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page 25 - Numéro 269 du 25 mai 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Une nouvelle réforme des retraites
des salariés du privé
est attendue par les syndicats
L
a réforme Woerth‐Fillon, mise en place en 2011 a
mis fin, à un sujet tabou, la retraite à taux plein à
60 ans pour tous.
En fait, il s'agit d'un droit plus théorique que réel.
En effet, en augmentant progressivement le nombre de
trimestres donnant droit à la retraite au taux plein et du
fait de la prolongaƟon des études qui retardent l'arrivée
des salariés sur le marché du travail, de moins en moins
de salariés étaient en mesure de faire liquider leur re‐
traite au taux plein à 60 ans.
Actuellement, il faut avoir commencé à travailler avant
19 ans, sans aucune interrupƟon, pour pouvoir cesser le
travail, dans ces condiƟons, à 60 ans.
Pour réduire le déficit chronique du régime de retraite
public, qui pèse lourdement sur les finances publiques, le
gouvernement a suivi le mouvement général de recul de
l'âge de la retraite, largement amorcé chez nos voisins
européens, déjà restés aux 65 ans, au moment où nous
sommes descendus à 60 ans.
Le passage progressif en France de 60 à 62 ans a été ac‐
cepté du bout des lèvres par les syndicats, alors que chez
nos voisins européens, on parle déjà, pour un premier
temps, de 67 ans.
La recherche de l'équilibre financier des régimes de re‐
traite est devenue partout en Europe la quadrature du
cercle du fait du vieillissement de la populaƟon.
Les deux principaux reproches faites à la réforme
Woerth‐ Fillon de 2011 du fait du report à 62 ans de l'âge
de départ à la retraite sont :
* la prise en compte insuffisante des travaux pénibles qui
réduisent l'espérance de vie des travailleurs,
* la non prise en compte intégrale des trimestres coƟsés
par les salariés entrés très jeunes sur le marché du tra‐
vail.
Le candidat à la présidenƟelle, François Hollande, aujour‐
d'hui élu ‐Président de la République ‐ a promis, tout au
long de sa campagne électorale, que l'une de ses pre‐
mières décisions serait d'élargir, par décret, la possibilité
pour certains salariés de prendre la retraite à 60 ans.
Les discussions avec les syndicats, pour abouƟr à des
soluƟons saƟsfaisantes, sans alourdir au delà du raison‐
nable le coût du régime avec pour corollaire une aug‐
mentaƟon des coƟsaƟons ou un financement complé‐
mentaire sur fonds publics, mais sans une diminuƟon des
pensions, risque d'être laborieuse.
Parmi les sujets liƟgieux, il faudra discuter de la prise en
compte des trimestres accordés aux salariés au Ɵtre de
la solidarité, en faisant le tri notamment entre les tri‐
mestres accordés au Ɵtre des congés maternité, paren‐
tal, le service militaire, les périodes de chômage, les
longues maladies et l'invalidité mais aussi des trimestres
accordés aux mères pour chaque naissance, qui ne sont
pas des trimestres coƟsés.
Il s'agira aussi de transposer aux régimes complémen‐
taires Arrco et Agirc, qui réparƟssent les coƟsaƟons des
acƟfs entre les retraités, ce qui aura été négocié.
Quoi qu'il en soit, on croit savoir qu'il ne s'agit que d'une
étape provisoire, avant une vaste concertaƟon sur l'en‐
semble du système de retraite.