n°429 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 15 janvier2016 - page 2

L’action de la société civile pour le climat est
contrecarrée par la baisse du prix du pétrole
L
ancé par le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon lors du sommet de New-York en septembre 2014, «
l’Agenda des solutions » est destiné à mobiliser la société civile pour la défense du climat.
Cette initiative a déclenché un vaste mouvement de mobilisation de la société civile, comme témoigne le foisonnement
des initiatives de collectivités locales, d’entreprises, de syndicats, d’ONG, d’institutions financières et scientifiques.
L’Agenda des solutions compte aujourd’hui dans le monde quelque 11 000 engagements concrets de 2 250 villes, 2025
entreprises, 425 investisseurs et 235 ONG.
Il faut y ajouter 70 initiatives collectives dans le domaine de l’eau, de la forêt, des transports, du bâtiment et des éner-
gies renouvelables.
En clôturant le 5 décembre 2015 l’Action Day, Ban Ki-Moon avait déclaré « l’évolution vers une économie à basses
émissions est en route et la société civile se mobilise comme jamais auparavant ».
Cette dynamique est appelée à se poursuivre et deux personnalités doivent être désignées par les deux présidents
successifs de la COP, celui de la France pour la COP 21 et celui du Maroc pour la COP 22 qui se tiendra à Marrakech
cette année, pour inciter la société civile de continuer d’agir.
Deux rencontres internationales des acteurs non étatiques sont prévues en 2016, un sommet Action Climat, les 5 et
6 mai à Washington, à l’initiative de l’ONU et un autre, Climat Chance du 26 au 28 septembre à Nantes, organisé par
les acteurs non étatiques.
Comme on le sait, le réchauffement climatique est alimenté par les émissions de gaz à effet de serre provoqué par la
combustion croissante d’énergies fossiles, le charbon et les hydrocarbures liquides et gazeux.
Au milieu du 20ème siècle, le monde était persuadé que les hydrocarbures finiront par manquer, ce qui a conduit, en
1975 les pays producteurs à s’unir et à multiplier les prix par cinq, d’où un premier choc pétrolier, très mal ressenti par
l’économie des pays consommateurs, en particulier en France.
Puis les hausses se sont poursuivies, le baril de brut, qui se vendait 2 dollars le baril en 1960 a franchi en quelques
années la barre des 100 dollars et le prix du gaz naturel, indexé à celui du pétrole a suivi.
Cette hausse continue a incité les entreprises pétrolières à lancer de nouvelles recherches, notamment en mer, dans
des zones jugées difficilement accessibles.
De plus, le prix atteint par le baril les a incités à exploiter des gisements de pétrole et de gaz non conventionnels,
comme les schistes bitumineux au Canada et gisements de pétrole de schiste par fracturation hydraulique, aux Etats
Unis, mais interdite en France à cause des risques que cette technique présente pour l’environnement.
Un géant du pétrole avait même envisagé, il y a encore peu, de forer sous la banquise de l’Arctique, et après avoir obte-
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