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page 24 - Numéro 276 du 13 juillet 2012
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Point de vue
Crash du Rio-Paris,
la bataille des experts va pouvoir commencer
L
a publicaƟon des rapports officiels, des experts 
judiciaires et du BEA, annoncés pour le 10 juillet, 
a été avancée, puisque les grandes lignes de leur 
contenu venaient d'être divulguées les médias. 
Ainsi, nous ne pouvons que confirmer ce que nous avons 
écrit dans notre brève publiée le 5 juillet en fin d'après 
midi sur notre site riskassur‐hebdo.com 
Il se confirme que la catastrophe a été déclenchée par la 
défaillance résultant du givrage des sondes Pitot et que 
l'équipage, confronté à un dysfoncƟonnement auquel il 
n'était pas préparé, a perdu le contrôle de l'avion, qui 
s'est écrasé en coutant la vie aux 228 personnes à son 
bord. 
Maintenant, il va falloir répondre aux quesƟons qui vont 
se poser et il est hautement probable qu'aucun des ac‐
teurs n'en sorƟra indemne. 
Une première série de quesƟons tournera autour du type 
de sondes Pitot dont les faiblesses étaient connues alors 
que d'autres sondes, soit du même fabricant, soit 
d'autres provenances auraient du les remplacer depuis 
longtemps. 
CeƩe quesƟon concerne le fabricant des sondes incrimi‐
nées, Air France qui ne les a pas remplacés, le construc‐
teur de l'avion, Airbus Industrie qui doit en suivre le com‐
portement et les autorités de tutelle de l'aviaƟon com‐
merciale, responsable de la sécurité aérienne qui ont lais‐
sé faire. 
La seconde série de quesƟons, la plus délicate, concerne 
le comportement de l'équipage qui a perdu la vie dans 
cet accident et qui ne peut pas se défendre. 
Au moment où les dysfoncƟonnements se sont manifes‐
tés, le commandant était absent du poste de pilotage et il 
est possible que l'un des pilotes, aux commandes de l'ap‐
pareil, ait provoqué ou n'a pas su éviter le décrochage, 
qui lui a été fatale. 
Lorsque le commandant a rejoint le poste de pilotage, il 
n'a pas pu redresser la situaƟon, soit parce qu'il était trop 
tard ou parce que lui même n'a pas su quoi faire. 
Ce sont les boites noires qui fourniront aux experts l'élé‐
ment de leur réponse. 
Il est difficile pour les profanes que nous sommes d'ima‐
giner ce que les trois homme, enfermés dans le pose de 
pilotage, ont pu penser et tenter les deniers instants qui 
ont précédé la plongée de l'appareil dans l'océan. 
On ne sait pas non plus quel a pu être le comportement 
des passagers au cours de ces derniers instants. 
La dernière informaƟon reçue du poste de pilotage était 
l'annonce des turbulences et les passagers ont du voir les 
hôtesses et stewards rejoindre leur sièges et boucler 
leurs ceintures et, ensuite, plus rien. 
Enfin, la dernière quesƟon concerne la formaƟon du per‐
sonnel navigant, qui doit être en mesure de faire face à 
toutes les situaƟons qui peuvent survenir en cours de vol, 
alors que les avions sont de plus en plus automaƟsés et 
informaƟsés, pour voler normalement , sans intervenƟon 
humaine. 
Seuls les simulateurs de vol peuvent les y préparer. 
Malheureusement, le 1er juin 2009, sur le vol AF447, 
entre Rio et Paris, il fallait savoir ou donner le coup de 
pouce salvateur, pour reprendre en main l'avion, en train 
de leur échapper.