n°421 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 30 octobre 2015 - page 2

Devenir propriétaire de son logement
pour assurer sa retraite
63 % des personnes ayant récemment concrétisé un projet immobilier déclarent que leur première motivation a été
de ne plus verser de loyer à fonds perdu, selon une enquête réalisée par le Crédit Foncier au printemps de cette année.
En France, la pierre a toujours été un gage de solidité et de sécurité et aujourd’hui c’est plus vrai que jamais, dans un
monde qui paraît de plus en plus instable et anxiogène.
De plus, selon cette enquête, 40 % des sondés évoquent la volonté de ne plus avoir de loyer à payer à la retraite.
Ils ont bien raison car, à en croire les derniers chiffres connus, publiés par le Conseil d’orientation des retraites, le COR,
ils n’en auront plus les moyens.
En effet, un cadre partant à la retraite en 2050, avec un salaire de 4 500 euros, qui est, par le temps qui court, un bon
salaire, touchera une pension de 1 921 euros, alors qu’il aurait dû disposer, selon les prévisions établies au moment
de la conception des régimes de retraite actuels, à 65 ans, pour une carrière de 37,5 ans, un revenu de remplacement
de 3 150 euros par mois, il en sera loin.
Un employé gagnant 2 000 euros par mois percevra 1 288 euros seulement, parce que son salaire est trop bas, pour
être à la base d’une retraite suffisante.
Il faut se rendre à l’évidence, les salariés, après avoir travaillé toute leur vie, une fois à la retraite seront des pauvres.
Pour cette raison, selon le directeur d’un réseau d’agences immobilières, « ceux qui sont propriétaires de leur loge-
ment risquent de se retrouver dans une situation financière délicate, pour avoir souscrit un crédit sur quinze à vingt
ans pour acheter, mais, c’est une épargne forcée, que l’on regrette rarement ».
L’un de ses confrères ajoute « L’expérience montre que les ménages ont du mal à se constituer une épargne, penser
qu’ils vont mettre quelques centaines d’euros de côté chaque mois parce qu’ils restent locataires, c’est illusoire, inves-
tir dans la pierre, c’est s’obliger à se constituer une épargne. »
Là où le bât blesse, c’est que le prix de l’immobilier a beaucoup plus augmenté, ces dernières années, que les salaires,
ce qui pèse sur la capacité d’achat, sans apport personnel significatif, même si le coût des emprunts a baissé et que
jamais les taux d’intérêt ont d’aussi bas.
Cependant, acheter dans ces conditions, à tout prix, peut se révéler être une mauvaise affaire, comme il ressort de
l’enquête du Crédit Foncier, s’il a fallu faire des concessions sur la taille du logement ou en s’éloignant du lieu recher-
ché initialement.
Il faut aussi penser à la possibilité de revente du logement, devenu trop petit, avec la naissance des enfants, où trop
éloigné suite à un changement d’emploi.
Certains se retrouvent, après avoir fait de gros sacrifices, pour devenir propriétaire, avec des logements difficiles à
revendre car trop éloignés des centres-villes ou les acheteurs sont rares.
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