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page 27 - Numéro 271 du 8 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
La réaction possible face à la hausse
des primes des assurances
complémentaires santé
L
e risque « santé complémentaire » est lourd à gérer,
d'autant plus que son assurance est dispersée entre
de nombreux acteurs qui se font concurrence, avec
des contrats à couverture de plus en plus limitée.
Les offres publicitaires sur Internet fleurissent, avec des
primes mensuelles de quelques euros, sans jamais parler du
niveau des garanƟes et sans indiquer à quelle frange d'assu‐
rés sociaux elles s'adressent.
Une fois que l'on aura donné son âge et choisi un niveau de
garanƟe, on saura ce qui est réellement proposé et à quel
prix.
Il ne faut pas s'étonner que leurs frais de gesƟon absorbent
plus d'un cinquième, soit plus de 20% des primes.
L'Etat, de son côté, pour courir après l'équilibre financier de
l'assurance maladie publique, procède régulièrement à des
transferts de charges sur les assurances complémentaires
santé et, pour couronner le tout, il a réinstauré, en deux
temps, la taxe de 7% sur les primes, qu'il avait supprimé au
moment de l'instauraƟon des contrats responsables, sans
quesƟonnaire médical et sans possibilité de résiliaƟon après
sinistre.
Aujourd'hui, nécessité oblige, 95% des assurés sociaux possè‐
dent une assurance complémentaire santé, en y incluant les
bénéficiaire de la CMU complémentaires, financée, au nom
de la solidarité, par un prélèvement sur les primes versées
par les assurés, ce qui en aggrave encore plus le coût.
Dans ces condiƟons, il ne faut pas s'étonner que les assurés
s'interrogent sur l'intérêt de payer ceƩe assurance et, plus
parƟculières ceux assurés au delà du seul Ɵcket modérateur
par un contrat dit 100%.
CeƩe quesƟon ne concerne pas les salariés qui, dans le cadre
du régime de prévoyance de leur entreprise, bénéficient
d'une assurance complémentaire santé pour eux et les
membres de leurs familles, pris en charge par celle‐ci à hau‐
teur de 50 ou de 60 %.
Le coût pour les autres et plus parƟculièrement pour les re‐
traités, sorƟs du régime de prévoyance de leur entreprise,
dépasse couramment 1 000 euros par an, pour un contrat
400%, qui complète au Ɵtre de la garanƟe de base, à ceƩe
hauteur, les remboursements de l'assurance maladie.
Si un contrat 400% couvre les dépassements d'honoraires
d'un spécialiste lambda, dans la limite de 70 euros, il ne per‐
met pas de se payer des couronnes à plus de 1 000 euros
chez un denƟste de choix.
Concrètement, pour ceux qui se posent la quesƟon de l'inté‐
rêt de conserver un contrat complémentaire santé de bon
niveau, il faut penser :
‐ à l'hospitalisaƟon, avec le forfait hospitalier aujourd'hui de
18 euros/jours, sans limitaƟon de durée et au complément
pour chambre individuelle,
‐aux affecƟons longues durée prises charge à 100% mais sans
les dépassements d'honoraires,
‐ aux prothèses dentaires et aux frais d'opƟques remboursées
symboliquement par l'assurance maladie.
Dans ces condiƟons, se passer totalement d'une assurance
santé complémentaire est un pari risqué et il est préférable
d'adopter une posiƟon réfléchie, en recherchant un bon équi‐
libre entre le coût d'une assurance santé et les rembourse‐
ments qu'elle propose.
Il ne faut pas croire que l'on pourra souscrire une assurance
santé complémentaire aux garanƟes étendues lorsque les
besoins s'en font senƟr.
Si les contrats « responsables » sont délivrés sans quesƟon‐
naires médical, les assureurs peuvent se protéger contre le
risque d'anƟ‐sélecƟon en dosant les garanƟes offertes par le
niveau des primes demandé.