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page 38 - Numéro 274 du 29 juin 2012
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- Le Magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
missions de l’établissement par l’observaƟon régulière du 
foncƟonnement de ses processus. D’autres ouƟls parƟcipent à 
ce travail comme la qualité et l’analyse de la gesƟon. Le sys‐
tème informaƟque, quant à lui, n’est qu’un des ouƟls à la dis‐
posiƟon du système d’informaƟon. »
De nombreuses études tendent désormais à uƟliser une dé‐
marche comparaƟve de type essais cliniques pour quanƟfier 
l’apport managérial de telle ou telle démarche, de tel ou tel 
ouƟl. A l’image du courant
d’Evidence Based Medecine
 celui 
d’Evidence Based Management
 tente de consƟtuer une base 
de faits uƟles aux décisions managériales dont les systèmes 
d’informaƟon sont une cible. Ces études ont alors pour objec‐
Ɵf d’idenƟfier les arguments pour lever les verrous et trouver 
les bons leviers en maƟère de management soutenable des 
systèmes d’informaƟon hospitaliers.   
D ‐ La gesƟon des risques liés aux systèmes d’informaƟon en 
établissement de santé
(24)
 : 
Pour l’essenƟel on peut résumer 
la démarche en si axes :
Savoir évaluer ses besoins de sécurité
 : Ils sont évalués 
selon quatre qualités : disponibilité, intégrité, confidenƟali‐
té et validité de la preuve.  
Connaitre les menaces qui pèsent sur le SIH
 : L’idenƟfica‐
Ɵon se fait à parƟr de l’expérience croisée des méƟers con‐
cernés et des experts en Systèmes d’InformaƟon. 
Connaître ses faiblesses
 : Elles connues grâce à un travail 
de suivi de chaque projet dans le temps et à la réalisaƟon 
d’audits réguliers. 
Savoir évaluer les risques
 : L’évaluaƟon se fait sur une 
échelle spécifique permeƩant d’évaluer les impacts selon 
cinq indicateurs choisis pour leur perƟnence dans le do‐
maine de la santé. Ces impacts sont ensuite mis en relaƟon 
avec une échelle de vraisemblance. En combinant impact 
et vraisemblance on obƟent une « mesure » du risque.   
Savoir prendre les décisions quant aux risques idenƟfiés
 : 
En clair, le risque est‐il acceptable, peut‐il être transféré à 
un Ɵers (un assureur par exemple pour l’impact financier) 
ou doit‐il être réduit au travers de mesure de sécurité, 
voire évité totalement. La décision ne peut être prise qu’en 
concertaƟon entre le RSSI et les opéraƟonnels concernés.   
Savoir définir des mesures de sécurité adaptées aux 
risques
 : Les mesures de sécurité (organisaƟonnelle, tech‐
niF ‐ ques, juridiques, sensibilisaƟon) sont ensuite adaptées 
aux décisions prises. Elles font l’objet d’une analyse coûts/
bénéfices qui débouchent sur la validaƟon d’un programme 
de sécurité validés par les opéraƟonnels concernés.  
E ‐ GesƟon des risques des risques opératoires des enfants 
aƩeints de poly‐pathologie
(25)
 : 
Les enfants porteurs de pa‐
thologies neurologiques ou musculaires 
(paralysies cérébrales, 
myopathies, neuropathies sensiƟvomotrice)
 présentent fré‐
quemment des déformaƟons orthopédiques sévères pouvant 
nécessiter des intervenƟons chirurgicales lourdes. Les risques 
inhérents à ces intervenƟons peuvent être majorés par des 
pathologies associées. Dans le cadre du travail sur la qualité au 
CHRU Hautepierre à Strasbourg, une démarche pluridiscipli‐
naire a été mise en place a été mise en place depuis 2009 ; elle 
comprend 4 étapes :
Etape 1
 : 
IdenƟficaƟon des événements indésirables liés 
aux soins
 – L’hôpital a idenƟfié un taux plus élevé de com‐
plicaƟons que la moyenne naƟonale. 
Etape 2
 : 
IdenƟficaƟon des causes médicales et organisa‐
Ɵonnelles de ces événements indésirables
 – Avant la mise 
en place de la démarche, le chirurgien coordonnait seul les 
soins pré et post opératoires avec une consultaƟon tardive 
de l’anesthésie alors que l’intervenƟon était déjà program‐
mée. La recommandaƟon a été de meƩre en place très en 
amont du processus une commission pluridisciplinaire qui 
permet d’analyser de façon concertée les risques de com‐
plicaƟons.     
Etape 3
 : Mise
en œuvre des acƟons d’amélioraƟon
 – Une 
réunion de concertaƟon pluridisciplinaire (RCP) a été mise 
en place en juin 2009. En cas de doute, l’enfant peut être 
hospitalisé pour un bilan de « faisabilité de l’acte médical » 
et la commission se réunit pour prendre posiƟon avec trois 
opƟons : feu vert pour l’opéraƟon, feu rouge on arrête 
tout, ou feu orange on remet à plus tard avec un pro‐
gramme de préparaƟon (amélioraƟon de l’état général de 
l’enfant). 
Etape 4 
Bilan de 3 années de foncƟonnement (2009‐
2011) et perspecƟves
 – La commission a tenu 6 réunions et 
examiné 20 dossiers résultant en : 
8 « feux verts » avec 7 opéraƟons sans complicaƟon et 
1 refus de la famille, 
4 « feu rouge » donc contre‐indicaƟons définiƟves, 
8 « feu orange » avec 1 opéraƟon sans complicaƟon, 2 
contre‐indicaƟons définiƟves, 1 refus de la famille, et 4 
« en préparaƟon médicale ». 
Pour l’hôpital Hautepierre, la mise en place de la RCP – Poly‐
pathologies – a débouché sur une réducƟon significaƟve des 
complicaƟons postopératoires au prix d’un nombre accru de 
contre indicaƟons provisoires ou définiƟves, illustrant la com‐
plexité de l’évaluaƟon du rapport bénéfices/risques.   
F ‐ Conduire le développement durable en établissement de 
santé : 
La quesƟon du développement durable se pose égale‐
ment dans les établissements de santé mais la quesƟon doit 
être mise en perspecƟve puisque leur mission centrale est tout 
de même la qualité des soins et le bien‐être des paƟents au‐
jourd’hui.  
Toutefois, les contraintes qui s’appliquent à tous les bâƟ‐
ments, en parƟculier ceux recevant du public, concernent les 
établissements de santé et les amendes prévues en cas de non 
saƟsfacƟon aux critères imposées à l’horizon 2015 devraient 
suffire à faire de ce projet une priorité dans les préoccupaƟons 
des directeurs d’établissement, non seulement pour les cons‐
trucƟons nouvelles, mais aussi pour la mise aux normes des 
bâƟments existants, un véritable défi en ces temps de budget 
restreint !     
(Suite de la page 37)
(Suite page 40)