page 24 - Numéro 270 du 1er juin 2012
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Point de vue
Haro sur les cabines à bronzer
A
lors que de nombreuses voix autorisées con‐
damnent l'usage des cabines à bronzer, les pro‐
fessionnels, nombreux à exploiter ces cabines,
défendent leur fonds de commerce.
La quesƟon serait officiellement, sinon définiƟvement
tranchée, par l'applicaƟon de la soluƟon radicale avan‐
cée par les docteurs Jean CivaƩe et Jacques Basex de
l'Académie naƟonale de médecine dans BulleƟn épidé‐
miologique hebdomadaire du 23 mai, qui porte sur
l'interdicƟon pure et simple des cabines.
Mais peut‐on interdire aux parƟculiers, qui disposent
chez eux d'une cabine de bronzage, de s'en servir ?
La journée consacrée à la détecƟon du cancer de la peau,
dont la responsabilité incombait à l'origine à la seule ex‐
posiƟon excessive et non protégée aux rayons du soleil,
avant que l'on y ajoute les dangers réels ou supposés de
des UV, a été l'occasion par Marisol Touraine, la nouvelle
ministre de la Santé, de dresser un état des lieu des can‐
cers de la peau.
Selon une étude publiée dans le dernier BulleƟn épidé‐
miologique hebdomadaire, les chercheurs évaluent que
91 et à 350 nouveaux cas de mélanomes cutanés sont
dus au bronzage arƟficiel chaque année.
En supposant que les cas provoqués par les cabines de
bronzage aient le même pronosƟc que ceux induits par
UV du soleil, les scienƟfiques esƟment qu'entre 19 et 76
décès annuels sont aƩribuables au bronzage en cabine.
Si la praƟque actuelle perdure, on pourrait lui aƩribuer
entre 566 et 2 288 décès dans les trente prochaines an‐
nées, ce qui permet de relaƟviser le risque lié à la pra‐
Ɵque du bronzage en cabine, par rapport à d'autres pra‐
Ɵques à risques, comme la conduite sous l’emprise d'une
drogue.
Consciente de la contre publicité dont risque de souffrir
leur acƟvité, on a pu voir dans les médias la publicaƟon
de conseils pour mieux uƟliser les cabines UV, sans que
l'on puisse les aƩribuer formellement au Syndicat naƟo‐
nal des professionnels du bronzage en cabine, le SNPBC.
La première recommandaƟon concerne le maquillage
qui, présent sur la peau, peut engendre des taches et des
brulures, en sachant que ceci est aussi valable pour les
accélérateurs de bronzage, à ne pas uƟliser en cabine.
Il est également recommandé de demander à son méde‐
cin si des médicaments qu'il a prescrits ne sont pas
contre‐indiqués à une exposiƟon aux UV.
La seconde recommandaƟon concerne la protecƟon des
yeux par le port de luneƩes appropriés, bien que tout le
monde ne soit pas conscient.
La troisième recommandaƟon émane de la dermato‐
logue Claudine Blanchet‐Bardon, vice‐présidente du Syn‐
dicat des dermatologues vénérologues, qui recommande
aux amateurs masculins de bronzage en cabine le port
d'un string, pour se protéger contre l'éventuelle transfor‐
maƟon d'un virus dermatologique en virus cancérigène.
Enfin, la dernière recommandaƟon concerne les excès.
Le SNPBC a lui même alerté les pouvoirs publies sur la
praƟque des offres illimitées de certains centres de bron‐
zage, qui peuvent conduire à une exposiƟon excessive.
Aujourd'hui, son leitmoƟv est « le bronzage responsable
».