page 32 - Numéro 272 du 15 juin 2012
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Reportage
Emeutes et mouvements populaires ?
Le printemps arabe a déclenché un différent entre les as‐
sureurs directs et les réassureurs en Egypte et en Tunisie.
Mais par delà les situaƟons locales, il a ouvert un débat
ferƟle pour l’avenir alors que la demande pour la couver‐
ture des risques et des violences poliƟques est en pleine
croissance dans la région. On peut espérer que de ce dé‐
bat sorƟra une définiƟon claire de ce qui est couvert et de
ce qui ne l’est pas.
Pour la Tunisie,
c’est Madame Lamia Ben Mahmoud, PDG
de Tunis Ré qui a rappelé les événements et appelé
de ses vœux une amélioraƟon des praƟques du mar‐
ché pour qu’une soluƟon permeƩant de couvrir de‐
puis mouvements jusqu’à la guerre civile selon des
termes clairement définis et ne se prêtant pas à des
interprétaƟons variant au gré des situaƟons. Mais, il
est certain que le développement du secteur exigera
le renforcement de la gesƟon des risques, des capi‐
taux propres et d’invesƟr dans les nouvelles technolo‐
gies pour améliorer tout à la fois l’efficacité écono‐
mique et la qualité du service. Toutefois pour Mme
Ben Mahmoud l’intervenƟon et le souƟen des gouver‐
nements se révélera sans doute incontournable. Et
elle précisa :
« La demande de couverture pour les
violences poliƟques est en croissance et nous, les ré‐
assureurs, devons proposer des couvertures pour y
répondre. Mais encore faut‐il que nous sachions défi‐
nir ce qui consƟtuera un risque acceptable ainsi
qu’une méthodologie de tarificaƟon cohérente. »
Pour l’Egypte,
c’est le président de la fédéraƟon égyp‐
Ɵenne des assureurs, M. Abd El‐Raouf Koth qui dé‐
peint la situaƟon puisque la fédéraƟon a pris l’iniƟa‐
Ɵve de rencontres entre assureurs directs et réassu‐
reurs. De longues négociaƟons ont débouché sur un
accord amiable et un guide de règlement de ces si‐
nistres que les assureurs directs devaient respecter
pour garanƟr le mainƟen de la couverture de réassu‐
rance
.
Dans sa conclusion le PDG de Gulf Insurance Co Kuwait,
M. Khaled Saoud Al‐Hassan a essayé de Ɵrer des conclu‐
sions applicables à la région à parƟr des expériences, y
compris des remarques des représentants libyens, en sou‐
haitant que les partenaires du monde le l’assurance arabe
apprennent à mieux comprendre les risques poliƟques
dans leurs pays et à définir un cadre de tarificaƟon pre‐
nant véritablement en compte l’étendue des garanƟes
proposées. Alors même que les opérateurs s’entendent
pour esƟmer que le renversement des gouvernements en
Egypte et en Tunisie ne consƟtuait pas des révoluƟons, les
montants des indemnités versées se sont élevés à 160
Millions de Dollars en Egypte, et à 100 Millions en Tunisie.
Dans les conclusions de son AG, les délégués du GAIF ont
toutefois suggéré l’étude de faisabilité d’un fond pana‐
rabe pour la couverture des risques poliƟques, et des
risques naturels, puisque les marchés naƟonaux semblent
trop étroits pour permeƩre une mutualisaƟon saƟsfai‐
sante de ces risques. Ces iniƟaƟves pourraient contribuer
à accroître l’impact économique de l’assurance
Quel impact pour l’assurance dans la région ?
Si le thème iniƟalement retenu pour la conférence :
«
L’assurance et la réforme du monde arabe »
a été
quelque peu bouleversé ou dévié de sens par le prin‐
temps arabe, il n’en demeure pas moins que l’assurance
est dans la région, comme dans le reste du monde, un des
piliers de l’économie. Aujourd’hui, le marché de l’assu‐
rance doit relever les défis du changement et imaginer
des soluƟons pour réduire les effets des risques de toute
nature auxquels est confronté le monde Arabe.
Pour les délégués à la Conférence du GAIF nul doute que,
après la secousse du printemps arabe, les assureurs
arabes peuvent faire un impact significaƟf sur les écono‐
mies de la région. Oui mais encore faut‐il que les assu‐
reurs et réassureurs sachent rassembler leur énergie et
leurs ressources pour partager expérience et experƟse au
service des individus et des entreprises de la région et
d’innover pour faire du marché arabe de l’assurance un
des leaders mondiaux.
Le ministre délégué au budget du Maroc a tout de même
fait le constat du retard de l’industrie dans les pays arabes
et il demanda aux parƟcipants de trouver avec l’ensemble
des parƟes prenantes les moyens de meƩre l’assurance à
la portée de tous. Il souligna le rôle essenƟel de l’assu‐
rance dans la résilience des entreprises touchées par un
sinistre majeur, ainsi que l’apport à l’économie du fait des
placements. Mais dans le même temps il rappela la néces‐
sité d’une gouvernance rigoureuse comme garanƟe de
soutenabilité du secteur, et que le gouvernement y veille‐
rait en renforçant le contrôle et la discipline.
Les professionnels eux‐mêmes soulignent le besoin des
assureurs de coopéraƟon pour adopter les meilleures pra‐
Ɵques et une solide gouvernance pour remplir leur pro‐
messe d’être un pilier de la croissance. De plus,
« avec les
réformes, surviennent les défis et nous devons penser en
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