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page 25 - Numéro 271 du 8 juin 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Notre système de retraite
est dans le collimateur
de la Commission de Bruxelles
L
es observateurs esƟment que la France ne Ɵent pas 
assez compte de l'augmentaƟon de l'espérance de 
vie qui augmente la période durant laquelle les re‐
traités perçoivent leur pension, pour en réaliser l'équilibre 
financier. 
Pour eux, il faudrait aligner l'âge de départ à la retraite sur 
ce qui se praƟque chez nos voisins. 
Dans les régimes par capitalisaƟon les effets sont immé‐
diats, l'épargnant qui dispose d'un certain montant de capi‐
tal à converƟr en rente viagère, au moment de son départ à 
la retraite. Il est placé devant l'alternaƟve suivante, soit il 
recule l'âge de la conversion de son capital, soit il accepte 
une rente inférieure à qu'il avait escomptée au moment de 
la signature e de son contrat d'épargne. 
C'est en tout cas, une décision individuelle qui n'engage 
que son propre sort. 
Dans nos régimes par réparƟƟon, qui sont des régimes col‐
lecƟfs, ceux qui les gèrent, l'Etat pour ce qui est du régime 
de base et les partenaires sociaux pour ce qui est des ré‐
gimes complémentaire ont le choix, pour en préserver 
l'équilibre financier, soit de reculer l'âge de départ à la re‐
traite, soit de diminuer les pensions ou encore, d'augmen‐
ter les coƟsaƟons des acƟfs et de leurs employeurs. 
Au moment où, dans les dans les pays dont les économies 
sont comparables à la notre, la tendance consiste à reculer 
l'âge départ à la retraite au‐delà du seuil des 65 ans, nous 
sommes encore en deça de celui‐ci, puisque nous ne visons, 
pour le moment que le seuil de 62 ans. 
Malgré ce retard dans l'adaptaƟon de nos régimes de re‐
traite au phénomène actuel de l'allongement de la durée 
de la vie humaine, le candidat François Hollande, dans son 
programme, s'est engagé à rétablir le droit à la retraite à 60 
ans pour certains salariés. 
Il s'agit de ceux qui sont entrés jeunes dans la vie acƟve où 
encore ceux qui ont exercé des méƟers éprouvants. 
Sur le principe lui‐même, il faut reconnaitre qu'il est équi‐
table de permeƩre à ces deux catégories de salariés de 
prendre leur retraite plus tôt que les autres, dans la mesure 
où ceux‐ci ne partent pas trop tôt, car il s'agit de préserver 
d'équilibre e financier des régimes par réparƟƟon. 
Aujourd'hui élu Président de la République, François Hol‐
lande compte meƩre en applicaƟon ses promesses de can‐
didat, à commencer par celle relaƟve aux salariés entrés 
avant 18 ans dans la vie acƟve. 
Les réƟcences exprimée à cet égard par la Commission de 
Bruxelles Ɵennent au coût de ces reformes, qui varieront 
dans des proposiƟons importantes, selon les modalités qu'il 
reste à formuler. 
La France n'est pas libre de ses choix budgétaires en tant 
membre de l'Union européenne et surtout en raisons de 
son appartenance au groupe de l'euro dont elle doit respec‐
ter la discipline budgétaire. 
Bruxelles a demandé à Paris de préciser les mesures néces‐
saires pour s'assurer que le déficit excessif soit absorbé en 
2013, ce qui laisse peu de marge à la France pour engager 
des dépenses nouvelles non financées. 
C'est pour ceƩe raison, qu'il a déjà été quesƟon d'une ma‐
joraƟon des coƟsaƟons vieillesse pour financer la première 
réforme. 
Tout ce que l'on sait des intenƟons du gouvernement, c'est 
la déclaraƟon récente du ministre de l'Économie Pierre 
Moscovici, selon laquelle le gouvernement français rétabli‐
ra le droit à la retraite à 60 ans pour certains salariés, mal‐
gré les réƟcences exprimées par la Commission euro‐
péenne.