprises en échange d'une partie de leur capital. En d'autres termes, le financeur détient par la suite une partie de l'entreprise. Lendopolis précise que seuls certains projets entrent dans le cadre du crowdequity, comme la construction de centrales solaires. La condition sine qua non pour qu'un projet implémente cette pratique consiste à impliquer des citoyens dans son financement. Cela permet par la suite au développeur, qui détient 60% de la société, de bénéficier d'un tarif de rachat préférentiel de son énergie, en plus d'inciter des riverains à soutenir le financement des énergies renouvelables. Outre les actions non cotées, les projets proposés par Lendopolis relèvent de plusieurs types de financement : obligation, obligation convertible (en actions), ou minibon. Depuis 2014, Lendopolis rapporte avoir collecté plus de 157 millions d'euros, une somme inférieure à ce que peut lever le private equity mais qui est encourageant quant à son modèle grand public.

Private equity, l'investisseur-accompagnateur


Le private equity (capital-risque ou capital-investissement en Français) consiste à prendre une participation dans une société non cotée en bourse, puis de la revendre avec une plus-value potentielle. Durant le laps de temps entre prise de participation et revente, l'intérêt d'une société de gestion spécialisée en private equity est bien évidemment d'augmenter la valeur de l'entreprise de façon substantielle et pérenne. Le private equity repose de fait sur l'accompagnement stratégique des sociétés dans lesquelles une participation est prise, au-delà de la question du seul investissement financier. Ardian est ainsi une société de gestion qui gère 141 milliards de dollars d'actifs et accompagne les entreprises en participation dans leur stratégie de développement. Présent dans les énergies renouvelables depuis quinze ans, Ardian dispose de 7,6 GW de projets de ce type répartis en Europe et aux Amériques. Le financement des énergies renouvelables est en effet l'un des piliers de sa stratégie de développement durable. Dans son rapport annuel dédié, le fonds résumait ainsi son ambition dans la lutte contre le changement climatique, en résonance avec l'Accord de Paris : « Nous voulons mener la transition vers une économie sobre en carbone. » Ardian précise que les deux tiers des entreprises en portefeuille de son programme d'engagement ont intégré des initiatives climatiques à leurs feuilles de route, et que plus de 50% de celles de ses portefeuilles « Buyout » et « Expansion » utilisent déjà des sources d'énergies renouvelables. Pour Expansion par exemple, Ardian rapporte que « 62% des sociétés utilisent au moins une énergie renouvelable, contre 30% lors de l'acquisition ». Les trois quarts des fonds d'Ardian en cours de levée sont en outre classés articles 8 et 9 du règlement européen SFDR, soit respectivement une promotion des caractéristiques environnementales et sociales dans leur stratégie d'investissement, et un objectif principal d'investissement durable.

Ardian a récemment choisi de lever un milliard d'euros supplémentaires en faveur de la transition énergétique. Au début du mois d'avril, le nouveau fonds permanent « Ardian Clean Energy Evergreen Fund » (ACEEF) se donnait pour objectif premier de se consacrer intégralement aux énergies renouvelables. En s'appuyant sur son expertise et sa réputation, Ardian souhaite inciter les investisseurs privés à répondre aux besoins dans ce domaine, à raison de 150 millions d'euros maximum pour chaque investissement du fonds. Entre avril et juin, ce nouveau fonds a déjà levé 500 M€, directement investis dans une douzaine d'actifs solaires et éoliens, avec une extension prochaine aux autres sources d'énergies renouvelables. Pour sécuriser les actifs, le fonds a annoncé qu'Evergreen s'appuiera sur Opta, une plateforme de suivi en ligne développée par l'entreprise. Cet outil, rapporte Ardian, suit précisément les tendances de production-consommation pour optimiser la performance des actifs, ainsi que l'évolution des risques du marché, « dans un environnement où les mesures de soutien aux renouvelables se réduisent ». Dès lors, dans ce contexte, le secteur bancaire constitue un troisième levier de financement, complémentaire au crowdlending et au private equity.

Bancaire-obligataire, le (co)financeur


L'activité bancaire fait dans certains cas de la question énergétique son cheval de bataille. La banque néerlandaise Triodos se qualifie de « première banque durable au monde ». Ses prêts et ses investissements sont réservés à des organisations qui augmentent leur utilisation de renouvelables ou cherchent à promouvoir l'efficacité énergétique. La capacité totale de ses quelques 600 projets de production d'électricité s'est élevée à 6 GW en 2021. En pratique, Triodos propose des solutions sur mesure pour divers acteurs au moyen de son « Project Finance ». Le financement d'un projet industriel de production s'y effectue au travers d'une société de projet, avec des modalités de remboursement adaptées selon le secteur et le projet en question. Le crédit bancaire est ensuite remboursé au moyen des revenus d'exploitation générés par le projet. En 2017, le site Clean Energy Pipeline avait classé Triodos à la première place des « lead arrangers » « en nombre de deals arrangés en financement de projets ». Le Partnership for Carbon Accounting Officials (PCAF), un partenariat industriel créé dans la foulée de l'Accord de Paris, avait quant à lui mis en avant le Project Finance de Triodos comme exemple de « meilleures pratiques ».
Le but affiché de Triodos est d'être un acteur de poids pour promouvoir et piloter « la transition vers une économie bas carbone et résiliente sur le plan climatique ». Cet acteur finance donc exclusivement le secteur des EnR, et plus précisément le solaire, l'éolien et l'hydraulique, au travers de sa branche belge. Il figure en première position du classement mondial des banques pour le financement de projets d'énergies renouvelables, avec un montant de 433 millions de dollars. En 2021, le secteur environnemental a représenté 27% de l'encours total des crédits et des investissements de fonds auprès de Triodos. En octobre de la même année, la banque a émis sa première obligation verte subordonnée de 250 millions d'euros avec une échéance de 10,25 ans et un coupon – versement périodique d'un intérêt – de 2,25%. Les fonds levés au travers de ce mécanisme sont utilisés pour (co)financer des crédits dans les énergies renouvelables, la gestion durable des ressources naturelles vivantes, l'occupation des sols ainsi que les bâtiments écologiques.



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