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page 25 - Numéro 276 du 13 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Une canicule nous guette à chaque instant
C
e n'est pas parce que nous subissons depuis des
semaines dans une grande parƟe de la France un
temps exécrable que nous sommes à l'abri d'une
vague de chaleur, d'une canicule comme celle qui sévit
actuellement aux Etats‐Unis, juste en face de chez nous, de
l'autre côté de l'AtlanƟque.
Il suffit de peu de chose qu'une vague de chaleur durable
s'installe chez nous et il sera fait de la fraicheur que nous
déplorons en ce moment.
Pendant une dizaine de jours, dans la capitale fédérale,
Washington, la température à l'ombre a dépassé les 40
degrés, soit près du record de 41 degrés aƩeint en 1930.
CeƩe canicule est passée du centre des Etats Unis à l'Est et
au Sud‐Est, de l'IOWA à la Virginie et à la Caroline du Nord
et, sur les 30 derniers jours, plus de 4 500 records de tem‐
pérature ont été enregistrées dans le pays, selon la chaîne
CNN.
Malgré une climaƟsaƟon neƩement plus développée dans
l'habitat que chez nous, on a enregistré aux Etats‐Unis,
plusieurs dizaines de décès parmi les personnes les plus
vulnérables.
Depuis 48 heures une baisse s'est amorcée grâce à l'air
frais en provenance du Canada.
En France, si les magasins ont raƩrapé depuis quelques
années leur retard dans le domaine de la climaƟsaƟon,
celle‐ci est très en retard dans l'immobilier ancien à usage
de bureaux et plus encore dans l'habitat et ne risque pas,
dans la conjoncture économique actuelle d'évoluer.
Une climaƟsaƟon, efficace, suppose l'isolaƟon des façades,
impossible à réaliser dans le parc immobilier du type
haussmanniens ou de celui du début du 20ème siècle, en
parƟculier à Paris, sans parler du parc de logements so‐
ciaux.
Les immeubles construits durant les trente glorieuses, c'est
à dire pendant les années 60, 70 et 80, en béton et en
acier, sont ‐ en été ‐ de véritables accumulateurs de cha‐
leur qui resƟtuent la nuit la chaleur accumulée le jour,
leurs façades ne sont pas isolées car il n'était pas quesƟon
de climaƟsaƟon à l'époque de leur construcƟon.
S'il est techniquement possible d'isoler leurs façades, celle‐
ci a un coût, généralement trop élevé pour les nombreux
immeubles d'habitaƟon, construit à l'époque en coproprié‐
té et les propriétaires d'immeubles locaƟfs, faute de renta‐
bilité, n'y pensent certainement pas.
Par ailleurs, l'isolaƟon individuelle suppose, comme peut le
voir ailleurs, l'installaƟon de climaƟseurs à double corps,
dont un en façade, ce qui, pour des raisons esthéƟques
n'est pas envisageable dans l'habitat urbaine en France.
Par ailleurs, le développement de la climaƟsaƟon exige
énormément de puissance électrique qui risque de se raré‐
fier avec l'augmentaƟon des besoins.
En cas de pénurie d'électricité, la première uƟlisaƟon tou‐
chée serait tout naturellement la climaƟsaƟon.
C'est actuellement le cas du Japon, depuis la catastrophe
de Fukushima, au point qu'il est conseillé aux employés,
dans un pays strict sur la tenue vesƟmentaire dont les bu‐
reaux ne sont plus climaƟsés, de venir travailler en chemi‐
seƩes et en shorts.
La canicule s'installe en ville après 2 jours de forte chaleur
et, il n'y a pas de raison que la France y échappe à la
longue.
Si ce n'est pas en 2012, ça risque de se produire l’année
suivante.