RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 3 - Numéro 429 du 15 janvier 2016
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Edito
nu les permis et autorisations nécessaires, a abandonné son projet, faute de pouvoir atteindre la rentabilité attendue.
Entre-temps, du fait de la croissance continue de la production, de l’exploitation des hydrocarbures non convention-
nels en Amérique du Nord, combiné avec la baisse de la demande imputable à la crise économique, les cours du pé-
trole brut se sont effondrés subitement.
Les pays producteurs et notamment ceux du Golf, dont l’extraction du pétrole de gisements sur terre et peu profonds
est la moins chère au monde, ont engrangé, pendant des années des profits considérables, en voyant encore le pé-
trole doubler de prix dans les années à venir, ont organisé leur économie en fonction de cette manne qui vient bruta-
lement de s’effondrer sous leurs yeux.
D’autres, moins bien doté avaient aussi fondé leur économie sur la rente pétrolière et sont aujourd’hui au bord de
l’abîme financier et sont obligés de maintenir leur offre, pour éviter l’asphyxie.
C’est dans ce contexte que l’Organisation des pays producteurs de pétrole, l’OPEP a décidé de ne plus fixer de plafond
de production, ce qui ne fait qu’accélérer la chute des cours.
D’ailleurs, le premier producteur mondial, l’Arabie Saoudite, qui, dispose de centaines de milliards de dollars de ré-
serves financières, de quoi tenir des années, a basé son budget 2016 sur un prix du baril de 26 dollars, au moment où
il était encore à 35 dollars, tout en annonçant les premières mesures d’austérité.
Les bénéficières de la chute du cours du pétrole sont les pays importateurs et en France, le prix à la pompe du gazole
est tombé sous la barre d’un euro le litre, ce qui a permis au gouvernement d’augmenter, comme il sait le faire, les
taxe sur les carburants.
Cependant, la baisse du prix du pétrole risque d’avoir un effet négatif sur la lutte contre le réchauffement climatique,
qui passe par la substitution des énergies renouvelables aux énergies fossiles, voire par le nucléaire, pour assurer la
soudure.
Le credo des investisseurs étant la rentabilité, le retour sur investissements, le pétrole cher rendait la production
d’électricité à partir du solaire, de l’éolien de plus en plus compétitif, grâce par ailleurs aux progrès techniques accom-
plis.
Le nucléaire, dont on ne pourra pas se passer revient de plus en plus cher, il faut réhabiliter les centrales vieillissantes,
provisionner leur frais de déconstruction et financer la construction de nouvelles centrales, dont les coûts ne sont pas
encore maîtrisés.
Tout ceci était facilité par un pétrole cher, malgré le recours au charbon en Asie, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui,
avec des prix bradés.
Le cartel du pétrole parle de la remontée du prix du baril à 70 dollars en 2020 et à 100 dollars en 2040, ce qui suppose
un rationnement par la chute de la production, s’il en a les moyens et si on laisse faire.
C’est l’une des difficultés sur le chemin de la mise en oeuvre du traité international qui vient d’être conclu à Paris.
Erik Kauf
Rédacteur en Chef