page 30 - Numéro 267 du 11 mai 2012
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Reportage
ristes en septembre 2001 ? On pourrait aussi penser à la crise
financière dégénérant en une crise économique dont le
monde semble ne pas pouvoir se désengluer comme l’insecte
sur la toile d’araignée. Il est vrai que les causes profondes de la
crise n’ont toujours pas été corrigées, mais peut‐on refonder
l’établissement financier dans le cadre de l’économie libérale.
Mais quelle que soit la date sur l’acte de naissance, il est clair
qu’au cours de la première décennie du siècle la gesƟon des
risques n’a cessé de repousser les fronƟères de son champ
d’acƟon. C’est sur cet horizon en expansion, personnel et col‐
lecƟf, que le RIMS a proposé comme thème de réflexion à ses
membres et ses amis pour sa conférence annuelle 2012 en
soulignant à Philadelphie, la capitale historique du pays, ce qui
avait été mis en lumière déjà à Vancouver il y a un an : invesƟr
dans un programme de gesƟon des risques ambiƟeux est effi‐
cient consƟtue bien un avantage concurrenƟel.
C’est ainsi que le passage d’un centre de coût, engendré par
un souci de conformité légale ou réglementaire, à un proces‐
sus de créaƟon de valeur est au cœur de la jusƟficaƟon des
invesƟssements nécessaires pour une foncƟon en pleine ex‐
pansion au sien des organismes de toute nature.
Cela s’accompagne d’une nécessité d’approche transversale
dans laquelle le risk‐manager doit pouvoir parler avec tous les
département opéraƟonnels tels que markeƟng, achat et logis‐
Ɵque, et foncƟonnels, ressources humaines, systèmes d’infor‐
maƟon, tout en suivant les dossiers brûlants comme la ré‐
chauffement de la planète, les percées technologiques ou
l’état de l’économie et prendre en compte tous ces éléments
dans ses analyses et recommandaƟons. En résumé,
« il y a tant
à penser et à explorer ! »
Mais, Mme Luthi souligne aussi que les risk‐managers ont su
évoluer eux‐mêmes et rester en avance du changement en
trouvant des approches nouvelles et créaƟves pour relever les
défis en embrassant une philosophie holisƟque qui s’est cris‐
tallisée dans l’ERM ouvrant la voie à l’expansion de leur rôle au
sein des organismes de toute nature.
Elle va même encore plus loin en affirmant qu’ils ont appris à
faire pousser des opportunités sur le terreau de l’incerƟtude
au bénéfice de leurs organismes. Depuis son observatoire en
tant que risk manger de la commission des services publics de
la ville de San Francisco, elle affirme :
« Nous ne sommes plus
enfermé dans un rôle limité, nous travaillons notre organisme
à tous les niveaux. »
Et elle ajoute
« Ils sont sur une trajectoire qui doit les conduire
à un contact direct avec le PDG pour le conseiller sur la prise
en compte des risques. » pour conclure : « la gesƟon des
risques n’est plus seulement une carrière, c’est une profes‐
sion, une carrière et même la gesƟon des risques c’est devenu
« cool ». La gesƟon des risques n’est plus un accessoire de la
gesƟon, elle est intégrée au cœur même de la gesƟon de tout
organisme
. »
Mary Roth, la directrice générale de RIMS quant à elle ren‐
force le message en soulignant que le risk‐manager est enten‐
du au‐delà de son lieu de travail. En effet, le RIMS est désor‐
mais une voix écoutée par les législateurs tant au niveau des
états qu’au niveau fédéral, en ce qui concerne la réforme de la
réglementaƟon des insƟtuƟons financières et la protecƟon des
consommateurs. Pour renforcer encore son influence, et ac‐
croître sa visibilité, le RIMS(2) a établi une commission d’ac‐
Ɵon poliƟque et recruter un responsable permanent.
La nouvelle directrice des affaires publiques du RIMS, basée à
Washington, travaille en lobby auprès des membres du parle‐
ment pour faire avancer les projets qui intéressent directe‐
ment ses membres comme le renouvellement de la loi sur le
financement des dommages causés par les inondaƟons, le
programme sur les actes de terrorisme, la quesƟon de la dé‐
ducƟbilité des taxes sur les coƟsaƟons de réassurance. Toute‐
fois, Kathy Doddridge ne travaille pas seule et un comité d’ac‐
Ɵon poliƟque composé de membres a été mis en place il y a un
an et il s’efforce de trouver des subvenƟons directes des
membres et amis pour couvrir ses frais de foncƟonnement.
Mais ce sont bien les sessions et les intervenants qui font la
qualité de la conférence annuelle du RIMS et la reconnais‐
sance de ses membres. Pour sa principale adresse la prési‐
dente en exercice du RIMS, Deborah M. Luthi, a retenu le
terme de la gesƟon des risques sans fronƟère pour décrire le
rôle croissant des risk managers et l’évoluƟon de leur in‐
fluence dans les instances dirigeantes de leurs organismes. Elle
a en parƟculier rappelé le chemin parcouru depuis le temps où
la foncƟon du risk‐manager était limitée à l’achat et au suivi
des couvertures d’assurances. Les aƩribuƟons se sont accumu‐
lées et la foncƟon est devenue complexe avec un périmètre
incluant la miƟgaƟon et l’arbitrage entre menaces et opportu‐
nités.
Le menu éclecƟque proposé ceƩe année reflétait bien ce péri‐
mètre en croissance et encore une fois ce sont des sélecƟons
dictées par mes centres d’intérêt qui jusƟfient les éléments
repris ci‐dessous et c’est pour cela que ceƩe année à nouveau
plus que les ateliers eux‐mêmes ce sont les documents publiés
par le RIMS et certains de ses partenaires qui ont retenu mon
aƩenƟon par les éléments nouveaux qu’ils versent au débat de
l’explosion de la gesƟon des risques. Finalement, un ancien
président du RIMS et actuel risk‐manager de l’université de
New York, Michael Liebowitz, résume bien sa foncƟon :
« Je
parle aux visionnaires de l’université qui occupent des fonc‐
Ɵons de direcƟon pour tenir d’eux leur vision de l’université
dans trois ou cinq ans. Nous sommes en train de développer
une matrice des risques pour analyser et hiérarchiser les incer‐
Ɵtudes de la trajectoire. »
A n’en pas douter les universités
françaises fortes de leur nouvelle autonomie pourraient, elles
aussi, bénéficier grandement des services d’un risk manager !
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