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page 32 - Numéro 269 du 25 mai 2012
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Reportage
Mais au fait d’où vient ceƩe noƟon de « corporate responsibi‐
lity »(3) qui pourrait se traduire par « responsabilité d’entre‐
prise » puisque l’acronyme anglais CR comme l’acronyme fran‐
çais RE rappellent étrangement les deux acronymes bien con‐
nus de la responsabilité sociale d’entreprise RSE ou CSR aux‐
quels on aurait supprimé le « S ». De fait ceƩe RE (en anglais 
bien entendu donc RS) apparaît de plus en plus chez les pro‐
fessionnels pour traduire en réalité ce que veut dire soutena‐
bilité au niveau de l’entreprise. C’est une façon de traduire 
l’idée fondamentale de la réconciliaƟon de l’entreprise acteur 
économique et citoyen ; c'est‐à‐dire que finalement pour ser‐
vir ses acƟonnaires toute entreprise doit comprendre et ré‐
pondre à l’ensemble de ses parƟes prenantes.  
Si l’objecƟf de soutenabilité paraît simple, le chemin qui y con‐
duit est semé d’embuches car il suppose un arbitrage constant 
entre économie, société et environnement, les trois pôles qui 
entrent souvent en conflit, à tout le moins dans le court terme. 
Le paysage demeure brouillé car il n’y a pas de soluƟons 
simples et uniques, l’applicaƟon varie de secteur en secteur, et 
même d’organisme en organisme puisque les problémaƟques 
et les priorités sont très diversifiées. C’est pour cela qu’une 
réglementaƟon trop rigoureuse serait hasardeuse, au sens 
anglais presque de dangereuse, et le chemin de la conformité 
stricte la cerƟtude de l’échec à long terme. 
De plus, tout n’est pas dans les mains de l’entreprise et de ses 
acteurs internes, par exemple les économies d’énergies sont 
dans les mains des consommateurs finaux, qu’il faut con‐
vaincre plus que de contraindre. L’acƟon est nécessairement 
collecƟve associant les acteurs privés, publics et les poliƟques. 
Devant une telle complexité, tout organisme doit avoir une 
poliƟque claire et cohérente pour sa RE et assoir sa communi‐
caƟon sur ce socle. Il doit donc engager un dialogue construcƟf 
avec ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, ses invesƟs‐
seurs, les autorités locales et naƟonales, et les groupes de 
pression. C’est de ce dialogue que doivent ressorƟr ses priori‐
tés et la façon de les traiter. Il lui faut ensuite expliquer ce qu’il 
fait et pourquoi.         
Les problémaƟques de la soutenabilité sont tellement diverses 
qu’elles ne se prêtent plus à un traitement au coup par coup, 
en parƟculier le changement climaƟque et la chaîne logisƟque. 
Il faut donc prendre en compte globalement cet objecƟf, ou 
ceƩe ardente obligaƟon aurait dit le Général de Gaulle, dans la 
concepƟon même de la stratégie. Comme pour la gesƟon des 
risques, on commence à voir apparaître la noƟon de stratégie 
de soutenabilité, et comme pour la gesƟon des risques ce n’est 
pas la réponse. Il ne s’agit pas de saucissonner la stratégie en 
strates parallèles qui ne se rejoindraient qu’à l’infini, mais bien 
d’intégrer dans le processus de développement de la stratégie 
l’ensemble des contraintes, menaces et opportunités liées à la 
soutenabilité.  
Toutes ces problémaƟques ouvertes par la RE telles qu’elles se 
sont exprimées au cours du Sommet, sont celles de chanƟers 
déjà ouverts en gesƟon des risques dans les organismes qui 
ont entrepris une véritable approche d’Entreprise‐wide Risk 
Management. C’est pourquoi il convient de les croiser et non 
pas de les entasser sur la table du conseil d’administraƟon en 
lui laissant le soin du tri. C’est bien aux professionnels de ces 
disciplines de se réunir pour définir des principes, un cadre de 
gesƟon et des processus communs. Mais n’est‐ce pas précisé‐
ment l’ambiƟon de l’ISO 31000 :2009 pour autant qu’il soit 
bien compris, digéré et mis en place.  Est‐ce à dire qu’il revient 
au Risk‐Manager de prendre les rênes de l’aƩelage ? Pas né‐
cessairement, les talents doivent être valorisés au mieux dans 
chaque organisme et donc chacun trouvera sa place dans ceƩe 
direcƟon nouvelle chargée de prendre en compte l’incerƟtude 
de l’avenir pour en Ɵrer le meilleur pour la communauté des 
parƟes prenantes.    
Mais finalement, l’impression essenƟelle que reƟre le nouveau 
venu dans le monde du
« responsible business »
 c’est que c’est 
une orientaƟon qui se cherche encore comme toutes les fonc‐
Ɵons en créaƟon. Si l’on en croit les organisateurs les priorités 
fondamentales de la soutenabilité sont arƟculées autour de 
trois pôles : les trois «
C
» de la soutenabilité : 
Concurrence
: c'est‐à‐dire l’impact de la prise en compte 
des parƟes prenantes sur la posiƟon concurrenƟelle et la 
« responsabilité » comme avantage concurrenƟel.   
CollaboraƟon
: c'est‐à‐dire la nécessité d’intégrer la dimen‐
sion « responsable » en transcendant les fronƟères des 
organismes pour inclure dans la démarche l’ensemble de 
leurs partenaires économiques, amont, aval et latéraux, 
dans un démarche de solidarité indispensable pour garanƟr 
son efficacité.  
Culture
: En réalité, les professionnels appellent à un chan‐
gement culturel qu’ils esƟment nécessaire pour que la si‐
tuaƟon évolue véritablement par une prise en compte par 
tous, de la stratégie de tout organisme.   
Mais c’est finalement un ensemble de documents édités par la 
même société E‐context(4) qui donne un éclairage sur le 
« principe de soutenabilité » et nous évoquons ici quatre 
thèmes importants qu’ils ont traités sous forme de quesƟons 
dans leurs « bulleƟns occasionnels » 
Pourquoi une stratégie de soutenabilité ? 
Le standard ISO 31000:2009 parle d’établissement du contexte 
interne et externe, d’analyse SWOT(5) et de diagnosƟc soue le 
nom d’appréciaƟon du risques. 
Certains disent que la stratégie a ruiné plus d’invesƟsseur que 
l’alcool frelaté. Sans pouvoir vérifié sir le dicton est vrai, les 
auteurs affirment en revanche qu’une bonne stratégie de sou‐
tenabilité pourrait sauver bien des entreprises en leur ouvrant 
le chemin du succès à long terme. Plus précisément, ceƩe stra‐
tégie devrait permeƩre aux organismes de naviguer dans les 
eaux agitées par les défis sociaux et environnementaux en 
(Suite de la page 30)
(Suite page 33)