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page 26 - Numéro 264 du 20 avril 2012
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Les affres des RiskManagers
L
e riskmanagement n'est pas une foncƟon comme 
les autres. 
On ne lui a pas trouvé de désignaƟon saƟsfaisante en 
français à subsƟtuer à celle importée des Etats‐Unis, ce‐
pendant nous l'uƟliserons ici, pour les besoins de notre 
commentaire. 
Ainsi, que l'on traduise riskmanagement par gesƟon ou 
par maîtrise des risques, l'appellaƟon de la foncƟon que 
l'on pourrait décliner comme gesƟonnaire des risques, 
ne parle pas à l'esprit. 
Pour ceƩe raison, sauf à accepter en France l'uƟlisaƟon 
du Ɵtre d'origine étrangère, on finit par uƟliser, sans con‐
vicƟon le Ɵtre de Directeur des risques et des assu‐
rances, sans nécessairement accorder à celui qui le 
porte, le niveau hiérarchique de directeur. 
Depuis peu, on voit apparaitre, pour répondre aux nou‐
velles exigences patrimoniales, financières et comptables 
vis‐à‐vis des acƟonnaires, un Directeur général des 
risques. 
Celui‐ci est raƩaché à la direcƟon générale et a pour 
foncƟon d'idenƟfier les risques aléatoires et spéculaƟfs 
qui pèsent sur le patrimoine de l'entreprise, afin de per‐
meƩre à l'entreprise de les intégrer dans les comptes 
sociaux. 
Son acƟvité cumule le contrôle de gesƟon, l'audit et le 
financement des risques et il doit en rendre compte dans 
un rapport annuel sur l'exposiƟon aux risques de l'entre‐
prise. 
Il y a une trentaine d'années, à l'occasion d'un congrès 
réunissant assurés et assureurs, un parƟcipant a deman‐
dé à un conférencier de lui dire qu’elles étaient, selon lui, 
les qualités exigées d'un bon riskmanagers. 
Le conférencier lui a répond répondu sans hésiter « 
qu'un bon RiskManager était un RiskManager qui avait 
de la chance ». 
A ceƩe époque, il suffisait de ne pas avoir trop d'acci‐
dents de travail, de ne pas avoir de sinistres majeurs tou‐
chant aux biens de l'entreprise ou causant des dom‐
mages aux Ɵers, pour rester dans l'épure de celui qui a 
de la chance. 
Aujourd'hui, il faut y ajouter la protecƟon de l'environne‐
ment qui est devenu un risque majeur pour les entre‐
prises. 
Une entreprise est vite cataloguée du fait des nuisances 
qui lui sont aƩribuées, aussi bien à tord qu'à raison. 
Si l'on veut toujours retenir le critère « chance » pour 
noter les RiskManagers, que dire de celui de Costa Croi‐
sière ,qui après les naufrage du Coste Concordia échoué 
sur une plage de la Toscane en Italie, a été confronté à la 
panne, survenue quelques semaines plus tard, après un 
incendie de machine, au Costa Allegra, dérivant avec ses 
passagers et son équipage en plein dans l'Océan Indien. 
Les bateaux de croisières sont d'immenses hôtels 
floƩants, comparables à ceux de Las Vegas, à l'excepƟon 
près de ne pas être implantés sur la terre ferme ce qui en 
facilite l'évacuaƟon, mais de pouvoir se trouver, dans la 
pire des situaƟons que l'on puisse envisager, au milieu 
d'une mer déchainée avec des milliers de personnes à 
leur bord. 
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