page 2 - Numéro 270 du 1er juin 2012
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Edito
Le financement collecƟf de la dépendance reviendra à l'ordre du jour
Alors que l'on esƟme actuellement à 820 000 le nombre de personnes dépendantes, pour avoir perdu leur autonomie, sans
pouvoir assumer, avec l'assistance d'une Ɵerce personne, les gestes simples de la vie quoƟdienne comme s'habiller, se
nourrir et se déplacer, ils seront un million d'ici quelques années.
La dépendance ne s'installe pas brutalement mais se manifeste par la décroissance progressive de l'autonomie, elle est la
rançon de l'allongement de la durée de la vie humaine, et il faut, à un moment donné, penser à son financement.
Sans être une fatalité, elle menace plus généralement les plus de 85 ans.
Le problème du financement qui en découle ne peut être réglé, pour la grande majorité de nos citoyens sans un régime
collecƟf, venant en complément le cas échéant aux pensions de retraite, qui n'y suffiront pas.
Il est évident que ni les personnes âgées, qui en seront aƩeintes, ni leur famille ne seront en mesure de faire face aux sur‐
coûts nés, le cas échéant d'un état de dépendance.
Aujourd'hui, il n'y a plus d'obstacles techniques à la mise en place d'un régime de couverture de la dépendance, on en a la
définiƟon et l'on sait ce que ça en découle.
Il existe une grille précise d'autonomie gérontologique, l'AGGIR qui permet d'évaluer le degré de dépendance sur une
échelle de six niveaux qui est actuellement uƟlisée pour l'aƩribuƟon d’AllocaƟon personnalisée d'autonomie, APA et par les
assureurs, qui couvrent le risque de perte d'autonomie.
On connait aussi le coût de la dépendance en sachant qu'il peut varier dans des proporƟons importantes, en foncƟon des
condiƟons de vie de chaque personne dépendantes.
La collecƟvité ne peut pas tout prendre en charge, mais il est normal d'aider chacun, dans la limite du raisonnable, dans le
choix de son cadre de fin de vie.
Une personne dépendante peut vivre dans un milieu familial qui en assume plus ou moins la charge, alors que le mainƟen a
domicile suppose la prise en charge du coût d'un personnel soignant dont l'assistance est devenue obligatoire.
A défaut, c'est le placement dans un établissement d'hébergement privé ou public qui s'impose, adapté à leur degré de
dépendance.
Pour la prise en charge du coût de la dépendance, la soluƟon avancée jusqu'à présent, mais non mise en œuvre, est la créa‐
Ɵon d'une 5ème branche de la Sécurité sociale, financée par des coƟsaƟons.
CeƩe 5ème branche fournirait une couverture de base pouvant être complétée, selon les possibilités de chacun, par un
système d'assistance de type CMU, pour les uns et d'assurances complémentaires collecƟves ou individuelles pour les
autres.
Il n'a pas été possible, faute de moyens financiers, de concréƟser ce projet sous la précédente législature et il faut laisser le
temps à ceux qui en ont pris la suite d'appréhender la quesƟon.
Actuellement, la solidarité naƟonale est largement mise à contribuƟon pour venir en aide aux personnes dépendantes, par
la créaƟon de l'AllocaƟon personnalisée d'autonomie, l'APA versée aux personnes dépendantes de plus de 60 ans, vivant
chez elles ou dans un établissement spécialisée et dont le montant varie en foncƟon de leurs ressources.
L'APA est versée par les départements et se situe, en foncƟon des ressources et du degré de perte d'autonomie, en
moyenne entre 339 et 546 euros par mois, par applicaƟon du barème évoqué plus haut.
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