RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Abonnement gratuit sur
page 40 - Numéro 427 du 11 décembre 2015
Dossier COP 21
Laurent Fabius a affiné sa méthode pour aboutir
à un accord à l’arraché à la COP 21
E
n dépit des difficultés multiples qui se sont dres-
sées sur son chemin, l’équipe de négociation de
Laurent Fabius dispose désormais d’un projet
d’accord de 43 pages, obtenu à l’arraché.
Ce texte intègre les propositions de compromis sur
chaque grand chapitre de la négociation, notam-
ment sur l’adaptation au changement climatique et
au financement.
Une centaine de ministres, issus des 195 Etats de
la Convection cadre de l’ONU se sont saisis de ce
document, avec pour objectif de conclure le 11 dé-
cembre, à un accord universel et contraignant, apte à
maintenir le réchauffement sous le seuil de 2 degrés.
Ce n’est pas gagné !
Ce délai serré a peu de chance d’être tenu sans un dispo-
sitif de négociation tenu, que Laurent Fabius vient d’es-
quisser dans ses grandes lignes.
Il a créé un « Comité de Paris », qui se réunira chaque
jour, sous sa présidence, pour faire le point sur l’avancée
des négociations.
Ce comité prendra la forme d’une instance unique ou-
verte à tous, dont les travaux seront diffusés sur les écrans
disposés dans les couloirs du Bourget.
L’idée d’un comité de pilotage, comme le Comité de Paris,
où sont rapportés régulièrement les avancées et les obs-
tacles a fait ses preuves, en ayant un rôle décisif.
Il est le garant d’une vision globale des débats, insiste
Laurence Tubiana, la chef négociatrice française.
Quatre groupes thématiques présidés par des ministres
qualifiés de Co-facilitateurs, du Nord et du Sud, ont pour
mission de régler les grands dossiers du projet d’accord,
les moyens de mise en oeuvre, autrement dit, les ques-
tions de financement et de transfert de technologies.
L’ambition de l’accord, son objectif de long terme et ses
mécanismes de révision, c’est-à-dire les actions à prendre
avant 2020, la date prévue pour l’entrée en vigueur de
l’accord.
Les binômes ministériels, l’un du Nord, l’autre du Sud
sont l’une des clés de la stratégie française, et plusieurs
sont bien connues pour leur savoir-faire, dans le respect
des équilibres géopolitiques, mais c’est aussi une affaire
d’hommes et de femmes qualifiés, pour ouvrir la voie au
compromis.
Pour savoir ce que pensent les experts en communication
de cette approche, il faut se reporter aux déclarations de
Jennifer Morgan, la directrice du think tank américain
World Ressources Institut, qui estime que le ministre Fa-
bius est l’homme des heures à venir.
Elle ajoute « La présidence française a construit les condi-
tions d’un accord, maintenant elle se met vraiment à la
tâche ».
Nous partageons cet avis, en sachant que l’accord espéré
ouvrira la voie à de nouvelles tractations pour amorcer et
suivre la réduction des émissions de gaz à effet de serre
et pour dégager les ressources financières destinées aux
pays en développement, comme les pays du Nord se sont
engagés.
La prochaine étape sera la COP 22, qui se tiendra avant fin
2016 à Marrakech au Maroc.