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Chez la femme souffrant de syndrome néphrotique, la grossesse est une situation à risques. Le projet d’enfant et/ou le déroulement de la grossesse doit faire l’objet d’un suivi étroit entre la patiente, son néphrologue et son obstétricien.
Qu’est-ce qu’un syndrome néphrotique ?
Le syndrome néphrotique se caractérise par un mauvais filtrage du sang, au niveau des reins. Il peut être de nature héréditaire ou consécutif à une maladie auto-immune (un lupus, par exemple), une maladie infectieuse (hépatite), une maladie métabolique (diabète), à une intoxication médicamenteuse, etc.
Un premier bilan déterminera quelques causes probables de ce syndrome.
Si ce bilan n’est pas suffisant, le recours à une biopsie rénale permettra d’en compléter le tableau clinique. Le syndrome néphrotique sera dit « pur » dans les cas suivants : absence d’hématurie, pas d’hypertension artérielle, pas d’insuffisance rénale et une protéinurie sélective. Dans tous les autres cas, il sera dit « impur ». Chez l’adulte, le syndrome néphrotique est caractérisé par les taux suivants :
- Protéinurie à 3,5g/ 24 heures
- Hypoprotidémie inférieure à 60g/l et hypoalbuminémie inférieure à 30g/l
Il s’accompagne parfois d’œdèmes.
Syndrome néphrotique et grossesse
Comme dans toutes pathologies rénales, une grossesse lors d’un syndrome néphrotique doit être programmée en dehors des poussées de la maladie. Les risques doivent être clairement exprimés à la patiente, les impératifs aussi pour améliorer les chances de réussite. Selon le type de syndrome néphrotique en cause, le pronostic sera plus ou moins optimiste du point de vue fœtal et maternel, mais chaque cas reste individuel.
Dangers pour la mère
La grossesse a-t-elle une influence sur l’évolution de la maladie ? Outre le cas où la grossesse déclenche le syndrome néphrotique, il semblerait que l’évolution de celui-ci soit liée principalement au taux de créatinine :
- en dessous du seuil de 135 ?mol/L, le risque est nul
- au-dessus de 170 ?mol/L, il est susceptible de s’aggraver de manière irréversible pour un quart des patientes.
Le risque de pré-éclampsie quant à lui est majoré, si la patiente souffre d’hypertension artérielle avant même d’être enceinte : la pré-éclampsie débute lors de la 16ème semaine d’aménorrhée, pour se déclarer véritablement au cours du troisième trimestre, au travers d’une protéinurie et d’une hypertension artérielle. Bien que cette situation soit réversible, elle entraîne des risques maternels et fœtaux non négligeables. Ces problèmes peuvent en partie être maîtrisés par des traitements préventifs, non nocifs pour le fœtus.
Dangers pour l’enfant
Les risques encourus par l’enfant sont la mort fœtale in utero, une croissance insuffisante (générale ou d’un ou plusieurs organes) ainsi que la prématurité.
Ces risques sont corrélés bien sûr à l’état de la mère, durant la première moitié de sa grossesse, notamment au niveau :
- de son hypertension artérielle
- de la situation de son syndrome néphrotique,
- mais également de l’insuffisance rénale présente ou non avant la conception.
Plus la maladie est maîtrisée avant et pendant la grossesse, meilleur est le pronostic pour l’enfant.
Suivi médical
Confronté au désir de maternité de sa patiente, aussi légitime soit-il, le néphrologue peut se montrer très réticent. Dans tous les cas, une grossesse se déroule plus favorablement lorsque la maladie est en rémission et stabilisée. Dans l’idéal, elle doit débuter en l’absence d’insuffisance rénale et d’hypertension, mais également sans protéinurie ou avec une protéinurie maîtrisée.
Dans une grossesse en cours, volontaire ou accidentelle, il importe de surveiller de près l’hypertension artérielle, ainsi que les taux d’albuminémie et de créatininémie. Des traitements médicamenteux peuvent permettre de gérer ces paramètres. L’idéal est d’être suivie dans une maternité de type III, conçue pour les grossesses présentant des risques : ces maternités disposent d’unités néonatales.
Le syndrome néphrotique n’est pas totalement incompatible avec le désir d’enfant, mais il nécessite des précautions et parfois beaucoup de patience, le temps de stabiliser l’état de la future maman. Dans tous les cas, le néphrologue et l’obstétricien en charge de la grossesse devront être en liaison constante, pour assurer le bon déroulement de celle-ci.
Pour en savoir plus, sur FranceMédecin : http://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=3009131308

SOURCES
http://www.em-consulte.com/article/22658/grossesse-au-cours-des-maladies-renales-chroniques
http://www.med.univ-montp1.fr/enseignement/cycle_2/MIC/Ressources_locales/Nephrologie/328_synd-nephro.pdf
http://asso.orpha.net/AMSN/doc/CRConfAMSN2007Creteil.pdf
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