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page 25 - Numéro 272 du 15 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
La baisse actuelle du prix des carburants
est freinée par la chute de l'euro
L
e prix du pétrole brut est côté en dollars US sur les 
marchés mondiaux, ce qui a permis aux automobi‐
listes de la zone euro, de compenser pendant de 
longues années, un pétrole cher par un euro fort. 
Aujourd'hui, la tendance, pour ce qui est du cours de l'euro 
par rapport à celui du dollar US c'est inversée et nous subis‐
sons de plein fouet l'évoluƟon du cours du pétrole brut 
dont le contrôle nous échappe. 
C'est ainsi que les prix des carburants à la pompe ont baƩu 
leur raccord le 21 mars, dernier en alourdissant le budget 
carburant des automobilistes. 
Depuis, les cours mondiaux ont fléchi, ce qui a évité à notre 
gouvernement, issu des élecƟons présidenƟelles du mois 
de mai dernier, de meƩre en applicaƟon le blocage tempo‐
raire des prix à la pompe, qu'il avait d’ors et déjà annoncé. 
Grace à la baisse des cours du pétrole brut, le gasoil qui 
alimente les moteurs diesel et qui représente 80% des car‐
burants consommés en France a baissé de 11 cenƟmes le 
litre, tandis que le SP 95 a diminué de 12 cenƟmes et le SP 
98 de 13 cenƟmes, ce qui fait que les prix sont au plus bas 
depuis 5 mois et ce, malgré l'érosion due l'euro. 
Remarquons que ces baissent s'appliquent à des prix 
moyens et non pas à ceux constatés aux pompes où chacun 
se sert habituellement, ce qui fait parƟe du mystère des 
indice des prix de détail. 
Depuis deux mois, le prix du baril de Brent de la mer du 
Nord, l'une des principales références du prix mondial du 
pétrole brut a chuté de 20% du fait de la baisse de la de‐
mande imputable à la baisse du rythme de croissance en 
Chine, en Inde et aux Etats‐Unis et surtout les turbulences 
de la zone euro. 
CeƩe baisse n'aƩeint pas la même ampleur à la pompe, à 
cause de la chute de l'euro qui en absorbe une parƟe, tout 
en nous éloignant du prix de 2 euros le litre de super que 
nous prédit, pour un avenir proche, le président de Total, 
ChrisƟan de Margerie. 
Il faut savoir, à cet égard, qu'en un mois, l'euro a perdu plus 
de 6% face au dollar US, ce qui augmente d'autant le prix 
du brut importé facturé en dollars et payé dans notre mon‐
naie unique. 
Cependant, il ne faut pas non plus perdre de vue que le 
pétrole brut n'est que la maƟère première de nos carbu‐
rants, qu'il faut transporter et raffiner et que l'achemine‐
ment des carburants vers les staƟons services qui le distri‐
buent, qui n'est pas affecté, ni par le cours du brut, ni par 
celui de l'euro et sont des coûts fixes. 
Enfin, la cerise sur le gâteau est représenté par les taxes 
perçues par l'État, qui représentent, en gros, les deux Ɵers 
des prix à la pompe, une taxe fixe au litre, la taxe intérieure 
sur les produits pétroliers la TIPP et la TVA de 19,6% perçue 
sur le prix des carburants majorés de la TIPP. 
Dans le passé, un gouvernement avait mis temporairement 
en place une TIPP floƩante pour freiner la hausse excessive 
du moment, dont il profitait directement du fait de l'aug‐
mentaƟon, des rentrées mécaniques de la TVA. 
Si le blocage temporaires des prix à la pompe, annoncé 
mais évité de justesse avait été mis en exécuƟon par les 
pouvoirs publics, il se faisait au détriment des pétroliers et 
aurait pu entrainer, de leur part, une diminuƟon des appro‐
visionnements. 
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