Page 2 - RiskAssur L269 25052012

Version HTML de base

page 2 - Numéro 269 du 25 mai 2012
Abonnement gratuit sur
RiskAssur-hebdo
- Le Magazine professionnel des Risques et des Assurances
Edito
La démesure ne connait pas de limite, le risque non plus 
A
lors que le Costa Concordia git toujours sur son flanc devant l'île de Giglio en Toscan, la compagnie Costa Croisière 
vient d'inaugurer, un autre géant des mers, desƟné aux croisières, un peu plus grand que celui qu'elle vient de 
perdre. 
En effet, le Costa Fascinosa dont il s'agit, long de 290 mètres et de 35,5 mètres de large est impressionnant avec ses dix sept 
ponts, qui le font plus ressembler plus à un hôtel, qu'à un navire, à un détail près, qu'il est entouré d'eau. 
Il est prévu pour transporter 3 800 passagers et 1 110 membres d'équipage, alors que le défunt Costa Concordia n'en trans‐
portait que 3 200, ainsi qu'un millier de membres d'équipage. 
Cependant, on ne peut pas reprocher à Costa Croisière de ne pas avoir Ɵré d'enseignements quant à la démesure des navires 
de croisière quelle met en service, car son Fascinosa était praƟquement achevé au moment du naufrage du Concordia. 
Les navires de croisière sont exposés, comme tout autre navire aux « fortunes de mer » avec un risque aggravé, imposé par 
l'évacuaƟon, des milliers de personnes, de tous âges et certains à mobilité réduite et cela quelque soit l'état de la mer. 
Certes, les passagers bénéficieraient de l'assistance des membres de l'équipage, soit praƟquement un pour trois passagers, 
seulement, sans meƩre en cause leur dévouement, ils n'ont reçu qu'une formaƟon théorique et peu d'entre eux, s'agissant 
pour l'essenƟel de personnel hôtelier, sont de véritables marins. 
CeƩe quesƟon ne s'est pas posée en terme de « vie ou de mort » lors du naufrage du Costa Concordia, qui s'est produit en 
présence d'un nombreux public à terre, à quelques encablures d'une plage et d'un port. 
Mais malgré tout, alors que l'évacuaƟon était prévue et prévisible et aurait du se faire dans l'ordre, l'accès aux zones d'éva‐
cuaƟon s'est produit dans une grande confusion et à aucun moment, les autorités responsables de la sécurité, sur le navire, 
ont pu constater l'évacuaƟon totale du navire. 
C'est un miracle qu'il n'y eu qu'une trentaine de morts. 
On sait qu'il est déjà difficile de canaliser une foule sur terre, alors est‐il raisonnable d'entasser 5 000 personnes sur un navire 
desƟné à circuler en mer, loin de de toute assistance et de secours en cas de besoin. 
Après le naufrage du Concordia, causé par l'imprudence de son commandant, qui a voulu s'approcher trop près de la côté, le 
gouvernement italien a adopté à la hâte un décret interdisant à des navires de grande dimension de s'approcher trop près des 
côtes, pour protéger les réserves naturelles. 
Il devrait être de même prochainement pour la protecƟon de la lagune de Venise, port de relâche des navires de croisière, 
mais ce n'a rien à voir avec la protecƟon des personnes embarquées. 
La seconde quesƟon que l'on peut se poser, en termes de risques, est celui de la résistance d'un navire de la hauteur du Fasei‐
nosa aux forces du vent. 
Nous avons le témoignage d'un lecteur qui a vécu une tempête en Méditerranée, sur le paquebot Franc, le long du massif de 
l'Estérel, d'une force telle qu'il était dans l'impossibilité de sorƟr les stabilisateurs dont il était doté. 
Le France construit pour des traversées transatlanƟques tanguait de gauche à droite, sous l'effet du vent et d'une mer dé‐
chantée, malgré la puissance de ses machines et de son Ɵrant d'eau. 
Alors quel aurait été le comportement lors d’une tempête de ceƩe nature, d'un navire de croisière avec ses 17 ponts. 
Cependant, le risque le plus grave auquel un navire de croisière est exposé, est le risque d'incendie. 
(Suite page 3)