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page 36 - Numéro 268 du 18 mai 2012
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La planète Terre ne va pas bien
S
elon son dernier rapport « planète vivante » du WWF, 
réalisé avec le concours de l’astronaute hollandais 
André Kuipers, la pression croissante que l’Humanité 
exerce sur les ressources naturelles menace sérieusement la 
santé de notre planète.  
Comme le précise le WWF, ce rapport biannuel, produit en 
collaboraƟon avec la Société Zoologique de Londres et le Ré‐
seau Empreinte Ecologique Globale, est, à ce jour, l’étude la 
plus complète sur la santé de la planète.  
André Kuipers a observé notre planète depuis la StaƟon Spa‐
Ɵale internaƟonale (SSI), il indique « Nous n’avons qu’une 
Terre. De la SSI, je peux voir l’empreinte de l’Humanité sur la 
planète, y compris les feux de forêt, la polluƟon de l’air et 
l’érosion, autant de défis dont on parle dans ceƩe dernière 
édiƟon du Rapport Planète Vivante du WWF. Nous exerçons 
une pression insoutenable sur notre planète, et pourtant nous 
devons sauver notre unique maison, non seulement pour nous 
mais aussi pour les généraƟons futures ».  
Il faut noter que depuis le milieu des années 2000, on assiste à 
une ruée des invesƟsseurs étrangers cherchant à sécuriser 
l’accès aux terres agricoles en vue d’en développer la produc‐
Ɵon. La superficie concernée par ces acquisiƟons foncières est 
équivalente à celle de l’Europe orientale. 
Les causes de ce développement, proviennent d’un important 
développement démographique, mais aussi de la consomma‐
Ɵon croissante d’une minorité, de la demande de produits 
alimentaires, de biocarburants et de maƟères premières. 
Ce sont, bien entendu, les pays les plus riches qui exercent la 
plus forte pression sur les ressources naturelles. Ainsi, l’Em‐
preinte Ecologique des pays à haut revenu est cinq fois supé‐
rieure à celle des pays à bas revenus.  
Le WWF indique que les dix pays à la plus forte empreinte éco‐
logique par individu sont le Qatar, le Koweït, les Emirats 
Arabes Unis, le Danemark, les États‐Unis d'Amérique, la Bel‐
gique, l’Australie, le Canada, les Pays‐Bas et l'Irlande. Il fau‐
drait 4,5 terres pour répondre aux besoins d’une populaƟon 
globale vivant comme un habitant moyen des Emirats Arabes 
Unis ou des Etats‐Unis.  
Au‐delà de vivre au dessus des moyens de la Terre, la réparƟ‐
Ɵon que nous faisons des fruits ainsi récoltés est inéquitable : 
les pays et les communautés les plus pauvres supportent une 
part disproporƟonnée des effets négaƟfs de la consommaƟon 
croissante de ressources à l’échelle mondiale, tandis que les 
naƟons industrialisées recueillent l’essenƟel de ses bénéfices.  
Selon Jim Leape, Directeur général du WWF InternaƟonal,  « 
nous vivons comme si nous avions une autre planète à disposi‐
Ɵon. En 1 an nous uƟlisons 50% de ressources que ce que la 
Terre peut régénérer dans ce même laps de temps. A moins 
que nous changions drasƟquement de cap, cela va conƟnuer à 
augmenter et d’ici 2030, deux planètes ne suffiront même plus 
». 
Par ailleurs, le rapport du WWF met en avant un indicateur : 
l’Indice Planète Vivante (IPV). Celui‐ci, en examinant 9000 po‐
pulaƟons de plus de 2600 espèces, permet de mesurer les 
changements dans les écosystèmes de notre planète.  
Il en ressort un déclin de 30% depuis 1970, les écosystèmes 
tropicaux étant les plus touchés avec une baisse de 60% en 
moins de 40 ans. L’IPV est un indicateur de la santé de notre 
planète et il est au rouge.  
 Pourtant, Jim Leape affirme que «  Nous pouvons créer un 
avenir prospère où la nourriture, l’eau et l’énergie seraient 
accessibles en quanƟté suffisante aux 9, voire peut‐être 10 
milliards d’êtres humaines appelés à se partager la surface du 
globe en 2050. »  
Le Rapport Planète Vivante propose des soluƟons, notamment 
pour protéger et maintenir la biodiversité et les écosystèmes, 
pour produire en uƟlisant moins d’énergie et de maƟères pre‐
mières, en consommant à la fois mieux et moins.  
Rappelons que ce rapport sort cinq semaines avant la confé‐
rence sur le développement durable des NaƟons‐Unies qui se 
Ɵendra à Rio de Janeiro (Rio+20) en juin prochain.  
(Suite page 37)
Point de vue