n°423 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 13 novembre 2015 - page 2

Les effets du réchauffement en France au cours de
la seconde moitié du siècle
Nous sommes à la veille de la COP 21 et en croire le dernier rapport de synthèse sur les offres de contribution des
principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre, de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements cli-
matiques, nous sommes sur la voie d’un réchauffement de 3 degrés et non pas des 2 degrés recherchés, alors qu’il ne
faudrait pas, en réalité, dépasser 1,5 degré pour rester dans un contexte acceptable.
Certes, c’est mieux que les quatre à cinq degrés auxquels nous étions exposés avant toute intervention sur le climat et
qui rendraient caduque la vie telle que nous la connaissons.
Comme la COP 21 ne peut pas se terminer sur un échec, les organisateurs chercheront à rapprocher le souhaitable du
possible, dans l’espoir de convaincre par la suite, les Etats pollueurs à augmenter leurs efforts.
Nous sommes entrés dans la phase du réchauffement, déjà avec une hausse de 1 degré de la température moyenne
et l’année 2015 - qui se termine - est en passe de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée.
L’inertie du système climatique est telle qu’il n’est plus possible d’infléchir la tendance avant 2050, ce qui fait que les
décisions qui seront prises cette année à Paris, n’auront pas d’impact immédiat.
En France métropolitaine, le climat sera de plus en plus chaud et cela tout au long des années à venir.
Les canicules estivales vont se multiplier et le brûlant été comme celui de 2003 deviendront une norme.
Le régime des pluies sera aussi impacté, les précipitations devraient augmenter l’hiver et diminuer l’été, avec un risque
accru de pluies extrêmes l’hiver et des sécheresses l’été.
Les choses vont s’accélérer et dans les cinquante prochaines années, nous devrions encaisser le même réchauffement
que lors du siècle dernier et c’est vers 2030-2040, qu’il faudra sortir des référentiels connus.
Les décideurs d’aujourd’hui ne seront plus dans le coup, ils auront vieilli, ils seront morts ou tout comme et ce sont les
jeunes d’aujourd’hui, surtout ceux qui naissent depuis le début du siècle, qui en subiront les effets, avec un réchauffe-
ment qui risque encore de progresser de 2 degrés.
La vie dans les grandes villes, à commencer par Paris, sera à réinventer, sauf à devenir impossible, à commencer par
l’habitat, aujourd’hui totalement inadapté, en sachant que le refroidissement nocturne des corps est essentiel pour
récupérer.
Le bitume des rues et le béton des immeubles restituent la nuit la chaleur emmagasinée le jour et les voient ferrées
et les routes risquent de mal supporter cette chaleur.
Cependant, les infrastructures peuvent être adaptées pour résister, aux fortes chaleurs, à condition d’y mettre les
moyens.
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page 2 - Numéro 423 du 13 novembre 2015
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