Evolution des nappes phréatiques
face au réchauffement climatique
Cette année, en 2015, le Bureau de recherche géologiques et minières, le BRGM, chargé du suivi de la situation des
nappes phréatiques ou souterraines en France, a été en mesure d’afficher, début avril, pour 83 % des nappes, un ni-
veau égal ou supérieur à la moyenne de la période 1981-2010.
C’est uns situation que l’on peut qualifier de « plutôt favorable » même si elle n’égale pas les niveaux exceptionnels
atteints les deux années précédentes, qui ont présenté un excédent global de 20 %, grâce à de fortes précipitations.
Cependant, la carte de France des réserves d’eau est généralement contrastée car le Sud-Est, comme le bassin Ar-
tois-Picardie ont des sous-sols les plus humides tandis que l’Est du territoire est en déficit par rapport à la normale.
Le niveau du remplissage des aquifères au début du printemps, disons en avril, est primordial, après les pluies de
septembre à avril, il se stabilise ensuite, avant de connaître une décrue généralisée, lorsque les pluies retournent vers
l’atmosphère du fait de l’évaporation.
Dans ces conditions, rien n’est encore joué cette année estime l’hydrogéologue du BRGM, Philippe Vigouroux, il faut
rester vigilant dans certaines régions bien que le niveau actuel permette d’envisager sereinement la prochaine période
estivale, celle où les nappes phréatiques seront le plus sollicitées pour l’irrigation des cultures.
La France dispose, en règle générale, de 100 milliards de m3 de ressources aquatiques souterraines dont près d’un
tiers est prélevé chaque été pour répondre aux besoins saisonniers, l’alimentation en eau potable, l’irrigation des
cultures et les usages industriels.
En somme, on y puise l’été, pour satisfaire les besoins et on attend l’automne et l’hiver pour que les réserves se re-
constituent.
La question qui se pose est de savoir comment les eaux souterraines se comporteront face à l’épreuve du réchauffe-
ment climatique.
Pour répondre à cette question, le BRGM a pris pour hypothèse une hausse de 2 degrés des températures à l’horizon
2070, qui n’est pas la plus pessimiste, puisque cette hausse est annoncée pour la fin du siècle seulement, sans limita-
tion, entre-temps des émissions de CO2, objet de la prochaine conférence sur le climat.
En se projetant vers l’avenir, le BRGM a utilisé des modèles montrant qu’en raison d’une évaporation accrue et de
l’assèchement des sols, conditions défavorables aux infiltrations d’eau en profondeur, les aquifères connaîtront une
baisse quasi générale, comprise entre 10 % et 25 % de la charge en eau, mais variables, d’une région à l’autre.
Deux zones seront plus sévèrement touchées que d’autres, le bassin de la Loire avec un recul de 25 % à 30 % sur plus
de moitié de son bassin-versant et surtout le Sud-Ouest, avec une chute de 30 % à 50 %.
La diminution de la recharge des nappes souterraines pourrait entraîner une forte baisse du débit moyen des cours
d’eau, estimé de 10 % à 40 % dans la moitié nord du pays et de 30 % à 50 % dans la moitié sud, avec localement des
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page 2 - Numéro 409 du 26 juin 2015
Edito