page 20 - Numéro 264 du 20 avril 2012
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Point de vue
Les algues viendront au secours de l'homme
L
orsque l'on parle d'algues, on pense immédiatement
aux algues vertes qui envahissent certaines plages
bretonnes et dont on a le plus grand mal à s'en débar‐
rasser, en sachant qu'en se décomposant, les algues
émeƩent de l'hydrogène sulfureux, un gaz extrêmement
toxique, dont on Ɵre normalement le soufre.
On pense moins aux micro‐algues aux usages mulƟples, à
commencer par la producƟon de biocarburant, à parƟr de la
biomasse que l'on peut en Ɵrer.
L'intérêt de l'uƟlisaƟon de la biomasse issue de micro‐algues
pour produire du carburant, par rapport à la biomasse d'ori‐
gine agricole, Ɵent au fait de leur non compéƟƟon avec la
producƟon agricole, qu'elle détourne de leur desƟnaƟon ali‐
mentaire, face à des besoins croissants pour nourrir la popu‐
laƟon croissante sur Terre.
Cependant, le biocarburant Ɵré des algues est loin d'être
compéƟƟf par rapport aux carburants issus de pétrole, d'où
la nécessité de faire progresser la science pour pouvoir en
faire le carburant du futur.
Pour les scienƟfiques, qui sont actuellement à l'oeuvre un
peu partout dans le monde, de la Californie à l'Australie, il
s'agit du défi technologique du 21è sicle, pour rendre la
transformaƟon des micro‐algues compéƟƟves.
Les micro‐algues peuvent aussi produire de l'hydrogène uƟli‐
sé pour le foncƟonnement des piles à combusƟbles pour faire
roules les voitures du futur, mais aussi d’assurer le neƩoyage
des eaux usées des grades aggloméraƟons.
Enfin, la biomasse, qui en est issues et riche en oméga 3 et 6,
peut fournir des protéines à usage comesƟbles, même au prix
de faire dresser les cheveux sur la tête aux fins gourmets que
nous sommes.
Autre point posiƟf, les micro‐algues absorbent pour leur
croissance d'importantes quanƟtés de gaz carbonique, le
CO2, ce terribles gaz à effet de serre, dont les émissions con‐
tribuent inexorablement au réchauffement atmosphérique.
Les savants ont calculé qu'il faut une tonne de C02 pour pro‐
duire une peu mois de deux tonnes de micro‐algues, ce qui
ouvre de nouvelles perspecƟves de rentabilité aux industries
grandes émeƩrices de CO2.
Demain, la culture et l'exploitaƟon des micro‐algues per‐
meƩront de valoriser le CO2 issu de l'acƟvité de l'homme,
aujourd'hui notre principale calamité, pour produire du car‐
burant et de la nourriture, pour couvrir nos besoins crois‐
sants.
Le tout est de dégager les moyens financiers indispensables
aux recherches scienƟfiques restant à effectuer.
Bloc notes
Haro sur les éoliennes terrestres, accu-
sées d'être des tueuses d'oiseaux
Selon une étude menée par des ornitho-
logues britanniques basée sur le suivi de
dix des principales espèces évoluant au
Royaume-Uni, les peuplements d'oiseux
peuvent coexister et même se développer
en présence de parcs d'éoliens, après
leur mise en service.
L'impact sur d'autres espèces d'oiseaux
est en cours.
Ces résultats vont à l'encontre d'autres
études selon lesquelles les insectes sont
particulièrement attirés par les éoliennes
et augmentent le risque pour les oiseaux
et pour les chauves souris qui les poursui-
vent, de heurter les pales et les mats des
éoliennes.
Il y a de quoi alimenter le conflit entre pro
et anti éoliennes en cours depuis des
années.
Cependant, si la construction des éo-
liennes perturbe indiscutablement la vie
des oiseaux, l'impact n'est probablement
pas plus important que celui de toute
autre construction réalisée à proximité de
leurs sites de nidification.
Par contre, il doit être possible de choisir
les lieux de construction des parcs éo-
liens, à des endroits où leur impact sur
les espèces fragiles est le moindre.